vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401445 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril 2024 et 18 juin 2024, Mme A D, représentée par Me Elatrassi-Diome, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2024 par lequel le préfet de l'Eure a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour valable un an portant la mention " vie privée et familiale ", à titre subsidiaire de réexaminer sa situation, le tout dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
- l'arrêté attaqué :
o est insuffisamment motivé ;
- la décision portant refus de séjour :
o est signée par une autorité incompétente ;
o est entachée d'un vice de procédure au regard :
* de la méconnaissance de son droit à être entendue ;
* en l'absence de saisine préalable, d'une part, de la commission du titre de séjour et, d'autre part, du collège de médecins de l'OFII ;
o est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
o méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
o est signée par une autorité incompétente ;
o est entachée d'un vice de procédure au regard, d'une part, de la méconnaissance de son droit à être entendue et, d'autre part, en l'absence de saisine préalable du collège de médecins de l'OFII ;
o est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
o est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
o méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences sur sa situation personnelle.
- la décision fixant le pays de renvoi :
o est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
o méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
o méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 juin 2024 et 21 juin 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Favre,
- et les observations de Me Labelle, représentant Mme D.
Le préfet de l'Eure n'était pas présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante congolaise (République du Congo) née le 8 décembre 1984, déclare être entrée sur le territoire le 27 décembre 2020. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 23 avril 2021, puis par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 25 octobre 2021. Le 25 octobre 2021, elle a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, annulée par jugement du 22 décembre 2021 du tribunal. L'intéressée a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en tant qu'étranger malade valable du 27 juin 2022 au 26 juin 2023. Le 18 juillet 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par l'arrêté attaqué du 16 février 2024, le préfet de l'Eure a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur le moyen commun à l'arrêté attaqué :
2. L'arrêté attaqué cite, notamment, les dispositions des articles L. 425-9, L. 425-11, L. 611-1, L. 613-1, L. 611-3 et L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application à Mme D. Il mentionne également les considérations de fait, propres à cette dernière, qui constituent le fondement des décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.
Sur la décision portant refus de séjour :
3. En premier lieu, par un décret du 20 juillet 2022, publié au Journal officiel de la République française le 21 juillet 2022, M. C B a été nommé préfet de l'Eure à compter du 23 août 2022. M. B était donc compétent pour signer l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et des termes mêmes de l'arrêté attaqué, qui mentionne, notamment, la situation administrative et personnelle de Mme D, que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de cette dernière. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, Mme D a déposé une demande de titre de séjour au soutien de laquelle elle a pu faire état de tous les éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle, familiale et médicale. Elle ne pouvait, dès lors, ignorer qu'un rejet de cette demande l'exposait à une mesure d'éloignement. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée ait été privée de la possibilité d'apporter à l'administration, pendant l'instruction de sa demande, toutes les précisions qu'elle jugeait utiles tant au regard de son droit au séjour qu'au regard des conséquences d'un éventuel éloignement du territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendue, tel qu'il est garanti par le principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. (). La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. (). ". Aux termes de l'article R. 425-11 dudit code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 du même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R.425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. () Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. () ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " () / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que préalablement à la décision attaquée, le préfet a consulté le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui a émis le 8 décembre 2023, l'avis prévu par les dispositions précitées et l'a transmis le même jour au préfet de l'Eure. Par suite, le moyen tiré du défaut de saisine du collège de médecins de l'OFII doit être écarté.
8. D'autre part, pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par Mme D, le préfet de l'Eure s'est fondé notamment sur l'avis émis le 8 décembre 2023 par le collège des médecins de l'OFII, selon lequel son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et peut lui permettre de voyager sans risque vers le pays d'origine. Pour contredire l'appréciation portée par le préfet, l'intéressée fait valoir, selon un certificat médical établi le 19 novembre 2021, souffrir d'un trouble dépressif majeur, associé à un état de stress post-traumatique, lequel nécessite un traitement médicamenteux composé de neuroleptique d'antipsychotique et d'antidépresseur. La requérante se prévaut également d'un certificat médical du 10 avril 2024, non produit. Dans ces conditions, Mme D n'établit pas que son état de santé actuel nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, en prenant la décision contestée, le préfet de l'Eure n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
9. En cinquième lieu, Mme D, dont les conditions d'entrée et de séjour sur le territoire ont été rappelées au point 1, justifie être titulaire du titre professionnel d'assistant de vie aux familles délivré le 28 juin 2023, avoir travaillé en tant qu'agent polyvalent au mois d'octobre 2022, auxiliaire de vie de jour aux mois de juillet et août 2023 et agent des services hospitaliers à compter d'aout 2023. Elle fait également valoir une promesse d'embauche établie le 1er juin 2024 par une agence de services à la personne à Vernon. Toutefois, ces circonstances récentes sont insuffisantes pour caractériser une insertion sociale et professionnelle en France. Si la requérante se prévaut également de sa relation avec un ressortissant français depuis le mois de mars 2023, avec lequel la communauté de vie est établie depuis le mois de juillet 2023 et avec qui elle a conclu un pacte civil de solidarité le 9 avril 2024, celle-ci reste récente à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, il résulte ce qui a été énoncé au point 8 que l'intéressée n'établit pas que son état de santé actuel nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, Mme D ne justifie pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où résident ses six enfants. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice par le préfet de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ne peut davantage être accueilli.
10. En sixième lieu, Mme D ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont elle n'a pas demandé le bénéfice aux services de la préfecture, au regard de sa demande d'admission au séjour, et dont le préfet n'a pas fait application dans la décision contestée.
11. En dernier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative n'est tenue de saisir la commission de titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles visés par ces dispositions auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le préfet de l'Eure n'était pas tenu de soumettre le cas de Mme D à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 3, le moyen tiré de de l'incompétence du signataire de l'acte attaquée doit être écarté.
13. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.
14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 5 et 7, les moyens tirés du vice de procédure au regard de la méconnaissance de son droit à être entendue et en l'absence de saisine préalable du collège de médecins de l'OFII doivent être écartés.
15. En quatrième lieu, la décision portant refus de séjour n'étant pas illégale, les conclusions tendant à ce que soit annulée par voie de conséquence la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peuvent qu'être rejetées.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
17. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9, le préfet n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs de sa décision. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".
19. Mme D soutient encourir le risque de se voir infliger en cas de retour dans son pays d'origine un traitement inhumain et dégradant, ayant fui le domicile conjugal à la suite de son union forcée avec un rebelle ninja. Toutefois, elle ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité et la nature des risques auxquels elle serait personnellement soumise en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été énoncé au point 8 que l'intéressée n'établit pas que son état de santé actuel nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Enfin, sa demande d'asile a été rejetée le 23 avril 2021 par l'OFPRA puis le 25 octobre 2021 par la CNDA. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
20. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, les conclusions tendant à ce que soit annulée par voie de conséquence la décision portant fixation du pays de destination ne peuvent qu'être rejetées.
21. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
22. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 19, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 16 février 2024 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Cotraud, premier conseiller,
- Mme Favre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La rapporteure,
L. FAVRE
La présidente,
C. VAN MUYLDER
Le greffier,
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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