mardi 16 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | MERHOUM AMINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2024 et un mémoire en production de pièces enregistré le 14 avril 2024, M. C A B, représenté par Me Merhoum-Hammiche, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 5 mars 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
M. A B soutient que la décision attaquée :
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- a été prise sans examen de sa situation personnelle ;
- a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Jeanmougin comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 15 avril 2024, ont été entendus le rapport de Mme Jeanmougin, magistrate désignée, et les observations de Me Merhoum-Hammiche, pour M. A B, et de M. A B et de son épouse, qui produit une pièce à l'audience et reprend les conclusions et moyens de sa requête mais soutient en outre que son éloignement porte atteinte à son droit à un procès équitable et aux droits de la défense et que son éloignement ne constitue pas une perspective raisonnable dès lors que l'Algérie ne délivre que très peu de laissez-passer, le préfet de la Seine-Maritime n'étant présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, de nationalité algérienne, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 5 mars 2024.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence, d'admettre M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En premier lieu, la décision en litige comporte les considérations de droit et de fait que lesquelles elle est fondée, notamment la circonstance qu'un rendez-vous a été obtenu pour le 16 avril 2024 pour l'identification consulaire de M. A B, assigné à résidence le 5 mars 2024. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit est dépourvu des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation personnelle de M. A B n'aurait pas fait l'objet d'un réel examen avant l'édiction de la mesure en litige.
6. En quatrième lieu, il n'est pas établi que l'éloignement de M. A B l'empêcherait de se présenter à une audience pénale prévue au mois d'octobre 2024, à laquelle il pourra en tout état de cause se faire représenter. Le requérant n'est donc, en tout état de cause, pas fondé à se prévaloir des droits de la défense et du droit à un procès équitable à l'encontre de la décision en litige, qui se borne à prolonger l'assignation à résidence dont il fait l'objet.
7. En cinquième lieu, la circonstance que l'Algérie ne délivrerait que très peu de laissez-passer, ce qui n'est pas établi par les pièces du dossier, ne permet pas d'attester qu'un laissez-passer ne serait pas délivré à M. A B, qui s'est toujours déclaré comme né en Algérie et de nationalité algérienne. Il n'est donc pas démontré que son éloignement ne demeurerait pas une perspective raisonnable alors qu'un rendez-vous consulaire est prévu au 16 avril 2024.
8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A B a fait l'objet, le 5 mars 2024, après son placement en garde à vue pour vol en réunion, d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour en France pendant la durée de trois mois, dont la légalité n'a pas été remise en cause par le tribunal. Le requérant n'allègue d'ailleurs pas, dans la présente instance, que ces décisions seraient entachées d'illégalité. Si M. A B établit s'être très récemment marié, le 23 mars 2024, et établit avoir déposé le jour même de l'édiction de la décision attaquée une demande de titre de séjour, et produit à l'audience la carte nationale d'identité française de son épouse, il ne justifie pas d'une entrée régulière en France et son éloignement ne sera que de courte durée, le temps de l'exécution de l'interdiction de retour sur le territoire français de trois mois et de l'obtention d'un visa de long séjour. Il est assigné à résidence à l'adresse qu'il occupe avec son épouse et rien n'indique que son éloignement ne pourra intervenir à brève échéance, un rendez-vous consulaire étant prévu le 16 avril 2024. M. A B, qui ne travaille pas, ne fait pas état d'obstacles à ce qu'il satisfasse aux modalités de son assignation à résidence au domicile conjugal. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige prolongeant l'assignation à résidence dont il fait l'objet porte, eu égard aux buts poursuivis, une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a prolongé l'assignation à résidence dont il a fait l'objet le 5 mars 2024. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. A B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Amina Merhoum-Hammiche et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. JEANMOUGINLa greffière,
Signé
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026