lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401732 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | MONTREUIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 avril 2024, M. A B, représenté par Me Montreuil, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou de réexaminer sa demande dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours, le tout sous astreinte journalière de 100 euros ;
3°) de mettre la somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Vu :
- la décision d'admission totale à l'aide juridictionnelle du 25 mars 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () "
2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auquel se réfère le I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () "
3. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant l'arrêté du 4 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant pakistanais, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi a été libellé à l'adresse du comité d'action et de promotion sociales (CAPS), située au 167 bis, avenue des Alliés au Petit-Quevilly que l'intéressé avait indiquée dans sa demande de titre de séjour. M. B ne soutient pas, dans sa requête, que cette adresse avait changé à la date de la notification de l'arrêté. Le pli postal comportant l'arrêté revêtu de l'indication non erronée des voies et délais de recours a été présenté le 11 octobre 2023 à cette adresse et, en l'absence du destinataire, a donné lieu à un avis de passage et de mise en instance au bureau de poste. A la supposer établie, la circonstance qu'une éducatrice ait eu connaissance de cet avis de passage après que le pli a été renvoyé à la préfecture est sans incidence sur la régularité de la notification, aucun dysfonctionnement du service postal n'étant avéré. Le délai de recours a donc commencé à courir à compter du lendemain de la notification réputée intervenue le 11 octobre 2023. La demande d'aide juridictionnelle susceptible d'avoir interrompu le cours du délai de recours de trente jours a été enregistrée le 8 janvier 2024, postérieurement à l'expiration de ce délai. Par suite, la requête enregistrée au greffe du tribunal le 24 avril 2024 est tardive et donc manifestement irrecevable au sens des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Elie Montreuil.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 13 mai 2024.
Le président de la 1ère chambre,
P. MINNE
No240173
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