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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401627

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401627

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401627
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSOUTY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et une pièce enregistrées le 25 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Souty, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, à l'administration de lui fournir une alimentation adaptée, sous astreinte de 10 000 euros par heure de retard ou, à défaut, de mettre fin à sa rétention et d'ordonner sa libération immédiate ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Armand, premier conseiller faisant fonction de président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

3. Mme A, ressortissante algérienne née le 19 février 1996 et actuellement maintenue au centre de rétention administrative de Oissel, souffre de la maladie de Crohn, qui nécessite, après une crise, de suivre une alimentation adaptée. Pour justifier de l'urgence, elle soutient que l'administration ne lui a pas fourni une telle alimentation. Toutefois, et d'une part, elle ne produit aucune pièce de nature à établir qu'elle aurait effectivement subi une crise au cours de sa période de rétention, dont la durée n'est, au demeurant, pas précisée, ni, d'autre part, que l'administration aurait refusé d'accéder à sa demande, en produisant uniquement un courriel envoyé par son conseil le 24 avril 2024 à 14 heures 56, qui se borne à solliciter un rendez-vous médical pour confirmer la nécessité d'un régime alimentaire adapté. En outre, la requérante ne démontre pas que sa famille, même si elle réside à Roubaix, ou même son conseil, seraient dans l'impossibilité de lui apporter les aliments dont elle a besoin durant le temps nécessaire pour permettre à l'administration de prendre les dispositions utiles à cette fin. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête pour défaut d'urgence, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et Me Souty.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Nord.

Fait à Rouen, le 25 avril 2024.

Le juge des référés,

Signé :

G. Armand

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401627

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