lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401558 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BOYLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. B C, représenté par Me Boyle, demande :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 15 mars 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir ses conditions matérielles d'accueil à compter du 5 mars 2024 et ce, dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte journalière de cent euros ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, subsidiairement, de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
' la condition tenant à l'urgence à suspendre est remplie ;
' la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée est remplie dès lors que :
- cette décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- cette décision méconnaît le 2° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'il n'a pas quitté le lieu d'hébergement qui lui avait été proposé ;
- son cas relevait plutôt de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui permet le refus des conditions matérielles d'accueil dans le cas où la proposition d'hébergement est refusée ;
- s'il est vrai qu'il a décliné l'offre faite en Guyane, dans la mesure où il avait trouvé un logement par l'entremise de son frère, il n'a néanmoins pas été informé des conséquences d'un refus de la proposition d'hébergement dans une langue qu'il comprend, en méconnaissance de l'article L. 141-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 551-23 de ce code ;
- il justifie de motifs légitimes, tenant à son état de santé et de la situation particulière qui l'a conduit à se déplacer en Guyane puis à se rendre sur le territoire métropolitain de la France, où il se trouve isolé, pour solliciter le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte au sens de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013.
Par un mémoire, enregistré le 3 mai 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
L'office soutient que :
- l'urgence invoquée par le requérant résulte de son fait ;
- il demande, par substitution de base légale, l'application du 2° de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au lieu du 2° de l'article L. 551-16 du même code initialement appliqué ;
- cette substitution, qui fonde une décision de refus des conditions matérielles d'accueil de portée équivalente à une décision de refus de rétablissement de ces conditions, procède d'un pouvoir d'appréciation similaire et ne prive pas le requérant d'une quelconque garantie ;
- la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 10 mars 2023, prise après que M. C avait refusé une solution d'hébergement en Guyane, est devenue définitive et ne peut plus être discutée ;
- aucun autre moyen n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président a désigné M. A comme juge des référés ;
- la requête, enregistrée le 19 avril 2024 sous le n° 2401557, par laquelle M. C demande, notamment, l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier, notamment celles versée le 5 mai 2024 pour M. C.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir régulièrement convoqué à une audience publique :
- Me Boyle ;
- et l'OFII.
Après la présentation du rapport, au cours de l'audience publique du 6 mai 2024 à 9 h 08, ont été entendues les observations de Me Niakaté, pour M. C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et ajoute que la substitution de base légale demandée par l'OFII ne justifie la légalité de la décision attaquée dès lors que cette opération prive M. C de la garantie, non respectée à l'époque de la première décision de cessation des conditions matérielles d'accueil en Guyane de la garantie d'avoir pu comprendre, dans une langue qu'il comprend, les conséquences découlant d'un refus de l'hébergement qu'il avait manifesté, en toute légitimité d'ailleurs compte tenu de son état de santé et de ses liens avec son frère ; précise qu'il dispose du droit de se maintenir sur le territoire en qualité de demandeur d'asile comme l'a estimé le tribunal administratif de Paris ; souligne que son passeport est irrégulièrement retenu par le préfet de police et que, pour cette seule raison, il ne peut se prévaloir des droits attachés à son autorisation provisoire de séjour.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. C, ressortissant de la République démocratique du Congo, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () "
3. Aucun des moyens susvisés n'est, en l'état de l'instruction, propre à susciter un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 15 mars 2024 attaquée, laquelle consiste en réalité à refuser les conditions matérielles d'accueil à M. C, ressortissant marocain, après qu'il y avait été mis fin une première fois par une décision du 10 mars 2023, devenue définitive. Cette précédente décision ne constitue pas la base légale de la décision du 15 mars 2024 attaquée, pas plus que cette dernière décision n'a été prise pour l'application de la décision du 10 mars 2023.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence à statuer, que M. C n'est pas fondé à demander la suspension des effets de la décision du 15 mars 2024 par laquelle l'OFII a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil sur le territoire métropolitain de la France. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me David Boyle et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Rouen, le 6 mai 2024.
Le juge des référés,
signé
P. A Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2401558
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026