mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401283 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu les procédures suivantes :
I Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024 sous le n°2401283, M. A D, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 8 novembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant son pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de quatre mois suivant la même date et, dans l'attente, de lui remettre un document de séjour l'autorisant à travailler au plus tard dans le délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil, en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus de séjour :
* est entachée d'une méconnaissance du droit à une bonne administration, dès lors qu'il n'a pas été convoqué préalablement pour faire valoir ses observations, qu'il ne s'est pas vu délivrer de récépissé, que la décision n'est pas motivée et a été prise sans un examen sérieux et loyal de sa demande ;
* est illégale pour n'avoir pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour ;
* est illégale pour défaut d'invitation à compléter sa demande, en méconnaissance de l'article L 114-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
*méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* méconnaît les dispositions de l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi :
* sont entachées d'une méconnaissance du droit à une bonne administration, en raison d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen sérieux de sa demande, de l'absence de respect du droit d'être entendu ;
* sont illégales en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
* méconnaissent " la jurisprudence Diaby " et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
* sont entachées d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 février 2024.
II Par une requête, enregistrée le 12 juin 2024, sous le n°24022259, M. A D, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 10 juin 2024 l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de mettre fin à la mesure de surveillance et aux obligations qui en découlent ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 960 euros au bénéfice de son conseil, en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et la même somme à son propre bénéfice, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que l'arrêté en litige :
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît les articles L 730-1 et L 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- repose sur un défaut d'examen complet de la situation ;
- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les articles L 732-7, R 732-5 et R 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est illégal du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français .
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens n'est fondé.
Le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 14 juin 2024 à 10 heures, Mme C a présenté son rapport et entendu les observations :
- de Me Leroy , qui reprend ses moyens et conclusions et dépose une pièce (circulaire du ministre de l'intérieur du 3 août 2022 relatives aux mesures nécessaires pour améliorer l'efficacité de la chaîne de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière connus pour troubles à l'ordre public)
- de M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°s 2401283 et 2402259 concernent la situation du même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.
Sur la requête n°2401283 :
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R 776-21 du code de justice administrative : " () Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné statue dans le délai de cent quarante-quatre heures prévues au second alinéa du même article L. 614-9. Ce délai court à compter de la transmission par le préfet au tribunal de la décision de placement en rétention ou d'assignation à résidence ". Aux termes de l'article R 776-17 du même code : " () Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au magistrat désigné saisi selon la procédure prévue à l'article R 776-21 du code de justice administrative de statuer sur la décision par laquelle le préfet a refusé de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger.
4. Après avoir introduit, le 2 avril 2024, un recours contre l'arrêté du 8 novembre 2023 lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant son pays de destination, M. D a été assigné à résidence par arrêté du 10 juin 2024. Il appartient à la magistrate désignée de statuer sur les décisions du 8 novembre 2023 obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant son pays de destination. En revanche, il appartient seulement à une formation collégiale du tribunal de statuer sur la décision du 8 novembre 2023 portant refus de titre de séjour. Par suite, il y a lieu de réserver leur examen à une telle formation, de même que celui des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui s'y rattachent, ainsi que de celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens qui en sont l'accessoire.
Sur les conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination :
5. Il résulte des pièces du dossier que M. D a déposé par voie dématérialisée, le 6 novembre 2023, sa demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant d'une entrée en France le 21 octobre 2023 et, par suite, d'une présence sur le territoire depuis plus de dix ans. A cette demande étaient jointes 24 " pièces justificatives " et 8 " pièces complémentaires ". Son épouse a accompli la même démarche, le même jour. L'administration a accusé réception du dossier de M. D le 6 novembre 2023 à 14 heures 17 en indiquant qu'il pouvait le consulter, le modifier et éventuellement échanger avec la préfecture. Le 7 novembre 2023 à 13 heures 55, l'administration a informé M. D que son dossier était en cours d'examen, qu'il ne pouvait plus le modifier mais qu'il pouvait échanger avec la préfecture et produire de nouvelles pièces si besoin. Par arrêté du 8 novembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'admettre M. D au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours et a fixé son pays de destination.
6. Ainsi que l'a jugé le Conseil d'Etat (CE, 370515, M. B), le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, où la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour. Lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. A l'occasion du dépôt de sa demande, il est conduit à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, lequel doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Le droit de l'intéressé d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français qui est prise concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour.
7. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il résulte de la chronologie rappelée au point 5 que M. D a été privé de la possibilité de présenter des observations ou pièces complémentaires à l'appui de son dossier. Or, si l'intéressé soutient qu'il est présent en France depuis le 10 octobre 2023, le préfet ne retient certes pas cette date, mais admet une présence depuis le 27 novembre 2013, soit depuis presque dix ans à la date de l'arrêté attaqué. La production par M. D de pièces complémentaires relatives notamment à sa présence en octobre ou novembre 2013, de nature à montrer qu'elle est antérieure à la date retenue par le préfet, pièces qu'il a d'ailleurs commencé à produire devant le Tribunal, n'aurait pas nécessairement conduit l'administration à admettre l'intéressé au séjour sur le fondement de l'article L 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mais aurait impliqué l'examen du dossier de M. D par la commission du titre de séjour, dont l'avis est destiné à éclairer le préfet dans la prise de sa décision finale et constitue une garantie pour l'étranger. La procédure de demande de titre de séjour initiée par M. D aurait donc pu aboutir à un résultat différent.
8. Compte tenu des éléments exposés au point 7, M. D apparaît donc fondé à soutenir, d'une part, que son droit à être entendu a été méconnu, d'autre part, que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas procédé à un examen particulier de sa demande avant de l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Il suit de là que, sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens, M. D est fondé à demander l'annulation de cette décision, ainsi que, par voie de conséquence, de celle fixant son pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9 . Aux termes de l'article L 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
10. Il y a lieu, en application des dispositions citées au point 9, d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de munir M. D d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et de statuer de nouveau sur son cas dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais de procès :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions aux fins qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur la requête n°2402259 :
Sur l'aide juridictionnelle :
12. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
13. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
14. Aux termes de l'article L 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :
1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; ".
15. Comme dit au point 8 du présent jugement, le préfet ne pouvait légalement obliger M. D à quitter le territoire français. Dès lors, l'arrêté du 10 juin 2024 l'assignant à résidence sur le fondement des dispositions citées au point 14 est privé de base légale et doit être annulé pour ce motif, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
16. Aux termes de l'article L 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision d'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 est annulée, il est immédiatement mis fin à cette mesure et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français ".
17. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune autre mesure d'exécution que celle déjà prévue par les dispositions citées au point 16. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
18. M. D a été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Leroy, avocate de M. D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Leroy de la somme de 960 euros qu'elle demande Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 960 euros sera versée à M. D.
D E C I D E :
Article 1er : M. A D est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle dans l'instance n°2402259.
Article 2: Le jugement des conclusions de M. D aux fins d'annulation de la décision du 8 novembre 2023 portant refus de séjour, ainsi que celui des conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qui s'y rattachent, ainsi que celui de celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens qui en sont l'accessoire est renvoyé devant une formation collégiale du tribunal.
Article 3 : Les décisions du préfet de la Seine-Maritime du 8 novembre 2023 obligeant M. D à quitter le territoire français sous trente jours et fixant son pays de destination sont annulées.
Article 4 : L'arrêté du 10 juin 2024 du préfet de la Seine-Maritime assignant M. D à résidence est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Maritime de munir M. D d'une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et de statuer de nouveau sur son cas dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Dans l'instance n°2402259, sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Leroy renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Leroy, avocate de M. D, une somme de 960 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 960 euros sera versée à M. D.
Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Magali Leroy et au préfet de la Seine Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A. CLa greffière,
Signé
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°s 2401283,2402259
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026