LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401390

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401390

jeudi 12 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401390
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantELATRASSI-DIOME

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête enregistrée le 9 avril 2024 sous le numéro 2401390 et un mémoire complémentaire enregistré le 31 mai 2024, M. C B, représenté par la Me Elatrassi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable un an dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans le même délai, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

Le refus de séjour :

- est insuffisamment motivé ;

- a été édicté par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- n'a pas été précédé d'une saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

II./ Par une requête enregistrée le 9 avril 2024 sous le numéro 2401391 et un mémoire complémentaire enregistré le 31 mai 2024, Mme D B, représentée par la Me Elatrassi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable un an dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de lui enjoindre de réexaminer sa situation dans le même délai, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

Le refus de séjour :

- est insuffisamment motivé ;

- a été édicté par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- n'a pas été précédé d'une saisine pour avis de la commission du titre de séjour ;

- n'a pas été précédé d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- méconnaît l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- a été édictée par une autorité dont il n'est pas justifié de la compétence ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français ;

- procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu :

- les décisions par lesquelles la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- et les observations de Me Elatrassi, pour les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B et Mme D B, ressortissants algériens nés respectivement en 1980 et 1984 et leur fille âgée de cinq ans, sont entrés sur le territoire national munis de visas court-séjour, le 1er juin 2017, selon leurs déclarations. Le 9 février 2024, ils ont sollicité leur admission au séjour sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien susvisé et au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Par les deux arrêtés contestés du 7 mars 2024, le préfet de la Seine-Maritime a refusé d'accéder à leur demande, leur a fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours et a fixé leur pays de destination.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n°s 2401390 et 2401391 concernent la situation d'un couple, présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. M. et Mme B, qui n'ont jamais fait l'objet de mesures d'éloignement, justifient, à la date d'adoption des décisions de refus de séjour litigieuses, d'une durée de séjour de six ans et neuf mois sur le territoire national, où vivent également le frère de M. B et son épouse. En outre, deux de leurs trois enfants, E, F et A, nés respectivement en 2012, 2018 et 2019, sont nés en France et tous y sont scolarisés. En particulier, les pièces versées aux débats permettent d'établir que la jeune E, a effectué sa scolarité en France, de la classe de CP jusqu'à la sixième. Les requérants justifient d'une insertion professionnelle pérenne, dans le domaine du bâtiment, pour M. B, et dans le domaine de l'aide à la personne, pour Mme B, leur permettant de dégager des revenus suffisants pour subvenir aux besoins du foyer et à l'éducation des enfants. Enfin, il n'est pas soutenu, ni même allégué, par le préfet de la Seine-Maritime, en défense, que la présence en France des requérants caractériserait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que le couple n'a pas entrepris de démarches en vue de régulariser sa situation administrative durant plus de six ans, le préfet de la Seine-Maritime a entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en lui opposant les décisions de refus de séjour litigieuses. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'encontre de ces décisions, que celles-ci doivent être annulées, de même que, par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français, et fixation du pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique que le préfet compétent délivre à M. et Mme B un titre de séjour. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à M. et Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Les arrêtés du 7 mars 2024 du préfet de la Seine-Maritime sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de délivrer à M. et Mme B un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. et Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Mme D B et au préfet de la Seine-Maritime.

Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Bouvet, premier conseiller,

M. Dujardin, premier conseiller,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

C. BOUVET

La présidente,

signé

A. GAILLARDLe greffier,

signé

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé : S. Combes

N°s 2401390 ; 2401391

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions