vendredi 19 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401278 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL EKIS AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, la société VALLOIS, représentée par la SELARL " Huon et Sarfati ", demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole de lui communiquer les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue pour le lot n° 2, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, de produire les informations sollicitées par la société, à savoir les caractéristiques et avantages de l'offre retenue et les motifs précis du rejet de son offre, le rapport d'analyse des offres dans son intégralité et le bordereau des prix unitaires de l'attributaire ;
2°) de suspendre la procédure d'attribution de lot n° 2 jusqu'à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la communication complète des informations manquantes ;
3°) en tout état de cause, d'annuler la procédure de passation du marché de travaux " Espace Verts Des Equipements De La Communauté Urbaine - Prestations D'Entretien et De Remise en état par entreprises ", lot n° 2 : " Tramway ", lancée par Le Havre Seine Métropole, ainsi que l'exécution de toutes les décisions qui s'y rapportent ;
4°) d'annuler la décision d'attribution à la société ID VERDE du marché litigieux, pour le lot n° 2 : " Tramway " ;
5°) d'enjoindre, en application de l'article L. 551-2 du code de justice administrative, à Le Havre Seine Métropole de reprendre la procédure au stade de l'examen des offres dudit marché, pour le lot n° 2 : " Tramway " ;
6°) de mettre à la charge de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole la somme de 2 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- Le Havre Seine Métropole a manqué à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, au regard de l'insuffisance d'information de candidat évincé quant aux raisons qui ont conduit au rejet de son offre, et notamment sur le manque d'explications de nature à permettre au candidat évincé de comprendre les raisons concrètes pour lesquelles ces notes ont été attribuées ; en outre, la décision de rejet de sa candidature ne mentionne aucune des notes obtenues par le candidat au titre des sous-critères, ni plus celles de l'attributaire ;
- le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation sur l'offre présentée par l'attributaire, dès lors que :
o la note technique attribuée à la société attributaire est incohérente ;
o la notation du prix de son offre résulte d'une erreur ;
o l'offre retenue est anormalement basse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, représentée par Me Tugaut, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Vallois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté urbaine fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision du président du tribunal désignant Mme Van Muylder, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier :
- le rapport de Mme Van Muylder,
- les observations de Me Lespes pour la société Vallois qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;
- et les observations de Me Le Velly, pour la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été enregistrée le 19 avril 2024 présentée pour la communauté urbaine Le Havre Métropole, représentée par Me Tugaut.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a lancé, le 17 décembre 2023, un appel d'offres en la forme de procédure formalisée d'appel d'offres ouvert, pour la passation d'un marché " Espace verts des équipements de la communauté urbaine - Prestations d'entretien et de remise en état par entreprises ". Le marché a été passé en cinq lots, la date limite de réception des offres étant fixée au 17 janvier 2024. La société Vallois a remis une offre pour le lot n° 2 " Tramway ". Par une lettre du 22 mars 2024, le pouvoir adjudicateur a avisé la société Vallois que sa proposition n'était pas retenue, et que le marché était attribué à la société ID Verde, car économiquement la plus avantageuse au regard des critères de jugement énoncés dans le règlement de consultation. La société Vallois demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, d'annuler les décisions rejetant son offre et attribuant le marché à la société ID Verde.
2. Aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, la délégation d'un service public ou la sélection d'un actionnaire opérateur économique d'une société d'économie mixte à opération unique. () / Le juge est saisi avant la conclusion du contrat. ". Aux termes de l'article L. 551-2 du même code : " I. - Le juge peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre l'exécution de toute décision qui se rapporte à la passation du contrat, sauf s'il estime, en considération de l'ensemble des intérêts susceptibles d'être lésés et notamment de l'intérêt public, que les conséquences négatives de ces mesures pourraient l'emporter sur leurs avantages. / Il peut, en outre, annuler les décisions qui se rapportent à la passation du contrat et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. ". L'article L. 551-10 prévoit que : " Les personnes habilitées à engager les recours prévus aux articles L. 551-1 et L. 551-5 sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat ou à entrer au capital de la société d'économie mixte à opération unique et qui sont susceptibles d'être lésées par le manquement invoqué, ainsi que le représentant de l'Etat dans le cas où le contrat doit être conclu par une collectivité territoriale, un groupement de collectivités territoriales ou un établissement public local. () ".
3. Il appartient au juge administratif, saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence incombant à l'administration. En vertu de cet article, les personnes habilitées à agir pour mettre fin aux manquements du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence sont celles qui sont susceptibles d'être lésées par de tels manquements. Il appartient, dès lors, au juge des référés précontractuels de rechercher si l'entreprise qui le saisit se prévaut de manquements qui, eu égard à leur portée et au stade de la procédure auquel ils se rapportent, sont susceptibles de l'avoir lésée ou risquent de la léser, fût-ce de façon indirecte en avantageant une entreprise concurrente.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la procédure :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'insuffisance d'information du candidat évincé quant aux raisons qui ont conduit au rejet de son offre :
4. Aux termes de l'article L. 2181-1 du code de la commande publique : " Dès qu'il a fait son choix, l'acheteur le communique aux candidats et aux soumissionnaires dont la candidature ou l'offre n'a pas été retenue, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article R. 2181-1 du même code : " L'acheteur notifie sans délai à chaque candidat ou soumissionnaire concerné sa décision de rejeter sa candidature ou son offre. ". Aux termes de l'article R. 2181-3 du même code : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. / Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : / 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; / 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1. ". Enfin, aux termes de l'article R. 2181-4 du même code : " A la demande de tout soumissionnaire ayant fait une offre qui n'a pas été rejetée au motif qu'elle était irrégulière, inacceptable ou inappropriée, l'acheteur communique dans les meilleurs délais et au plus tard quinze jours à compter de la réception de cette demande : / 1° Lorsque les négociations ou le dialogue ne sont pas encore achevés, les informations relatives au déroulement et à l'avancement des négociations ou du dialogue ; / 2° Lorsque le marché a été attribué, les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue. ".
5. L'information sur les motifs du rejet de son offre dont est destinataire l'entreprise en application des dispositions précitées a, notamment, pour objet de permettre à la société non retenue de contester utilement le rejet qui lui est opposé devant le juge du référé précontractuel saisi en application de l'article L. 551-1 du code de justice administrative. Par suite, l'absence de respect de ces dispositions constitue un manquement aux obligations de transparence et de mise en concurrence. Cependant, un tel manquement n'est plus constitué si l'ensemble des informations, mentionnées aux articles du code de la commande publique précités, a été communiqué au candidat évincé à la date à laquelle le juge des référés statue sur le fondement de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, et si le délai qui s'est écoulé entre cette communication et la date à laquelle le juge des référés statue a été suffisant pour permettre à ce candidat de contester utilement son éviction.
6. Il résulte de l'instruction que par un courrier en date du 22 mars 2024, la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a informé la société Vallois de ce que son offre était rejetée, en lui indiquant les motifs du rejet de son offre ainsi que le nom de l'attributaire, les notes attribuées aux deux sociétés sur chacun des critères et les motifs qui ont conduit au choix de l'offre de l'attributaire. En outre, la communauté urbaine a, dans son mémoire en défense, également communiqué le rapport d'analyse des offres, comportant plus précisément les notes de chaque sous-critères, pour chacune des sociétés soumissionnaires. Dans ces conditions, ces informations ont permis à la société requérante de bénéficier d'une information suffisante sur les caractéristiques et les avantages de l'offre retenue par rapport aux caractéristiques de son offre, lesquelles étaient précisées, pour lui permettre de contester utilement son éviction devant le juge administratif. Il suit de là que la société Vallois n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été insuffisamment informée quant aux raisons qui ont conduit au rejet de son offre. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 2181-1 et R. 2181-4 du code de la commande publique ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du caractère irrégulier de la méthode de notation mise en œuvre pour l'évaluation des critères techniques :
7. Il n'appartient pas au juge du référé précontractuel, qui doit seulement se prononcer sur le respect, par le pouvoir adjudicateur, des obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation d'un contrat, de se prononcer sur l'appréciation portée sur la valeur d'une offre ou les mérites respectifs des différentes offres. Il lui appartient, en revanche, lorsqu'il est saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le pouvoir adjudicateur n'a pas dénaturé le contenu d'une offre en en méconnaissant ou en en altérant manifestement les termes et procédé ainsi à la sélection de l'attributaire du contrat en méconnaissance du principe fondamental d'égalité de traitement des candidats.
8. Aux termes de l'article 6 " Jugement des propositions " du règlement de consultation du marché en litige : " () La valeur technique est notée sur 15 selon une valeur croissante de mérite. Cette note sera ensuite pondérée. / 1 - Pertinence des moyens humains affectés aux prestations : 4 points ; / 2 - Pertinence de l'organisation et de la méthodologie de conduite du chantier : 7 points ; / 3 - Pertinence des mesures prises pour assurer l'hygiène et la sécurité du chantier lors de la réalisation des prestations : 4 points. () ".
9. La société requérante Vallois soutient que la note technique attribuée à la société attributaire est incohérente et erronée dès lors que le cahier des clauses techniques particulières du marché prévoit en son point " 4 - Mode d'exécution des travaux ", concernant les particularité pour le lot n° 2, que " les prestations sont réalisées pendant les périodes d'exploitation du tramway, les chantiers sont fortement contraints par d'importantes règles de sécurité (), et que la société attributaire ID Verde obtient la quasi-totalité des points sur le critère technique en dépit de graves et nombreuses carences tenant à la sécurité tant de ses équipes que des usagers du tramway.
10. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'extrait du rapport d'analyse des offres du lot n° 2, que la communauté urbaine a conclu à la suite de l'analyse de l'offre de la société ID Verde, précisément sur le point " Hygiène et sécurité ", que " l'entreprise ID Verde présente un dossier technique satisfaisant mais avec des informations incomplètes sur la méthodologie et la sécurité des interventions sur la plateforme par rapport à la circulation des rames du tramway, pas de fiches techniques des fournitures ", et a attribué en raison de ces manquements la note de 1,5 sur 3 pour le sous-critère de la description et précision de la méthodologie, ainsi que la note de 1 sur 2 pour le sous-critère de la précision des mesures particulières pour sécuriser les interventions aux abords des voies circulées. Il ne résulte pas de l'instruction que le pouvoir adjudicateur Le Havre Seine Métropole aurait dénaturé le contenu de l'offre de la société attributaire dès lors qu'il a pris en compte les carences de la société attributaire sur l'analyse de la valeur technique de l'offre. Par suite, le moyen tiré de ce que Le Havre Seine Métropole aurait dénaturé l'offre et aurait commis une erreur manifeste d'appréciation, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'erreur matérielle dans le calcul de la notation par le pouvoir adjudicateur :
11. Aux termes de l'article 6 " Jugement des propositions " du règlement de consultation du marché en litige : " () Le calcul de la note pour le prix des prestations tient compte de la partie forfaitaire appréciée à partir du montant HT indiqué à l'acte d'engagement et de la partie à bons de commandes appréciée à partir du montant total HT de la simulation de commande. () ".
12. La société requérante soutient que la note qui lui est attribuée sur le prix de l'offre apparait erronée en cas d'application de la méthode de calcul prévue par le règlement de consultation du marché, et qu'elle aurait dû obtenir à minima une note supérieure à 8,66. Toutefois, il résulte de l'instruction que la communauté urbaine a, pour effectuer son calcul sur le montant de l'offre la plus économiquement avantageuse, pris comme montant de l'offre la moins-disante la somme de 65 756,45 euros hors taxes correspondant au prix de l'offre de la société attributaire, pour le montant de la simulation de commande la somme de 2 830,12 euros hors taxes correspondant au montant de la simulation de la commande proposé par la société attributaire, le montant de l'offre de la société Vallois étant à hauteur de 115 461 euros hors taxes et le montant de la simulation de commande proposée de celle-ci étant à hauteur de 3 281,12 euros hors taxes. Il ressort du calcul appliqué conformément à la méthode prévue par l'autorité adjudicatrice par le règlement de consultation du marché, que la société Vallois a obtenu la note de 8,66. Par suite, la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole n'a pas commis d'erreur matérielle dans le calcul de la notation s'agissant du critère du prix. Le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré de ce que l'offre de la société attributaire serait anormalement basse :
13. Aux termes de l'article L. 2152-5 du code de la commande publique : " Une offre anormalement basse est une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. ". Aux termes de l'article L. 2152-6 du même code : " L'acheteur met en œuvre tous moyens lui permettant de détecter les offres anormalement basses. / Lorsqu'une offre semble anormalement basse, l'acheteur exige que l'opérateur économique fournisse des précisions et justifications sur le montant de son offre. / Si, après vérification des justifications fournies par l'opérateur économique, l'acheteur établit que l'offre est anormalement basse, il la rejette dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. ".
14. Le fait, pour un pouvoir adjudicateur, de retenir une offre anormalement basse porte atteinte à l'égalité entre les candidats à l'attribution d'un marché public. Il résulte des dispositions précitées que, quelle que soit la procédure de passation mise en œuvre, il incombe au pouvoir adjudicateur qui constate qu'une offre paraît anormalement basse de solliciter auprès de son auteur toutes précisions et justifications de nature à expliquer le prix proposé. Si les précisions et justifications apportées ne sont pas suffisantes pour que le prix proposé ne soit pas regardé comme manifestement sous-évalué et de nature, ainsi, à compromettre la bonne exécution du marché, il appartient au pouvoir adjudicateur de rejeter l'offre. Toutefois, pour estimer que l'offre de l'attributaire est anormalement basse, le pouvoir adjudicateur ne peut se fonder sur le seul écart de prix avec l'offre concurrente, sans rechercher si le prix en cause est lui-même manifestement sous-évalué et, ainsi, susceptible de compromettre la bonne exécution du marché. Enfin, si le moyen tiré de ce que le pouvoir adjudicateur aurait dû rejeter une offre anormalement basse est utilement invocable dans le cadre du référé précontractuel, le juge du référé précontractuel exerce sur un tel refus un contrôle limité à l'erreur manifeste d'appréciation.
15. La société requérante Vallois soutient que l'offre de la société attributaire ID Verde apparait, en comparaison anormalement basse dès lors que le prix de son offre, sur la partie à prix global et forfaitaire, est moitié moins élevé que son offre, et que le pouvoir adjudicateur Le Havre Seine Métropole ne justifie pas avoir mis en œuvre la procédure de vérification des offres présumées anormalement basses. Toutefois, il ressort de l'instruction, et notamment du courriel envoyé le 29 janvier 2024 par la communauté urbaine à la société ID Verde, que le pouvoir adjudicateur a effectivement mis en œuvre la procédure de vérification des offres présumées anormalement basses en demandant à celle-ci d'apporter les précisions et justifications sur l'ensemble de sa proposition, et notamment une analyse détaillée du montant des prestations d'entretien des massifs, et a considéré que la réponse de la société attributaire était satisfaisante. Au demeurant, il ne ressort pas de l'instruction, d'une part, eu égard au prix d'estimation par la maîtrise d'œuvre, que l'offre proposée par la société ID Verde serait anormalement basse et que, d'autre part, elle ne saurait satisfaire aux besoins du pouvoir adjudicateur. Par suite, la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation sur ce point et le moyen soulevé par la société requérante de ce que l'offre proposée par la société attributaire serait anormalement basse, ne peut qu'être écarté.
16. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence de manquement du pouvoir adjudicateur à ses obligations de publicité et de mise en concurrence, les conclusions de la société Vallois tendant à l'annulation de la procédure de passation du marché ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société Vallois sur leur fondement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentée par la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole sur le même fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Vallois est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Vallois, à la société IDVERDE et à la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole.
Fait à Rouen, le 19 avril 2024.
La juge des référés
Signé :
C. Van Muylder
Le greffier,
Signé :
J.-B. Mialon
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
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