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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401306

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401306

lundi 8 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401306
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 avril 2024, M. D A B, représenté par Me Tomeh, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'annuler la décision implicite du préfet de la Seine-Maritime refusant de lui restituer son permis de conduire portugais ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui restituer son permis de conduire portugais, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État, outre les dépens, la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête, enregistrée le 3 avril 2024 sous le n°2401305, par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter une demande en référé, par une ordonnance motivée, sans mener de procédure contradictoire et sans audience, notamment lorsque celle-ci ne présente pas un caractère d'urgence ou que son irrecevabilité apparaît manifeste. Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. En premier lieu, il n'appartient pas au juge des référés qui, en vertu de l'article L 511-1 du code de justice administrative, statue par des mesures présentant un caractère provisoire, d'annuler une décision administrative. Les conclusions de M. A B à cette fin apparaissent donc manifestement irrecevables.

3. En second lieu, en tout état de cause, si la rétention d'un permis de conduire est de nature à priver son titulaire de la possibilité d'en faire usage et d'exercer certaines professions, en l'espèce, il résulte des termes de la requête que le permis de conduire de M. A B délivré par les autorités portugaises compétentes aurait été retenu le 3 juillet 2023 par les forces de l'ordre, soit neuf mois avant l'introduction de la présente requête. Le requérant, qui se borne à produire une proposition d'emploi non datée d'une société portugaise de transports, n'apporte aucune explication sur les motifs pour lesquels il saisit le tribunal de manière si tardive, ni, surtout sur ses conditions d'existence pendant cette période de neuf mois. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence posée par les dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A B aux fins d'annulation et d'injonction doivent être rejetées par application des dispositions de l'article L 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance de référé, les conclusions aux fins qu'une somme soit mise à sa charge sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Il y a également lieu de rejeter les conclusions aux fins que l'Etat supporte la charge des dépens en l'absence notamment de tout dépens dans la présente instance au sens de l'article R 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B.

Fait à Rouen, le 8 avril 2024 .

La juge des référés,

A. C

La République mande et ordonne à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

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