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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401362

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401362

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401362
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantCASTOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2024 Mme F G, représentée par Me Ripoll, demande au tribunal :

1) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.

Mme G soutient que l'arrêté :

* est insuffisamment motivé ;

* a été adopté par une autorité incompétente ;

* procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet du Nord a produit des pièces enregistrées le 9 avril 2024.

Vu :

­ la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

­ les autres pièces du dossier.

Vu :

­ la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

­ le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

­ le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir au cours de l'audience publique du 10 avril 2024, présenté son rapport et entendu les observations orales de :

* Me Ripoll, avocat commis d'office représentant Mme G qui soutient que :

- elle est arrivée le 4 avril en France pour y fêter l'anniversaire de son amie ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car elle vit en Espagne où elle travaille et où elle souhaite faire régulariser sa situation ;

* Mme G qui sous couvert de l'interprétariat de Mme A C soutient qu'elle pensait ne rester que quelques jours en France.

L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 14 heures 47, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative ;

1. Mme G, ressortissante paraguayenne, née le 2 janvier 2002, est, selon ses dires, entrée sur le territoire français le 4 avril 2024. Par arrêté en date du 7 avril 2024, le préfet du Nord a pris à son encontre une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai et l'a assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an aux motifs qu'elle est entrée irrégulièrement sur le territoire français, qu'elle n'a fait aucune démarche tendant à ce que lui soit délivré un titre de séjour depuis son arrivée en France, qu'il existe un risque de soustraction à l'exécution de la décision, qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée au droit de la requérante, sans charge de famille, au respect de sa vie privée et familiale et que Mme G n'allègue pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Mme G, placée en rétention, demande l'annulation de ces décisions.

2. En premier lieu, M. B E qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet du Nord en date du 5 février 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées manque en fait.

3. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de Mme G par le préfet du Nord sont donc suffisamment motivées.

4. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme G, qui serait entrée sur le territoire espagnol en octobre 2022 n'est arrivée en France qu'en avril 2024 en France. Si elle soutient travailler en Espagne, elle n'en justifie pas. En tout état de cause, à supposer qu'elle ait disposé d'un visa lors de son entrée sur le territoire européen en 2022, cette situation n'est pas de nature à lui octroyer un droit au séjour sur le territoire de l'Union. Par ailleurs, l'intéressée, célibataire et sans enfant, n'est entrée en France qu'à l'âge de vingt-deux ans après avoir vécu dans son pays d'origine jusqu'en 2022. Elle n'allègue nullement avoir constitué une vie familiale en France ni y disposer d'une quelconque insertion. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressée en France, il n'est pas établi que l'arrêté du préfet du Nord en date du 7 avril 2024 ait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et qu'il aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté contesté n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme G, laquelle ne justifie pas être légalement admissible en Espagne.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetée ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F G, à Me Ripoll et au préfet du Nord.

Lu en audience publique le 10 avril 2024.

Le rapporteur,

Signé

T. D

La greffière,

Signé

S. LECONTE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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