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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401653

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401653

jeudi 13 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401653
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2 ème Chambre
Avocat requérantLENGLET, MALBESIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 26 avril et 2 décembre 2024, la SNC Bourg Achard 1, représentée par Me Boyer, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel la maire de la commune de Bourg-Achard a refusé de lui délivrer le permis d'aménager n° PA 027 103 20 S0001 sollicité pour la construction de 32 lots à bâtir, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux du 26 février 2024 ;

2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Bourg-Achard à titre principal de délivrer un certificat de permis d'aménager tacite, et à titre subsidiaire de délivrer le permis d'aménager sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bourg-Achard une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête n'a pas été introduite tardivement ;

- l'arrêté attaqué procède au retrait du permis tacite délivré le 27 octobre 2023 et est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de procédure contradictoire préalable ;

- il n'est pas motivé ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, la commune de Bourg-Achard conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de la SNC Bourg-Achard 1 une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir, à titre principal que la requête est irrecevable car elle a été introduite tardivement, et à titre subsidiaire que les moyens de la requête ne sont pas fondés et présente une demande de substitution de motifs en soutenant que la décision attaquée peut légalement être fondée sur la méconnaissance par le projet de l'article UB3 du règlement du PLU de la commune de Bourg-Achard relatif aux conditions d'accès et de voirie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol,

- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique,

- les observations de Me Mekkaoui, substituant Me Boyer, représentant la SNC Bourg Achard 1,

- et de Me Piot, substituant Me Malbesin, représentant la commune de Bourg-Achard.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 mai 2023, la SNC Bourg Achard 1 a déposé une demande de permis d'aménager pour la réalisation d'un lotissement de trente-deux lots à bâtir sur les parcelles cadastrées YA0012 et YA011 sur le territoire de la commune de Bourg-Achard. Par un arrêté du 24 octobre 2023, le maire de la commune de Bourg-Achard a refusé de lui délivrer ce permis d'aménager. La SNC Bourg Achard 1 a formé à l'encontre de cet arrêté un recours gracieux, qui a été rejeté par une décision du 26 février 2024. La SNC Bourg Achard 1 demande l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2023 et de la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () "

3. La commune de Bourg-Achard fait valoir que la requête est tardive dès lors qu'en l'absence de preuve de la date du recours gracieux, celui-ci ne peut avoir prolongé le délai de recours contentieux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le recours gracieux, contestant la décision attaquée du 24 octobre 2023 notifiée le 30 octobre 2023, a été adressé à la commune par un pli, mentionnant " recours gracieux ", notifié le 26 décembre 2023. Dans ces circonstances, le recours gracieux a été présenté dans le délai de recours contentieux et a été de nature à interrompre ce délai. Le recours gracieux a été rejeté par une décision du 26 février 2024. La requête du 26 avril 2024 n'a ainsi pas été introduite tardivement. La fin de non-recevoir soulevée en ce sens doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction de droit commun est de : / () c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. " Aux termes de l'article R. 423-19 de ce code : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. " Aux termes de l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. " Enfin, aux termes de l'article R. 424-1 du code de l'urbanisme : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : / () b) Permis de construire, permis d'aménager ou permis de démolir tacite. " Aux termes de l'article R. 424-10 du code de l'urbanisme : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal. () "

5. Si le demandeur produit, dans ce délai de trois mois à compter de la réception du courrier l'invitant à compléter sa demande, l'ensemble des pièces manquantes répondant aux exigences du livre IV de la partie réglementaire du code de l'urbanisme, le délai d'instruction commence à courir à la date à laquelle l'administration les reçoit et, si aucune décision n'est notifiée à l'issue du délai d'instruction, un permis d'aménager est tacitement accordé.

6. Il résulte des dispositions des articles R. 424-1, L. 424-5 et R. 423-23 du code de l'urbanisme que l'auteur d'une demande de permis d'aménager doit être mis en mesure de savoir de façon certaine, au terme du délai d'instruction prévu par le code de l'urbanisme, s'il peut ou non entreprendre les travaux objet de cette déclaration. La notification de la décision de refus de permis d'aménager avant l'expiration du délai d'instruction constitue, dès lors, une condition de la légalité de cette décision.

7. D'autre part, aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. " Aux termes de l'article L. 211-2 de ce code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; "

8. La décision portant retrait d'un permis de construire est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations.

9. Il ressort des pièces du dossier que la SNC Bourg Achard 1 a déposé son dossier de demande du permis d'aménager n°PA 027 103 23 S0001 le 25 mai 2023. La SNC Bourg Achard 1 a produit des pièces complémentaires le 27 juillet 2023, en réponse à une demande du 16 juin 2023. Il ressort des pièces du dossier qu'en son dernier état, le dossier de demande de permis d'aménager était complet. En application des dispositions du code de l'urbanisme précitées, la SNC Bourg Achard 1 était donc bénéficiaire d'un permis tacite délivré le 27 octobre 2023, à l'issue du délai d'instruction de trois mois. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée de refus de permis d'aménager du 24 octobre 2023 n'a été notifiée par courrier avec accusé de réception à la SNC Bourg Achard que le 30 octobre 2023, soit postérieurement à la naissance du permis tacite. L'arrêté attaqué doit ainsi être regardé comme procédant au retrait du permis tacite délivré le 27 octobre 2023.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, préalablement à la décision attaquée portant retrait et refus de permis d'aménager, la commune de Bourg-Achard aurait mis en œuvre une procédure contradictoire. Ce vice est de nature à avoir privé la SNC Bourg Achard 1 d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du défaut de procédure contradictoire en application de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être accueilli.

11. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. "

12. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

13. Pour fonder la décision attaquée, la commune de Bourg-Achard a retenu, sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, qu'il existait un risque pour la sécurité publique dès lors que les réseaux et ouvrages de relèvement existants ne sont pas dimensionnés pour permettre de gérer dans des conditions acceptables les eaux usées du projet, et que les plans fournis ne permettent pas d'apprécier si la benne à ordures ménagères peut circuler sur la voie interne sans obstacle et en toute sécurité.

14. D'une part, aux termes de l'article UB4 du règlement du PLU de la commune de Bourg-Achard : " 2- Assainissement des eaux usées / - Toute construction occasionnant des rejets d'eau usée doit être raccordée au réseau d'assainissement collectif, par un dispositif d'évacuation adapté de type séparatif conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. / - En l'absence de réseau d'assainissement collectif ou en cas d'impossibilité technique pour se raccorder au réseau, toutes les eaux usées doivent être dirigées sur des dispositifs de traitement conformes à la réglementation en vigueur et au schéma d'assainissement porté en annexe sanitaire. Dans ce cas les installations doivent être conçues de manière à pouvoir être branchées sur le réseau lorsqu'il sera réalisé. Les intéressés doivent s'informer des travaux à venir en matière d'assainissement. Ils seront tenus, dès la fin de la réalisation du réseau, de se brancher à leurs propres frais sur ce réseau et devront satisfaire à toutes les obligations réglementaires vis à vis du gestionnaire de ce réseau. / - L'évacuation des eaux usées d'origine artisanale dans le réseau public d'assainissement, si elle est autorisée, doit être assortie d'un pré-traitement approprié à la composition et à la nature des effluents. "

15. Il est constant que le terrain d'assiette est situé dans une zone d'assainissement collectif et que différents points de raccordement au réseau sont situés à proximité, notamment, celui de la " rue des peupliers ". Il ressort des pièces du dossier que les services assainissement de la communauté de communes Roumois Seine ont rendu le 23 juin 2023 un avis défavorable au projet en retenant que " d'après l'exploitant des ouvrages d'assainissement, les réseaux et ouvrages de prélèvement existants ne sont pas dimensionnés pour permettre de gérer dans des conditions acceptables les eaux usées qui proviendrait de ce projet ". Toutefois, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'étude de dimensionnement réalisée en juin 2024, qui est de nature à éclairer la situation du réseau d'eaux usées à la date de la décision attaquée, que les eaux usées des trente-deux logements du projet seront traitées par le point de raccordement de la rue des peupliers dont le débit est de pompage est de 12m3 par heure alors que la charge hydraulique journalière après la création du lotissement est évaluée à 14,5 m3 par jour. L'étude conclut en indiquant que " le raccordement des 32 logements du futur lotissement n'impactera pas le fonctionnement du point de raccordement de la Rue des Peupliers. Les capacités de pompage en place sont suffisantes pour absorber les apports du futur lotissement sans travaux y compris en pointe horaire de temps sec ". La commune n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause les données de cette étude et se borne à renvoyer à l'avis des services d'assainissement syndicat d'assainissement lequel renvoie à une appréciation portée par " l'exploitant des ouvrages d'assainissement " sans en reproduire le contenu. Dans ces conditions, en l'état du dossier, il n'est pas établi que le projet présentait un risque pour la sécurité et la salubrité publiques au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme de nature à justifier un refus du permis d'aménager. Cette branche du moyen doit, par suite, être accueillie.

16. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le services " déchets " de la communauté de communes Roumois Seine a rendu le 12 juillet 2023 un avis défavorable au projet en indiquant que les plans fournis ne permettent pas d'apprécier les conditions de circulation de la benne à ordure ménagère, qu'une épure de giration doit être réalisée et que les points de présentation des ordures ménagères doivent être créés en dehors des voies de circulation. La SNC Bourg Achard 1 a réalisé et produit une épure giratoire de nature à déterminer, en tenant compte des dimensions des véhicules de retrait des ordures ménagères et de la voie interne du projet, les modalités de circulation de ces véhicules à l'intérieur du projet. S'il ressort de cette étude que le gabarit des camions dépasse dans les virages sur le trottoir, il est constant que les roues des véhicules restent sur la voie et ne nécessitent aucun chevauchement des trottoirs. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'ensemble de la chaussée mixte est d'une largeur de 5 mètres et comprend une voie de circulation de 3,50 mètres. La chaussée mixte est en outre qualifiée de zone de rencontre. Enfin, il ressort de la notice du projet que la circulation sur la voie interne sera limitée à 20km/h. Dans ces conditions, le seul dépassement ponctuel et léger du gabarit des véhicules de traitement des déchets n'est pas de nature à établir l'existence d'un risque pour la sécurité publique au sens des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'administration ne pouvait assortir un permis de prescriptions précises et limitées pour réduire le risque identifié. Cette branche du moyen doit, par suite, être accueillie.

17. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. /La délivrance antérieure d'une autorisation d'urbanisme sur un terrain donné ne fait pas obstacle au dépôt par le même bénéficiaire de ladite autorisation d'une nouvelle demande d'autorisation visant le même terrain. Le dépôt de cette nouvelle demande d'autorisation ne nécessite pas d'obtenir le retrait de l'autorisation précédemment délivrée et n'emporte pas retrait implicite de cette dernière. "

19. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 11 à 17, la SNC Bourg Achard 1 est fondée à soutenir que l'unique motif de la décision attaquée tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme était illégal. Il s'ensuit qu'en procédant au retrait du permis d'aménager tacite délivré le 27 octobre 2023 en se fondant sur cet unique motif, la commune de Bourg-Achard a méconnu les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que le permis tacite était illégal.

20. En quatrième lieu, l'administration ne peut utilement demander la substitution au motif illégal retenu par une décision d'autres motifs dès lors que la décision n'est pas illégale pour un vice tenant aux motifs qui la fondent mais pour une irrégularité de procédure.

21. En l'espèce, la commune de Bourg-Achard présente une demande substitution de motifs en invoquant la méconnaissance des dispositions de l'article UB3 du règlement du PLU de la commune de Bourg-Achard relatif aux conditions d'accès et de voirie du projet. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que, dès lors que la décision attaquée est notamment entachée d'un vice de procédure tiré du défaut de procédure contradictoire ayant précédé le retrait du permis tacite dont bénéficiait la pétitionnaire, il ne peut être fait droit à la demande de substitution de motifs sollicitée en défense.

22. Il résulte de tout ce qui précède que la SNC Bourg Achard 1 est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel la maire de la commune de Bourg-Achard a refusé de lui délivrer un permis d'aménager, ainsi que de la décision du rejet de son recours gracieux. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le dernier moyen de la requête n'est pas susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

23. Il y a lieu d'enjoindre d'office à la commune de Bourg-Achard de délivrer à la SNC Bourg Achard 1 un certificat de permis d'aménager tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la SNC Bourg Achard 1, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la commune de Bourg-Achard une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bourg-Achard une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SNC Bourg Achard 1 et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 24 octobre 2023 par lequel le maire de la commune de Bourg-Achard a refusé de délivrer le permis d'aménager sollicité par la SNC Bourg Achard 1, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux, sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Bourg-Achard de délivrer à la SNC Bourg Achard 1 un certificat de permis d'aménager tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Bourg-Achard versera une somme de 1 500 euros à la SNC Bourg Achard 1 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Bourg-Achard présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la SNC Bourg Achard 1 et à la commune de Bourg-Achard.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

M. Bellec, premier conseiller,

et Mme Esnol, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.

La rapporteure,

Signé

B. Esnol

La présidente,

Signé

C. Galle La greffière,

Signé

A. Hussein

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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