jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | LEPEUC MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2024, Mme C A, représentée par Me Marie Lepeuc, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée à l'expiration de ce délai ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un titre de séjour temporaire valable un an et portant la mention " étudiant " ou " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, et d'enjoindre au préfet de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État et au bénéfice de Me Lepeuc la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le refus de titre de séjour :
- est entaché d'erreur de droit, le préfet s'étant fondé sur l'absence supposée de sérieux et de progression dans ses études pour rejeter sa demande alors que l'accord franco-centrafricain ne subordonne le renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant qu'à la poursuite effective des études ;
- n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation, le préfet lui opposant à tort le manque de progression significative dans ses études, le manque de cohérence dans son changement d'orientation et le défaut de sérieux dans le suivi de ses études ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Elle soutient que l'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Elle soutient que la décision fixant le pays de renvoi est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français.
La requête de Mme A a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par ordonnance du 16 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2024.
Des pièces ont été produites pour Mme A le 9 août 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention du 26 septembre 1994 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République centrafricaine relative à la circulation et au séjour des personnes, publiée par le décret n° 96-1071 du 9 décembre 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Mukendi Ndonki substituant Me Lepeuc, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante centrafricaine née le 4 mars 1996, est entrée en France le 2 octobre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiante. Son titre de séjour a été renouvelé jusqu'au 23 septembre 2023. Le 31 juillet 2023, elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par arrêté du 20 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée à l'expiration de ce délai.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine du 26 septembre 1994 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention " étudiant ". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou de stage et de la possession de moyens d'existence suffisants () ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'autorité administrative, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée par un ressortissant centrafricain en qualité d'étudiant, de rechercher si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
3. Pour rejeter la demande de Mme A, le préfet a constaté qu'inscrite en 2021-2022 en première année de licence de gestion, elle a été ajournée aux deux sessions d'examen avec des moyennes respectives de 1,075 et 2,167 sur 20, qu'elle s'est réorientée en 2022-2023 vers une deuxième année de diplôme universitaire de préparation aux concours mais a été ajournée à la deuxième session avec une moyenne de 5,308 sur 20, qu'elle s'est réinscrite en 2023-2024 en deuxième année de diplôme universitaire de préparation aux concours, et qu'elle n'a validé aucun semestre universitaire depuis le début de ses études en France. En se fondant sur ces circonstances de fait, non contestées et qui ressortent des pièces du dossier, pour estimer qu'elle ne remplissait plus les conditions de délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, le préfet n'a commis ni erreur de droit - ces circonstances révélant l'absence de poursuite effective par Mme A de ses études supérieures, en application de l'article 9 de la convention franco-centrafricaine précitée - ni erreur d'appréciation. Il ressort des motifs mêmes de sa décision qu'elle a été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
5. Mme A fait valoir que sa mère, l'époux de sa mère et leurs enfants résident régulièrement en France. Il est toutefois constant que Mme A, célibataire sans charge de famille, a vécu en République centrafricaine jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, et elle ne justifie pas y être dépourvue d'attaches familiales. Dans ces circonstances, en refusant de lui accorder un titre de séjour, le préfet de la Seine-Maritime n'a ni méconnu les dispositions précitées, ni commis d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation.
6. En troisième lieu, il ressort des motifs mêmes de sa décision que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme A.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, l'arrêté attaqué énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde l'obligation faite à Mme A de quitter le territoire français, décision qui n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision, par suite, est suffisamment motivée.
8. En deuxième lieu, dès lors que les moyens de légalité soulevés contre le refus de séjour ont été écartés aux points 2 à 6 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de cette décision à l'encontre de son obligation de quitter le territoire français.
9. En troisième lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les motifs exposés au point 5.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
10. Dès lors que les moyens de légalité soulevés contre le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire ont été écartés aux points 2 à 9 du présent jugement, Mme A n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'encontre de la décision fixant son pays de renvoi.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 20 novembre 2023. Sa requête doit donc être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à Me Marie Lepeuc et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
MM. Colin Bouvet et Philippe B, premiers conseillers,
assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le rapporteur,
Ph. B
La présidente,
A. GAILLARDLe greffier,
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026