lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401512 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ELATRASSI-DIOME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 avril 2024, M. D A, représenté par Me Elatrassi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour mention " étudiant ", à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à titre subsidiaire la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la décision du 20 mars 2024 admettant M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () "
2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été pris M. C B qui disposait, en qualité de directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture de la Seine-Maritime, d'une délégation de signature du préfet du 30 janvier 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime n° 76-2023-009 du même jour. Dès lors, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur des décisions de refus de titre de séjour, d'obligation de quitter le territoire français et de désignation du pays de destination manquent en fait. Ces moyens de légalité externe sont, par suite, manifestement infondés.
3. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral du 27 novembre 2023 reproduit les termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont l'autorité administrative a fait application à la demande de M. A, ressortissant guinéen sollicitant le renouvellement de sa carte de séjour en qualité d'étudiant. L'arrêté contient ensuite une analyse de la progression des études de l'intéressé. La décision de refus de séjour comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En application du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Enfin, la décision fixant le pays de destination mentionne la nationalité du requérant et indique l'absence d'obstacle à son retour dans son pays d'origine au regard notamment des exigences de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, ces moyens de légalité externe sont manifestement infondés.
4. En troisième lieu, il ressort des motifs mêmes de l'arrêté attaqué que le moyen tiré du manquement de l'autorité administrative à son obligation d'examen particulier du dossier de M. A, soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre le refus de séjour, est assorti de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
5. En quatrième lieu, l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination attaquées ont été prises à l'occasion de l'édiction d'une décision statuant sur une demande de renouvellement de carte de séjour formulée par le requérant lui-même. Ce dernier n'a donc pas été privé du droit de faire valoir tout élément qu'il souhaitait faire valoir auprès de l'administration. Il ne livre au demeurant dans sa requête aucun fait ou circonstance qui, s'il avait été porté à la connaissance de l'autorité administrative, eût été susceptible de modifier son appréciation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit de M. A d'être entendu préalablement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination attaquée est un moyen de légalité externe manifestement infondé.
6. En cinquième lieu, le requérant a été ajourné aux épreuves de première année de licence de sociologie à l'issue de l'année universitaire 2020/2021. Il l'a été à nouveau à l'issue de l'année universitaire 2021/2022 après qu'il s'était inscrit en première année de licence d'économie et où il a été déclaré défaillant aux deux sessions d'examen. Il a encore échoué aux épreuves de fin de première année de licence d'économie à laquelle il s'était réinscrit pour l'année universitaire 2022/2023. Réinscrit pour la quatrième année consécutive en première année de licence, le requérant ne donne aucune précision ni ne produit aucune justification quant à cette absence de toute progression. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Seine-Maritime se serait livré à une appréciation inexacte du caractère sérieux des études au sens et pour l'application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien et n'est, au surplus, manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En sixième lieu, la circulaire du ministre de l'intérieur du 7 octobre 2008 relative aux critères d'appréciation du caractère réel et sérieux des études n'ajoute ni ne s'écarte de la loi. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet acte sans portée normative est inopérant.
8. En septième lieu, M. A se borne à se prévaloir de contrats de mission temporaire exécutés dans le cadre de ses études. Cette seule circonstance constitue des faits manifestement insusceptibles de venir au soutien des moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, invoqués à l'appui des conclusions dirigées contre la décision de refus de renouvellement de la carte de séjour et contre l'obligation de quitter le territoire français.
9. En huitième lieu, invoqués sans autre argumentation que par un renvoi général aux autres considérations de la requête, les moyens, articulés à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, tirés d'une erreur manifeste d'appréciation ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
10. En neuvième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français repose sur une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour entachée d'illégalité n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
11. En dixième lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination repose sur une obligation de quitter le territoire français entachée d'illégalité n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.
12. En dernier lieu, la seule nationalité guinéenne de M. A ne suffit pas à conclure à l'existence d'un risque de traitements inhumains ou dégradants encourus par ce dernier en cas de retour dans son pays d'origine. Le jeune étudiant ne donne aucune précision sur la nature d'un quelconque risque à cet égard. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auxquelles renvoie le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien et n'est manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est manifestement pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 novembre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A, à Me Djehanne Elatrassi et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 6 mai 2024.
Le président de la 1ère chambre,
P. MINNE
N°240151
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026