LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401253

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401253

mardi 2 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401253
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mars 2024 à 12 h 35, et un mémoire, enregistré le 1er avril 2024, Mme C B, représentée par Me Boyle, demande :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au président du conseil départemental de l'Eure de lui proposer un accueil provisoire dans le délai de 24 h à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte journalière de 1 000 euros ;

2°) de mettre à la charge du département de l'Eure la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge des référés ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Après avoir convoqué les parties à l'audience publique.

Au cours de l'audience publique du 2 avril 2024 à 9 h 05, après la présentation du rapport, ont été entendues les observations de Me Niakaté, pour Mme B qui reprend, en les précisant les conclusions et moyens de la requête en insistant sur le caractère provisoire de la mise à l'abri à laquelle est tenu le département, pendant le temps nécessaire à l'évaluation de la requérante.

A l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction a été différée au 2 avril 2024 à 11 h en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Les services du département ont été avisés de ce décalage par appel téléphonique à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'injonction :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () "

3. Le droit du mineur privé de la protection de sa famille à accéder à un abri et à ce que soient préservées sa santé, sa sécurité ou sa moralité est au nombre des libertés fondamentales dont la sauvegarde relève du champ d'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. En vertu des dispositions des articles L. 221-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles, il incombe aux autorités du département, le cas échéant dans les conditions prévues par une décision du juge des enfants, de prendre en charge l'hébergement et de pourvoir aux besoins des mineurs confiés au service de l'aide sociale à l'enfance. Une carence caractérisée dans l'accomplissement de cette mission particulière est susceptible de porter une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. La gravité de cette atteinte s'apprécie, dans chaque cas, en tenant compte des moyens dont l'administration départementale dispose ainsi que de la situation du mineur.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B, ressortissant de la République démocratique du Congo, serait née le 22 août 2007. Arrivée en France vers le 15 mars 2024, elle a essuyé à trois reprises un refus de prise en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance de l'Eure après qu'elle avait été dirigée dans un premier temps vers un dispositif de premier accueil de demandeurs d'asile. La requérante, qui n'a pas commencé à entrer dans le processus d'évaluation des personnes se disant mineurs non accompagnés, démunie et sans hébergement assuré, est susceptible à tout moment de se retrouver à la rue. En dépit des efforts consentis par l'administration départementale pour assurer la prise en charge d'un nombre important de mineurs non accompagnés, l'absence d'offre d'hébergement d'urgence ou de solution de mise à l'abri est, s'agissant d'une jeune fille dont la vulnérabilité est établie par les témoignages produits au dossier, constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'un mineur présumé à la protection. Il ne résulte pas de l'instruction qu'aucune solution ne pourrait être trouvée pour mettre à l'abri l'intéressée en attendant l'issue de son évaluation.

2. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander qu'il soit enjoint au département de l'Eure d'assurer sa mise à l'abri. Il y a lieu, d'ordonner au département de l'Eure d'assurer cette prise en charge dans le délai de 24 h à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte journalière de 1 000 euros.

Sur les frais liés au litige :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de l'Eure la somme de 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au département de l'Eure d'assurer la mise à l'abri de Mme B, incluant l'hébergement et la prise en charge de ses besoins alimentaires et d'hygiène quotidiens, dans le délai de 24 h à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte journalière de 1 000 (mille) euros.

Article 2 : Le département de l'Eure versera la somme de 500 euros à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et au département de l'Eure.

Fait à Rouen, le 2 avril 2024.

Le juge des référés,

P. ALa greffière,

A. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401253

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions