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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401312

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401312

vendredi 19 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantADVOCARE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a examiné la requête de la SCEA A et de ses associés contre un arrêté préfectoral du 23 octobre 2023 retirant partiellement le bénéfice de la transparence au GAEC A pour les campagnes 2017 à 2020. La requête a été jugée irrecevable pour les associés personnes physiques, faute pour eux d'avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R. 323-22 du code rural et de la pêche maritime. De plus, le tribunal a estimé que les conclusions dirigées contre l'arrêté préfectoral étaient irrecevables, la décision implicite du ministre de l'agriculture s'y étant substituée. En conséquence, la requête a été rejetée dans son ensemble.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 avril 2024 et 16 janvier 2025, la SCEA A, et MM. B, Pascal et Vincent A, représentés par la SELARL Advocare, demandent au tribunal :

1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime portant retrait partiel de transparence du GAEC A, à hauteur d'une part sur trois, pour les campagnes 2017 à 2020, ensemble la décision implicite par laquelle le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire a rejeté le recours administratif préalable obligatoire de la SCEA A ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer les droits du GAEC A au titre de la politique agricole commune, pour les campagnes 2017 à 2020, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime est insuffisamment motivé ;

- il est intervenu au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de procédure contradictoire préalable, en méconnaissance de l'article L. 122-1 et L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article D. 323-31-1 du code rural et de la pêche maritime.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 janvier 2025, non communiqué, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire a déclaré s'en remettre à la sagesse du tribunal.

Par un courrier du 9 mai 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office les moyens suivants :

- irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est présentée par MM. B, Pascal et Vincent A, faute pour eux d'avoir formé le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article R. 323-22 du code rural et de la pêche maritime ;

- irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime, la décision implicite prise sur le recours administratif préalable obligatoire par le ministre chargé de l'agriculture s'y étant substituée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le décret n° 2023-334 du 3 mai 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C D, représentant le préfet de la Seine-Maritime.

Le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et la SCEA A et autres n'était pas présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Le GAEC A a été agréé le 29 novembre 1984 par le préfet de la Seine-Maritime, avec comme associés fondateurs MM. Pascal et Vincent A. Par une décision du 8 décembre 2016, ceux-ci, réunis en assemblée générale, ont autorisé M. B A à entrer au capital dudit groupement et à conserver une activité professionnelle extérieure. Le préfet de la Seine-Maritime a donné acte de cette modification statutaire par une décision du 14 février 2017. Le GAEC A a été transformée en SCEA éponyme à compter du 1er janvier 2021. Dans le cadre d'un contrôle de son agrément et par un courrier du 25 mars 2021, le préfet de la Seine-Maritime a informé le groupement qu'il envisageait de lui retirer le bénéfice des dispositions des articles R. 323-52 et R. 323-53 alors en vigueur et l'a invité à présenter des observations. M. B A y a procédé par un courriel du 6 avril 2021. Par un arrêté du 23 octobre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a partiellement retiré au GAEC A le bénéfice de la transparence prévue par les dispositions précitées, à hauteur d'une part sur trois, pour les campagnes 2017 à 2020. Par un courrier du 15 décembre 2023, reçu le 20 décembre, la SCEA A a adressé au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire le recours administratif préalable obligatoire prévu par l'article R. 323-22 du code rural et de la pêche maritime, implicitement rejeté.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 323-22 du code rural et de la pêche maritime : " Les recours contentieux contre les décisions individuelles relatives aux groupements agricoles d'exploitation en commun sont précédés, à peine d'irrecevabilité, d'un recours administratif préalable obligatoire auprès du ministre chargé de l'agriculture. () ".

En ce qui concerne la requête en tant qu'elle est présentée par MM. B, Pascal et Vincent A :

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier et en dépit d'une invitation à en justifier, que MM. B, Pascal et Vincent A aient formé, en leur nom propre, préalablement à l'introduction de la requête, le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions précitées, seule la SCEA A y ayant procédé pour son seul compte. La requête, en tant qu'elle émane des intéressés, ne peut par suite qu'être rejetée comme irrecevable dans cette mesure, ainsi que le tribunal l'a relevé d'office.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime :

5. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 323-22 que, la décision implicite par laquelle le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire a implicitement rejeté le recours administratif préalable obligatoire de la SCEA A s'étant substituée à l'arrêté du 23 octobre 2023, les conclusions tendant à l'annulation de ce dernier sont irrecevables et doivent pour ce motif être rejetées.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de la SCEA A :

6. En premier lieu, s'il résulte des dispositions du 8° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration que la décision par laquelle l'autorité administrative rejette un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux est au nombre des décisions qui doivent être motivées, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est allégué, que la SCEA A ait sollicité, en application de l'article L. 232-4 du code précité, la communication des motifs de la décision implicite par laquelle le ministre chargé de l'agriculture a rejeté son recours. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme inopérant.

7. En deuxième lieu et d'une part, la société requérante ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration pour contester la décision attaquée, qui ne présente pas le caractère d'une sanction. Ce moyen doit par suite être écarté comme inopérant.

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

9. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 25 mars 2021, le préfet de la Seine-Maritime a informé le GAEC A que, ayant relevé, dans le cadre d'un contrôle de son agrément, que l'un des associés du groupement résidait en Haute-Garonne depuis 2017 et qu'il exerçait une activité accessoire sans avoir sollicité de dérogation en ce sens, il envisageait de lui retirer le bénéfice de la transparence prévue par les dispositions des articles R. 323-52 et R. 323-53 du code rural et de la pêche maritime, et l'a invité à présenter ses observations. En réponse à ce courrier, qui faisait état des " griefs retenus " de manière suffisamment précise, M. B A a présenté ses observations par un courriel du 6 avril 2021. Contrairement à ce qu'elle soutient, la société requérante a ainsi été mise à même de faire valoir ses observations, aucune disposition, ni principe n'imposant qu'elle soit convoquée à cette fin ou que son dossier lui soit communiqué. Enfin, à supposer même que le délai de plus de deux ans écoulé entre le courrier précité et la décision attaquée puisse être regardé comme excessivement long, la société requérante ne fait état d'aucune circonstance qu'elle aurait pu porter à la connaissance du préfet et ne démontre ainsi pas avoir été privée de la possibilité de mieux faire valoir sa défense, alors en outre qu'elle a pu y procéder à l'occasion du recours administratif préalable obligatoire adressé au ministre. Ce moyen doit par suite être en tout état de cause écarté.

10. En dernier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 323-13 du code rural et de la pêche maritime : " La participation à un groupement agricole d'exploitation en commun ne doit pas avoir pour effet de mettre ceux des associés qui sont considérés comme chefs d'exploitation et leur famille, pour tout ce qui touche leur statut professionnel, et notamment économique, social et fiscal, dans une situation inférieure à celle des autres chefs d'exploitation agricole, et à celle des autres familles de chefs d'exploitation agricole. / Pour la mise en œuvre des règles de la politique agricole commune, ce principe ne s'applique qu'aux groupements agricoles d'exploitation en commun totaux et dès lors que les associés ont contribué, par leurs apports en nature, en numéraire ou en industrie, à renforcer la structure agricole du groupement dans des conditions définies par décret ".

11. Aux termes de l'article 2 du décret du 3 mai 2023 susvisé relatif aux conditions d'accès des groupements agricoles d'exploitation en commun totaux aux aides de la politique agricole commune de la programmation débutant en 2023 : " Les aides octroyées au titre de la programmation ayant commencé en 2014 demeurent régies par les dispositions des articles R. 323-52 et R. 323-53 dans leur rédaction antérieure à la date d'entrée en vigueur du présent décret ".

12. Aux termes de l'article R. 323-52 du code rural et de la pêche maritime, applicable au litige conformément aux dispositions précitées : " Les groupements agricoles d'exploitation en commun totaux bénéficient des paiements directs et régimes d'aides prévus par les articles 29, 32 à 34 et 71 du règlement (UE) n° 2021/2115 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 et sont soumis au taux d'ajustement, et, le cas échéant de remboursement, prévu par l'article 17 du règlement (UE) n° 2021/2116 du Parlement européen et du Conseil du 2 décembre 2021 selon les modalités suivantes : / 1° Le nombre de parts sociales détenues par chacun des associés répondant à la définition d'agriculteur actif tel que défini à l'article D. 614-1 est rapporté au nombre total de parts sociales composant le capital du groupement, afin de déterminer la contribution de chaque associé, exprimée en pourcentage ; / 2° Ce pourcentage est appliqué aux éléments de la demande d'aide qui incluent la surface et le cheptel, pour déterminer la part de ces éléments qui relève de chaque associé ; / 3° Les plafonds des dispositifs de la politique agricole commune et les seuils prévus par la réglementation sont appliqués à chacune de ces parts ". Aux termes de l'article R. 323-53 dudit code, applicable au litige dans les mêmes conditions : " Pour les aides prévues par le règlement (UE) n° 1308/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013 portant organisation commune des marchés des produits agricoles et par le règlement (UE) n° 1305/2013 du Parlement européen et du Conseil du 17 décembre 2013, autres que celles mentionnées à l'article R. 323-52, et qui sont attribuées par exploitation et dont les dispositions qui les créent prévoient expressément l'application du principe de transparence prévu à l'article L. 323-13, les seuils d'aides et plafonds du dispositif sont multipliés par le nombre d'associés du groupement ". Aux termes de l'article R. 323-54 du même code, pareillement applicable au litige : " Lorsqu'il est établi qu'un groupement agricole d'exploitation en commun total ne respecte plus l'ensemble des critères mentionnés aux articles L. 323-2 et L. 323-7, il perd le bénéfice des dispositions des articles R. 323-52 et R. 323-53 pour la campagne au cours de laquelle le manquement est intervenu et jusqu'à la campagne suivant la date de sa mise en conformité ".

13. D'autre part, aux termes de l'article L. 323-7 du code rural et de la pêche maritime : " Peuvent être membres d'un groupement agricole d'exploitation en commun les personnes qui font à ce groupement un apport en numéraire, en nature ou en industrie afin de contribuer à la réalisation de son objet. / Les associés doivent participer effectivement au travail en commun. Toutefois, une décision collective des associés peut, au cours de la vie du groupement, accorder à titre temporaire des dispenses de travail pour des motifs fixés par décret. / Les associés d'un groupement total doivent y exercer leur activité professionnelle à titre exclusif et à temps complet. Dans des conditions fixées par décret, une décision collective peut autoriser un ou plusieurs associés à réaliser une activité extérieure au groupement. / Les décisions mentionnées aux deuxième et troisième alinéas du présent article sont soumises à l'accord de l'autorité administrative mentionnée à l'article L. 323-11 ". Aux termes de l'article D. 323-31-1 dudit code : " La décision collective mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 323-7 autorisant la réalisation d'une activité à l'extérieur du groupement agricole d'exploitation en commun total par un ou plusieurs associés est prise par l'assemblée générale du groupement en réunion extraordinaire, à l'unanimité des membres présents. / Cette décision est prise après appréciation des motifs justifiant de déroger aux obligations des associés d'un groupement total d'exercer leur activité professionnelle à titre exclusif et à temps complet. L'activité extérieure du ou des associés ne peut être autorisée que : / - si elle demeure une activité accessoire et si l'associé concerné n'y consacre pas plus de 536 heures annuelles (). Ces activités sont exercées dans des zones répondant aux critères définis au 1° de l'article D. 113-14 délimitées par le ministre chargé de l'agriculture ; / - ou si elle est pratiquée au sein d'une autre structure par tous les associés du groupement en vue de la commercialisation et, le cas échéant, de la transformation des produits agricoles issus du groupement, dès lors que cette société est majoritairement détenue par des chefs d'exploitation agricole à titre principal et que l'équilibre des engagements des associés au sein du groupement est maintenu. / La décision comporte un descriptif des tâches réparties entre les associés du fait de la pluriactivité de l'un ou de plusieurs d'entre eux. Elle indique les conséquences de cette pluriactivité sur la rémunération versée à l'associé concerné et sa participation au résultat du groupement ".

14. Il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter le recours administratif préalable obligatoire dirigé contre l'arrêté du 23 octobre 2023, retirant partiellement au GAEC A, le bénéfice de la transparence prévue par les dispositions précitées des articles R. 323-52 et R. 323-53, le ministre chargé de l'agriculture, réputé s'approprier les motifs retenus par le préfet de la Seine-Maritime, s'est fondé sur la circonstance que M. B A, associé du groupement, avait réalisé une activité extérieure pour une durée et un volume horaire non conformes à ceux autorisés.

15. La société requérante ne peut tout d'abord, et à cet égard, utilement soutenir que c'est à tort qu'a été retenu l'éloignement excessif du domicile de l'intéressé par rapport au siège du groupement.

16. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 8 décembre 2016, approuvée le 14 février 2017 par le préfet de la Seine-Maritime, les associés fondateurs du GAEC A ont autorisé M. B A, à l'occasion de son entrée au capital, à conserver une activité extérieure accessoire, en qualité de consultant d'une société, à hauteur de 525 heures par an, dans le cadre d'un contrat conclu le 23 septembre 2016.

17. Ce contrat de travail a été conclu pour une durée de trois ans à compter du 8 octobre 2016. Son article 2 prévoit qu'il est tacitement reconduit par période d'un an, sauf préavis contraire et qu'il comprend un minimum de quinze semaines ou soixante-quinze jours de services rendus par an. Son article 3 fixe le montant de ses honoraires à hauteur de 450 euros par jour de services rendus.

18. D'une part, alors même que la société requérante conteste sérieusement la méthode retenue par le préfet pour estimer que le volume horaire consacré par M. A à son activité accessoire excédait celui autorisé, elle se borne à indiquer que cette méthode permet de constater que ce volume horaire est demeuré en-deçà de ce plafond et ne produit par ailleurs aucune pièce de nature à déterminer le volume horaire qu'il lui a réellement consacré.

19. D'autre part, en ayant mentionné, dans leur décision du 8 décembre 2016, approuvée par le préfet, que le contrat conclu par M. B A l'était pour une durée de trois ans, les autres associés du groupement doivent être regardés, eu égard à son caractère nécessairement temporaire, prévu à l'article L. 323-7 précité, comme ayant entendu autoriser l'exercice de son activité accessoire pour la durée initiale dudit contrat, nonobstant la possibilité de le reconduire tacitement. Dès lors qu'il n'est pas contesté que cette activité se soit poursuivie au-delà du terme initial du contrat, le préfet était tenu, les conditions prévues par l'article L. 323-7 n'étant plus respectées, de retirer le bénéfice de la transparence prévue aux articles R. 323-52 et R. 323-53 précités.

20. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître lesdites dispositions que le ministre a pu rejeter le recours administratif préalable obligatoire formé par la société requérante contre l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la Seine-Maritime. Ce moyen doit par suite être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 octobre 2023 du préfet de la région Normandie doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCEA A et autres est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCEA A, représentante unique, et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

M. Cotraud, premier conseiller,

Mme Favre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 septembre 2025.

Le rapporteur,

Signé :

J. Cotraud

La présidente,

Signé :

C. Van MuylderLe greffier,

Signé :

J.-B. Mialon

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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