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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401645

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401645

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401645
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 avril 2024, M. C B, représenté par Me Leprince, demande au tribunal :

1) d'annuler pour excès de pouvoir :

- l'arrêté du 24 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois ;

- l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence à son domicile, lui a fait interdiction de quitter sans autorisation les communes de la circonscription de sécurité publique du Havre et a défini ses obligations de présentation ;

2) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise sans que ne soit réalisé l'examen de son droit au séjour prévu par l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle procède d'un défaut d'examen particulier ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle repose sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle repose sur une obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur l'arrêté portant assignation à résidence :

- il a été pris en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne d'être entendu avant toute décision individuelle défavorable ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il repose sur une obligation de quitter le territoire français sans délai elle-même illégale.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête ; il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Mulot, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 29 avril 2024 à 10h30, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Leprince, avocate du requérant, qui reprend et complète les conclusions et moyens de la requête ;

- et les observations de M. B, entendu en langue française.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. C B, ressortissant guinéen né en 1995, est entré en France le 26 juin 2019 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant. Il a fait l'objet le 24 avril 2024 d'un contrôle d'identité et a été placé en retenue pour vérification de son droit au séjour et de circulation. Au cours cette mesure, il s'est vu notifier deux arrêtés du préfet de la Seine-Maritime, l'un portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois, l'autre l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, M. B demande à titre principal l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".

3. Si l'obligation de respecter les droits de la défense pèse en principe sur les administrations des Etats membres lorsqu'elles prennent des mesures entrant dans le champ d'application du droit de l'Union, il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles doit être assuré, pour les ressortissants des Etats tiers en situation irrégulière, le respect du droit d'être entendu. Ce droit, qui se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts, ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

4. Dans le cadre ainsi posé, et s'agissant plus particulièrement des décisions relatives au séjour des étrangers, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans ses arrêts C-166/13 Sophie Mukarubega du 5 novembre 2014 et C-249/13 Khaled Boudjlida du 11 décembre 2014, que le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour.

5. Lors de la mesure de retenue pour vérification de son droit au séjour et de circulation dont il a fait l'objet, M. B a été auditionné par un fonctionnaire de police qui l'a interrogé notamment sur sa situation personnelle et familiale, l'irrégularité de son séjour, ses moyens de subsistance et invité à présenter des observations sur le prononcé éventuel d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, alors même que M. B n'a pas informé l'autorité administrative de ce qu'il entretient une relation de couple avec une ressortissante française, il a été mis à même de présenter utilement des observations et le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit, dès lors, être écarté.

6. En deuxième lieu, la décision comporte la mention des considérations de droit et de fait qui la fondent ; elle est, par suite, suffisamment motivée.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " La décision portant obligation de quitter le territoire français est () édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ".

8. Si M. B soutient que le préfet de la Seine-Maritime n'a pas vérifié son droit au séjour, il ressort des termes mêmes de l'arrêté que l'autorité administrative a rappelé que l'intéressé avait été titulaire de cartes de séjour temporaire régulièrement renouvelées en qualité d'étudiant, qu'il avait interrompu son cursus universitaire et qu'il se maintenait depuis août 2022 sans titre l'autorisant à demeurer en France, a examiné ses conditions de résidence et ses liens professionnels, privés et familiaux, de sorte qu'elle a procédé à la vérification du droit au séjour pour l'application des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de leur méconnaissance doit être écarté. Pour les mêmes motifs, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'autorité administrative n'aurait pas procédé à un examen de sa situation particulière.

9. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ". En application de ces stipulations, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.

10. Il ressort des pièces du dossier ainsi que des déclarations concordantes formulées lors de l'audience publique que M. B entretient une relation de couple avec Mme A, de nationalité française, dont la sincérité peut être tenue pour acquise. Toutefois, l'ancienneté alléguée de la relation depuis 2020 n'est pas établie, le couple n'a pas d'enfant et ses membres résident séparément. En outre, M. B est entré en France avec un visa puis un titre de séjour ne lui donnant pas vocation à s'établir durablement sur le territoire et il a conservé de fortes attaches en Guinée où réside selon ses propres termes toute sa famille, notamment sa mère et ses trois frères et sœur. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris.

11. En dernier lieu, outre ce qui a déjà été exposé, il ressort des pièces du dossier que M. B fait preuve d'une réelle volonté d'intégration par le travail, ayant exercé dans les métiers de la restauration et ayant en dernier lieu conclu un contrat de travail à durée indéterminée en qualité de chef de rang avec un établissement prestigieux de Basse-Normandie, et il dispose de ressources et d'un logement autonome. Toutefois, l'éventuelle erreur d'appréciation commise par le préfet de la Seine-Maritime ne revêt pas de caractère manifeste, seul de nature à entrainer l'annulation par le juge de l'excès de pouvoir.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

12. En premier lieu, en indiquant que M. B n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, le préfet de la Seine-Maritime a suffisamment motivé sa décision.

13. En second lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays à destination duquel M. B pourra être éloigné ne peut qu'être écartée.

En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et l'arrêté d'assignation à résidence :

14. Le premier alinéa de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". L'article L. 612-2 du même code prévoit que par dérogation, " l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 dudit code, " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants () 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour () sans en avoir demandé le renouvellement () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

15. Pour édicter la décision en litige, l'autorité administrative a retenu l'existence d'un risque de fuite en se fondant sur le 3° et le 8° des dispositions précitées.

16. Contrairement à ce qu'a retenu le préfet de la Seine-Maritime pour motiver son arrêté, M. B justifie devant le tribunal disposer d'un passeport en cours de validité, délivré par les autorités de son pays d'origine, ainsi que d'un logement stable sur le territoire de la commune du Havre. En outre, il ressort des procès-verbaux de police qu'il a coopéré avec les autorités, sans dissimuler des éléments de sa situation ou s'opposer aux opérations de relevé d'empreintes ou de prises de photographies. Dès lors, le préfet de la Seine-Maritime n'a pu légalement se fonder sur les dispositions du 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour estimer que le risque de soustraction était établi.

17. En outre, compte-tenu des termes tant de l'arrêté attaqué que du mémoire en défense, il ne résulte pas suffisamment de l'instruction que le préfet de la Seine-Maritime aurait pris la même décision s'il s'était fondé exclusivement sur les dispositions du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour estimer établi le risque de soustraction à la mesure d'obligation de quitter le territoire français.

18. Il suit de là que M. B est fondé à soutenir que la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, ainsi que par voie de conséquence celle de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et de l'arrêté l'assignant à résidence, qui sont privés de base légale.

Sur les conclusions accessoires :

20. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1 () et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification ", et aux termes de l'article L. 614-18 du même code, " Si la décision d'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 est annulée, il est immédiatement mis fin à cette mesure et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français ".

21. En application de ces dispositions, il appartient seulement au préfet compétent de fixer à M. B, s'il entend poursuivre son éloignement, un délai de départ volontaire, qui courra à compter de sa notification. Toutefois, cette fixation ne présente pas le caractère d'une mesure d'injonction nécessairement impliquée par le jugement au sens des articles L. 911-1 à L. 911-3 du code de justice administrative, de sorte que les conclusions présentées à ce titre par le requérant ne peuvent qu'être rejetées. Il en va de même des conclusions tendant à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, qui n'est pas nécessairement impliquée par le jugement.

22. Enfin il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Seine-Maritime est annulé en tant qu'il refuse d'accorder à M. B un délai de départ volontaire et qu'il lui fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de six mois.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Seine-Maritime assignant M. B à résidence est annulé.

Article 3 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : En application des dispositions des articles L. 614-17 et L. 614-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à M. B qu'il lui appartiendra de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera éventuellement fixé par l'autorité administrative.

Article 5 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime.

En application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative, copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire du Havre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

Le magistrat désigné,

R. Mulot

La greffière,

A. Lenfant

La République mande et ordonne au préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401645

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