mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401610 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | LEROY Magali |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, M. B A, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de mettre fin à toute mesure de surveillance ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 960 euros TTC sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, à titre subsidiaire, une somme de 960 euros TTC à lui verser directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée en méconnaissance de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 730-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est dépourvue de base légale ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Cazcarra, première conseillère, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cazcarra, magistrate désignée ;
- les observations de Me Leroy, représentant M. A, qui reprend et développe les conclusions et moyens de sa requête en ajoutant que l'arrêté en litige est illégal en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, elle-même fondée sur un refus de titre de séjour illégal.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Connaissance prise de la note en délibérée, présentée pour le requérant, enregistrée le 27 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant sénégalais né le 18 décembre 2003, déclare être entré en France le 15 mai 2017. Il a été pris en charge par les services départementaux de l'aide sociale à l'enfance et, le 9 août 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 4 août 2023, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du 11 avril 2024, le tribunal administratif de Rouen a rejeté les conclusions aux fins d'annulation de cet arrêté, présentées par M. A. Le 22 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime a pris un arrêté portant assignation à résidence de M. A pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 22 avril 2024.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. A à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
3. En premier lieu, la décision litigieuse comporte les considérations de droit et de fait qui la fondent et notamment le fait que M. A a fait l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'un délai de départ volontaire, confirmée par la juridiction administrative le 11 avril 2024, permettant à l'intéressé de connaître, à sa seule lecture, les raisons pour lesquelles il fait l'objet d'une assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision d'assignation à résidence litigieuse doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué qu'il a été pris à l'issue d'un examen de la situation particulière du requérant.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 731-1 du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet le 4 août 2023 d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, soit moins d'un an avant l'édiction le 22 avril 2024 de la décision attaquée d'assignation à résidence. Dans ces conditions, et alors que la mesure d'éloignement a été jugée légale par un jugement du 11 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime n'a pas méconnu les dispositions précitées en prenant la décision attaquée. Pour ces mêmes motifs, les moyens tirés du défaut de base légale de l'assignation à résidence attaquée et de l'exception d'illégalité ne peuvent qu'être écartés.
7. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime, qui a pris en considération la situation personnelle de M. A, se serait cru en situation de compétence liée pour prononcer la décision attaquée d'assignation à résidence. Le moyen tiré d'une erreur de droit doit ainsi être écarté.
8. En dernier lieu, en assignant à résidence M. A à son domicile pendant quarante-cinq jours avec obligation de se présenter dans les locaux de la police aux frontières de Rouen une fois par semaine, le lundi entre 9h00 et 12h00 ou entre 13h00 et 17h00, l'arrêté du 22 avril 2024 ne méconnaît pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour ces mêmes motifs, il n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Leroy et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La magistrate désignée,
L. CAZCARRALa greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026