mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401728 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | MERHOUM AMINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 avril 2024, Mme B C, veuve A, représentée par Me Merhoum-Hammiche, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme C soutient que :
* le refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'une erreur de fait ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* l'obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît le 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* la décision fixant le pays de renvoi est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le préfet de Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 27 mai 2024 fixant la clôture d'instruction au 17 juin 2024 à 12 h ;
- les autres pièces du dossier.
Connaissance prise des pièces versées le 5 août 2024, présentées pour Mme C, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Merhoum-Hammiche, pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C veuve A, ressortissante marocaine, est entrée en France le 4 décembre 2019, munie d'un visa de court séjour. Son époux et père de ses quatre enfants est décédé sur le territoire national le 8 octobre 2023. Elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 12 février 2024, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, a prononcé une obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée, qui mentionne les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, si Mme C soutient que la décision attaquée serait entachée d'erreur de fait, elle soulève en réalité un moyen tiré de l'appréciation erronée qu'aurait portée l'autorité administrative sur certains aspects de sa situation pour l'application des dispositions de l'article L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Mme C, entrée sur le territoire le 4 décembre 2019, soutient à cet égard que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situent désormais en France, où ses frères résident régulièrement et où ses enfants poursuivent leur scolarité. Toutefois, à supposer établie la résidence régulière de ses frères, elle ne justifie pas entretenir des liens d'une particulière intensité avec ces derniers. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la requérante ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle à la date de la décision attaquée. Elle n'établit pas être dépourvue de toute attache au Maroc où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans. En outre, elle ne justifie d'aucun élément qui ferait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Maroc, pays dans lequel elle a résidé pendant plusieurs années avec ses quatre enfants et son défunt époux. Enfin, il n'est pas établi que les enfants ne pourraient pas suivre une scolarité normale au Maroc. La décision attaquée n'a pas non plus pour objet ou pour effet de séparer les enfants de leur mère. Par suite, en dépit des circonstances tenant au décès de son époux survenu en France le 8 octobre 2023, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, en l'absence d'atteinte à l'intérêt supérieur de la fratrie, des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés.
5. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4, le moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de la requérante doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée mais qu'elle n'a pas, lorsqu'elle assortit un refus de délivrance de titre de séjour, à faire l'objet d'une motivation spécifique. En l'espèce, la décision de refus de titre de séjour attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. L'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'avait donc pas à faire l'objet d'une motivation distincte.
7. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté pour les motifs qui ont été exposés au point 3.
8. En dernier lieu, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la violation de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant doivent être écartés pour les motifs énoncés au point 4.
Sur la décision fixant le pays de destination :
9. Il résulte des points 6 à 8 que Mme C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 12 février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, veuve A, à Me Amina Merhoum-Hammiche et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
P. MINNEL'assesseur le plus ancien,
T. DEFLINNE
Le greffier,
N. BOULAY
N°2401728
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026