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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401604

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401604

vendredi 26 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401604
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 avril 2024 à 13h52, M. A B, alors retenu au centre de rétention administrative de Oissel, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté en date du 20 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quarante-huit mois ;

2) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui a produit des pièces sans présenter d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, ressortissant de la république de Maurice né en 1993, a été interpellé le 19 avril 2024 par des fonctionnaires de police sur le territoire du département de la Seine-Saint-Denis pour des faits de conduite sans permis et de détention illicite de stupéfiants. Au cours de la mesure de garde à vue dont il a fait l'objet, il s'est vu notifier deux arrêtés du préfet de la Seine-Saint-Denis, le premier portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, le second ordonnant son placement dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire. Il a ensuite été transféré au centre de rétention administrative de Oissel puis libéré par le juge des libertés et de la détention. Par la présente requête, il demande à titre principal l'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français et des décisions subséquentes.

2. D'une part, il résulte des dispositions du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif peut, par ordonnance, rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance. En outre, aux termes de l'article R. 351-4 du même code, " Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif () est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ", et aux termes de l'article R. 776-19 du code de justice administrative, " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative / Dans le cas prévu à l'alinéa précédent, mention du dépôt est faite sur un registre ouvert à cet effet. Un récépissé indiquant la date et l'heure du dépôt est délivré au requérant / L'autorité qui a reçu la requête la transmet sans délai et par tous moyens au président du tribunal administratif ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, pris concomitamment avec une décision de placement en rétention, a été notifié à M. B, qui a déclaré lire et comprendre la langue française, le 20 avril 2024 à 16h00. La mention des voies et délais de recours expose clairement qu'en cas de rétention, le recours peut être déposé auprès du chef d'établissement, ainsi qu'il résulte des dispositions précitées de l'article R. 776-19 du code de justice administrative et ce que rappelle également, au surplus, le règlement intérieur du local de rétention, notifié au requérant le même jour. Les assertions de M. B selon lesquelles il n'aurait pas été en mesure de former son recours au local de rétention ne sont assorties ni des précisions suffisantes ni d'aucun commencement de preuve.

5. Il résulte de ce qui précède que le délai de recours de quarante-huit heures, qui a commencé à courir le 20 avril 2024 à 16h00, était expiré lorsque M. B a saisi le tribunal le 23 avril 2024 à 13h52. Par suite, sa requête est tardive. Manifestement irrecevable et insusceptible d'être régularisée, elle peut être rejetée par ordonnance sur le fondement des dispositions de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Rouen, le 26 avril 2024.

Le magistrat désigné,

R. Mulot

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401604

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