mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401616 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | SOMDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 avril 2024, Mme F, représentée par Me Somda, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que l'arrêté :
* a été adopté par une autorité incompétente ;
* méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne relatif au droit d'être entendu préalablement à toute décision défavorable ;
* souffre d'une motivation insuffisante ;
* repose sur une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses attaches sur le territoire français.
Par mémoires en défense et en production de pièces, enregistrés le 3 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu :
la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. D comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
les autres pièces du dossier.
Vu :
la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
le code des relations entre le public et l'administration ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique du 24 mai 2024, présenté son rapport et entendu les observations orales de :
* Me Somda, avocate assistant Mme A qui soutient que :
- la décision n'a pas été adoptée à la suite d'un examen approfondi de sa situation comme le révèle l'erreur portée sur sa date d'entrée en France dès lors qu'elle y est entrée sous couvert d'un visa le 10 novembre 2022 ;
- elle n'a pas été en mesure de présenter ses observations ;
- sa relation amoureuse est stable en France ;
- elle souhaite faire venir sa fille en raison des risques pesant sur elle ;
- elle ne sera pas une charge pour la société française ;
* Mme A qui soutient que :
- elle n'a pas été en mesure de venir en France avec sa fille ;
- elle était engagée dans la relation sentimentale avec son compagnon avant d'arriver sur le territoire français.
L'instruction étant close à l'issue de l'audience à 9 heures 15, en application de l'article R.776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne, née le 5 mai 1984, a déposé une demande d'asile en préfecture le 12 juin 2023 qui a été rejetée le 20 octobre 2023 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et le 28 février 2024 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par décision du 9 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours aux motifs que Mme A ne peut se prévaloir de la qualité de réfugié ni du bénéfice de la protection subsidiaire, qu'elle ne dispose plus du droit de se maintenir sur le territoire français, qu'elle ne pouvait pas être admise au séjour sur un autre fondement que sa demande de protection internationale, que se déclarant célibataire et mère d'un enfant ne résidant pas en France, elle n'établit pas la nécessité de sa présence en France ni être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, qu'elle ne remplit aucune des conditions permettant la délivrance de plein droit d'un titre, que sa situation personnelle ne permet pas de considérer qu'il serait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale, que sa situation ne contrevient pas aux stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que rien ne s'oppose à ce qu'elle soit obligée de quitter le territoire français. Mme A demande l'annulation de ces décisions.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président [] ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " [] L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. " Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'accorder, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme A à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, Mme E C qui a signé les décisions attaquées, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de la Seine-Maritime en date du 21 mars 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet notamment de signer les décisions en litige. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait.
4. En deuxième lieu, les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ces décisions, prises après un examen particulier de la situation de Mme A par le préfet de la Seine-Maritime, nonobstant l'erreur commise dans l'arrêté en ce qui concerne la date d'entrée sur le territoire français de la requérante, sont donc suffisamment motivées.
5. En troisième lieu, l'étranger, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, y compris au titre de l'asile, en raison même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, et, le cas échéant, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire utile, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise postérieurement au prononcé de la décision de l'OFPRA refusant la qualité de réfugié à Mme A. Il appartenait à l'intéressée de fournir spontanément à l'administration, avant comme après le rejet de sa demande d'asile, tout élément utile relatif à sa situation. Elle n'établit pas avoir présenté de tels éléments alors, au surplus, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A disposait d'informations tenant à sa situation personnelle qu'elle a été empêchée de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise à son encontre la mesure qu'elle conteste et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté.
6. En dernier lieu, Mme A, entrée sur le territoire français le 10 novembre 2022, soutient qu'elle a établi le centre de ses intérêts en France où elle a tissé une relation amoureuse. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée, célibataire et dont l'enfant ne réside pas en France, n'est entrée en France qu'à l'âge de trente-neuf ans après avoir toujours vécu dans son pays d'origine où réside sa fille, née en 2015, qui n'a été reconnue par M. A qu'en 2019. Aucune pièce ne vient justifier d'une quelconque participation de ce dernier à l'entretien et l'éducation de l'enfant alors qu'aucun élément ne vient davantage étayer les allégations selon lesquelles la requérante entretiendrait, en France, une relation amoureuse avec M. B. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour de l'intéressée en France, il n'est pas établi que l'arrêté en litige du préfet de la Seine-Maritime en date du 9 avril 2024 soit entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme A.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 9 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F, à Me Aminata Somda et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
Le magistrat désigné,Le greffier,
signé signé
T. D N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
H. TOSTIVINT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026