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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401403

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401403

vendredi 19 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401403
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4 ème Chambre
Avocat requérantSCHMILL & LOMBREZ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a été saisi par la SCI de la Motte et la SCI de la Carrière d’un recours en excès de pouvoir contre deux titres exécutoires émis par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie, d’un montant de 52 euros chacun, pour obstacle au contrôle de leurs installations d’assainissement non collectif. Le tribunal a donné acte du désistement partiel des sociétés requérantes de leurs conclusions indemnitaires. La solution retenue par le tribunal n’est pas explicitée dans l’extrait fourni, mais la décision s’inscrit dans le cadre des articles L. 1331-11 du code de la santé publique et du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 10 avril, 25 juillet et 4 septembre 2024, la SCI de la Motte et la SCI de la Carrière, représentées par la SCP B et Lombrez, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler les titres exécutoires nos 16 et 17 d'un montant de 52 euros respectivement émis à leur encontre, le 9 mars 2023, par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie ;

2°) de condamner la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie à lui verser une somme de 474,47 euros au titre des frais de justice exposés ;

3°) de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie ;

4°) de mettre à la charge de la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la juridiction administrative est compétente pour connaître de leur requête ;

- leur requête est recevable ;

- les titres attaqués ont été notifiés à des adresses erronées ;

- ils comportent une mention erronée des voies et délais de recours ;

- ils ne sont pas signés ;

- ils n'indiquent pas les bases de liquidation ayant servi à déterminer le montant de la créance, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 ;

- ils sont entachés d'illégalité en l'absence de preuve de notification des avis de passage de l'agent du service public d'assainissement non collectif de la communauté de communes ;

- les dispositions de l'article L. 1331-11 du code de la santé publique ne permettent pas de faire droit aux conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par la communauté de communes.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 11 juin et 2 août 2024, la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie, représentée par son président en exercice, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit enjoint aux sociétés requérantes de se soumettre au contrôle de leurs installations respectives par le service public de l'assainissement non collectif, et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de ces dernières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, de l'absence de qualité de M. A B pour agir au nom des sociétés requérantes et de signature de la requête, par ses soins ou son avocat ;

- à titre subsidiaire, elle doit être mise hors de cause s'agissant de la contestation de la forme des titres exécutoires attaqués, ceux-ci ayant été émis par son comptable public et aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 10 février 2025, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2025 à 12 heures.

Les sociétés requérantes ont produit un mémoire, enregistré le 28 février 2025 à 18 h 16, postérieurement à la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.

Par une lettre et un mémoire, enregistrés les 18 juin 2025, non communiqués, les sociétés requérantes doivent être regardées comme déclarant se désister de leurs conclusions indemnitaires.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la santé publique ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Cotraud, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Delacour, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C B, représentant les sociétés requérantes.

La communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie n'était pas représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Par deux courriers du 3 avril 2023, la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie a respectivement adressé à la SCI de la Motte et à la SCI de la Carrière deux titres exécutoires nos 16 et 17 d'un montant de 52 euros qu'elle avait émis à leur encontre le 9 mars 2023, en application de l'article L. 1331-11 du code de la santé publique, au motif qu'elles ont fait obstacle au contrôle de leurs installations d'assainissement non collectif. Par un courrier du 19 avril 2023, reçu le 26 avril, ces deux sociétés ont formé un recours gracieux contre ces deux titres exécutoires. Par un courrier du 28 avril 2023, le président de la communauté de communes précitée a rejeté ce recours. Le 23 juin 2023, lesdites sociétés ont assigné la communauté de communes devant le juge de l'exécution du tribunal judiciaire d'Evreux aux fins d'annulation de ces titres. Par un jugement du 2 avril 2024, le juge de l'exécution a rejeté leur demande comme présentée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et les a renvoyées à mieux se pourvoir. La SCI de la Motte et la SCI de la Carrière sollicitent en conséquence du tribunal administratif l'annulation des deux titres exécutoires précitées.

Sur le désistement partiel :

2. Par leurs lettre et mémoire enregistrés le 18 juin 2025, les sociétés requérantes ont déclaré se désister purement et simplement de leurs conclusions à fin d'indemnisation, faute d'avoir adressé une réclamation indemnitaire préalable à la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la qualité de défendeur de la communauté de communes :

3. D'une part, aux termes de l'article 10 du décret du 7 novembre 2012 susvisé relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Les ordonnateurs prescrivent l'exécution des recettes et des dépenses. () ". Aux termes de l'article 11 du même décret : " Les ordonnateurs constatent les droits et les obligations, liquident les recettes et émettent les ordres de recouvrer. Ils engagent, liquident et ordonnancent les dépenses. () ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5211-9 du code général des collectivités territoriales : " Le président est l'organe exécutif de l'établissement public de coopération intercommunale. / () Il est l'ordonnateur des dépenses et il prescrit l'exécution des recettes de l'établissement public de coopération intercommunale. () ".

5. La requête étant dirigée contre des titres de recettes dont l'exécution a été prescrite par le président de la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie, celle-ci a seule la qualité de défendeur à la présente instance. Elle ne saurait dès lors être mise hors de cause s'agissant de la contestation de la forme desdits titres.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ".

7. Une instance engagée devant une juridiction incompétente ne peut avoir pour effet de proroger le délai de recours contentieux devant la juridiction administrative compétente pour en connaitre qu'à la condition d'avoir été introduite avant l'expiration du délai applicable aux recours portés devant la juridiction compétente.

8. Contrairement à ce que soutient la communauté de communes, il ne ressort pas des termes de leur recours gracieux que les sociétés requérantes aient reçu notification des titres exécutoires en litige le 3 avril 2023. Elles doivent toutefois être regardées comme en ayant eu connaissance le 19 avril 2023, date dudit recours, reçu le 26 avril 2023, qui a prorogé le délai de recours jusqu'à son rejet par un courrier du 28 avril 2023. Les sociétés requérantes ont saisi, le 23 juin 2023, avant l'expiration du délai de recours, le juge de l'exécution du tribunal judiciaire d'Evreux d'une requête tendant à l'annulation des deux titres exécutoires en litige. Moins de deux mois après l'intervention du jugement du 2 avril 2024 par lequel le juge de l'exécution s'est déclaré incompétent pour connaître de cette demande, les sociétés requérantes ont saisi aux mêmes fins le tribunal administratif. La requête de ces dernières ne pouvant ainsi être regardée comme tardive, la fin de non-recevoir en ce sens opposée en défense ne peut qu'être écartée.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 414-1 du code de justice administrative : " Lorsqu'elle est présentée par un avocat () la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être adressée à la juridiction par voie électronique au moyen d'une application informatique dédiée accessible par le réseau internet. La même obligation est applicable aux autres mémoires du requérant () ". Aux termes de l'article R. 414-3 dudit code : " Les caractéristiques techniques de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 et du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 garantissent la fiabilité de l'identification des parties ou de leur mandataire, l'intégrité des documents adressés ainsi que la sécurité et la confidentialité des échanges entre les parties et la juridiction. () ". Aux termes de l'article R. 414-4 du code précité : " L'identification de l'auteur de la requête, selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-3, vaut signature pour l'application des dispositions du présent code. () ".

10. La requête des sociétés requérantes a été présentée par un avocat, au moyen de l'application Télérecours. Il résulte des dispositions précitées que la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de signature manuscrite de leur représentant légal ou de leur avocat ne peut qu'être écartée.

11. En dernier lieu et d'une part, lorsqu'une partie est une personne morale, il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s'assurer, le cas échéant, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. Si une telle vérification n'est normalement pas nécessaire lorsque la personne morale requérante est dotée, par des dispositions législatives ou réglementaires, de représentants légaux ayant de plein droit qualité pour agir en justice en son nom, elle s'impose lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l'autre partie ou qu'au premier examen l'absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier. Cette qualité peut être régularisée jusqu'à la clôture de l'instruction.

12. D'autre part, aux termes de l'article 1849 du code civil : " Dans les rapports avec les tiers, le gérant engage la société par les actes entrant dans l'objet social. () ".

13. La requête a été présentée par les sociétés requérantes, représentée par M. A B, leur gérant. La communauté de communes ne conteste pas sérieusement cette qualité, dont il tient le droit d'agir en justice, en vertu des dispositions précitées. La fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité pour agir du gérant des sociétés requérantes ne peut par suite qu'être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

14. En premier lieu, les modalités de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, les sociétés requérantes ne peuvent utilement soutenir que les titres exécutoires attaqués ont été notifiés à une adresse erronée ou qu'ils comportent une mention erronée des voies et délais de recours. Ces deux moyens doivent par suite être écartés comme inopérants.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () / 4° () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ".

16. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de son auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.

17. La communauté de communes verse à l'instance le bordereau de recettes comportant la signature de son président, qui a émis les titres exécutoires attaqués. Ce moyen doit par suite être écarté.

18. En troisième lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales : " () / III.- Pour les immeubles non raccordés au réseau public de collecte, la commune assure le contrôle des installations d'assainissement non collectif. Cette mission consiste : () / 2° Dans le cas des autres installations, en une vérification du fonctionnement et de l'entretien. A l'issue du contrôle, la commune établit un document précisant les travaux à réaliser pour éliminer les dangers pour la santé des personnes et les risques avérés de pollution de l'environnement. () ".

19. D'autre part, aux termes de l'article L. 1331-11 du code de la santé publique : " Les agents du service d'assainissement ont accès aux propriétés privées : () / 2° Pour procéder à la mission de contrôle des installations d'assainissement non collectif prévue au III de l'article L. 2224-8 du code général des collectivités territoriales ; () / En cas d'obstacle mis à l'accomplissement des missions visées aux 1°, 2° et 3° du présent article, l'occupant est astreint au paiement de la somme définie à l'article L. 1331-8, dans les conditions prévues par cet article ". Aux termes de l'article L. 1331-8 dudit code : " Tant que le propriétaire ne s'est pas conformé aux obligations prévues aux articles L. 1331-1 à L. 1331-7-1, il est astreint au paiement d'une somme au moins équivalente à la redevance qu'il aurait payée au service public d'assainissement si son immeuble avait été raccordé au réseau ou équipé d'une installation d'assainissement autonome réglementaire, et qui peut être majorée dans une proportion fixée par le conseil municipal ou le conseil de la métropole de Lyon dans la limite de 400 %. () ". Aux termes de l'article L. 1331-9 du même code : " Les sommes dues par le propriétaire en vertu des articles L. 1331-2, L. 1331-3 et L. 1331-6 à L. 1331-8 sont recouvrées comme en matière de contributions directes. / Les réclamations sont présentées et jugées comme en matière de contributions directes ".

20. Enfin, aux termes de l'article 50 du règlement du service public d'assainissement non collectif approuvé par une délibération du 27 septembre 2018 du conseil de la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie : " Conformément à l'article L. 1331-8 du code de la santé publique, selon les modalités prévues par délibération du conseil communautaire, le propriétaire peut être astreint au paiement d'une somme équivalente au montant de la redevance, majorée de 100%, en cas : / - d'obstacle mis dans l'accomplissement des missions du SPANC défini à l'article 32 du présent règlement ; () ".

21. Aux termes de l'article 32 du règlement précité : " Conformément à l'article L. 1331-11 du code de la santé publique, les agents du SPANC ont accès aux propriétés privées pour assurer les diverses opérations de contrôle technique des installations d'assainissement non collectif et autres missions du SPANC. / En cas d'obstacle à l'exercice des missions du représentant du SPANC, et notamment en cas de refus d'accès à la propriété privée, les sanctions prévues à l'article 50 s'appliqueront. Est considéré comme un refus : / - le refus exprimé (par courrier ou oralement) par le propriétaire, le cas échéant par l'occupant, auprès d'un représentant du SPANC pour l'exercice de ses missions ; / - l'impossibilité d'accès à la propriété privée malgré le respect des dispositions prévues à l'article 33. / Le refus sera notifié à l'usager par courrier en recommandé avec accusé de réception. () ". Aux termes de ce dernier article : " Conformément à l'article 32 du présent règlement, les agents du SPANC ont accès aux installations d'assainissement non collectif. / Cependant, chaque visite doit être précédée d'un avis de passage notifié au propriétaire de l'installation et, si la collectivité dispose de l'information, à l'occupant des lieux, dans un délai minimum de 7 jours ouvrés. Cet avis de passage pourra, selon les cas clairement définis dans le courrier, proposer un rendez-vous à date et demi-journée précisée. / En cas d'impossibilité en rapport avec la date proposée, le propriétaire ou son locataire en informera le SPANC dans un délai minimum de 3 jours avant la date de visite prévue et prendra aussitôt rendez-vous pour une nouvelle date. / En cas d'absence, un avis de passage sera déposé dans la boite aux lettres. / Dans le cas où le contrôle ne pourrait être mené à cause de l'absence de l'usager malgré l'avis de passage et le délai laissé pour éventuellement modifier la date du rendez-vous, un courrier lui sera adressé pour lui proposer un second rendez-vous, selon les mêmes modalités qu'énoncées ci-dessus. / En cas d'absence, un dernier avis de passage sera déposé dans la boite aux lettres. / Sans manifestation de l'usager dans les 10 jours suivant le dépôt du dernier avis de passage, le refus lui sera notifié conformément aux modalités définies à l'article 32 ".

22. Il résulte de l'instruction que la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie a émis les titres exécutoires attaqués, d'un montant de 52 euros, en application des dispositions précitées, au motif que la SCI de la Motte et la SCI de la Carrière devaient être regardées comme ayant refusé à l'agent du service public de l'assainissement non collectif l'accès à leurs propriétés respectives.

23. Par deux courriers du 29 décembre 2021, dont elle ne justifie cependant pas de la date de réception, la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie a informé les sociétés requérantes de la visite de l'agent du service, à fin de vérification du système d'assainissement de leurs propriétés respectives, fixée au 13 janvier 2022. Faute pour ces visites d'avoir pu se tenir et par deux courriers du 11 mars 2022, l'établissement a demandé à ces dernières de fixer un nouveau rendez-vous dans un délai de dix jours suivant réception. Celles-ci ont indiqué en réponse, par deux courriers du 24 mars 2022, qu'aucun rendez-vous ne serait fixé et que l'agent du service public précité n'aurait pas accès à leur propriété. Ayant ainsi explicitement refusé cet accès, c'est sans méconnaître les dispositions précitées que la communauté de communes a pu émettre à l'encontre de ces deux sociétés les titres exécutoires attaqués. Ce moyen doit par suite être écarté.

24. En dernier lieu et en revanche, aux termes de l'article du décret du 7 novembre 2012 susvisé relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () / Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ".

25. En vertu de ces dispositions, la mise en recouvrement d'une créance doit comporter, soit dans le titre de perception lui-même, soit par la référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance.

26. Il ressort des mentions qui y sont portées que les titres de recettes attaqués se bornent à indiquer qu'ils ont pour objet de recouvrer une somme de 52 euros en raison d'un refus de contrôle survenu en 2022. Si les deux courriers du 11 mars 2022, reçus par les sociétés requérantes au plus tard le 24 mars 2022, exposent les raisons pour lesquelles ladite somme leur est réclamée et les modalités de son calcul, ils n'étaient pas joints aux titres attaqués, qui n'y font par ailleurs pas référence. Lesdites sociétés n'ont dès lors été mises à même de discuter les bases de liquidation de la somme mise à leur charge. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être accueilli.

27. Il résulte de ce qui précède que les sociétés requérantes sont fondées à demander l'annulation des titres exécutoires nos 16 et 17 d'un montant de 52 euros émis le 9 mars 2023 par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

28. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par la communauté de communes ne peuvent par suite, et en tout état de cause, qu'être rejetées.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des sociétés requérantes, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie et non compris dans les dépens. Il n'y a par ailleurs pas lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de cette dernière une somme au titre des frais exposés par les sociétés requérantes et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la SCI de la Motte et autre de leurs conclusions à fin d'indemnisation.

Article 2 : Les titres exécutoires nos 16 et 17 émis le 9 mars 2023 par la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie sont annulés.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SCI de la Motte, représentante unique, et à la communauté de communes Intercom Bernay Terres de Normandie.

Copie en sera adressée, pour information, à la direction départementale des finances publiques de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

M. Cotraud, premier conseiller,

Mme Favre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 septembre 2025.

Le rapporteur,

Signé :

J. Cotraud

La présidente,

Signé :

C. Van MuylderLe greffier,

Signé :

J.-B. Mialon

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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