vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | MUKENDI NDONKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mai 2024, M. E B, représenté par Me Mukendi Ndonki, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quinze jours ;
3°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
4°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
5°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un certificat de résidence mention " vie privée et familiale " ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente de ce réexamen et dans un délai de huit jours à compter de ce jugement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros en application du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, à titre subsidiaire, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quinze jours :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision portant assignation à résidence :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est illégale par exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet n'établit pas que son éloignement serait une perspective raisonnable ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. F comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 10 mai 2024, après la présentation du rapport :
la partie présente a été informée de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision, contenue dans l'arrêté du 22 février 2024, portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quinze jours, dès lors que cette décision a été implicitement abrogée par l'édiction d'une nouvelle interdiction de retour sur le territoire français, le 3 mai 2024 ;
- ont été entendues les observations de Me Lepeuc, substituant Me Mukendi Ndonki, pour M. B, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et ajoute des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Maritime, en cas d'annulation des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français, de supprimer le signalement dont M. B fait l'objet au fichier informatique dénommé " Système d'information Schengen " ; ajoute les moyens, dirigé contre la décision du 3 mai 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans, tirés du défaut d'examen particulier de la situation de M. B et de l'erreur d'appréciation quant à la menace pour l'ordre public que représenterait sa présence en France ; précise que M. B a été dans l'impossibilité matérielle de mettre à exécution l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet en novembre 2020, compte tenu du contexte sanitaire ayant conduit à une fermeture des frontières avec l'Algérie, les liaisons aériennes n'ayant intégralement reprises qu'au mois de septembre 2022, période à laquelle il était encore difficile d'obtenir un visa de long séjour en qualité de conjoint de français en Algérie ; que M. B apporte son soutien matériel et moral à son épouse au quotidien, conformément à son devoir de secours et d'assistance ; qu'il fait preuve d'une grande volonté d'intégration professionnelle ; qu'il entretient des relations très proches avec les enfants de son épouse, notamment ses deux enfants mineurs qui résident au domicile conjugal.
- et les observations de M. B, assisté de M. C, interprète.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 27 juillet 1989, déclare être entré en France à la fin de l'année 2019, muni d'un visa délivré par les autorités turques. Par un arrêté du 17 novembre 2020, dont la légalité n'a pas été remise en cause par la juridiction administrative, le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B à quitter le territoire français. Le 19 décembre 2023, M. B a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence. Par l'arrêté attaqué du 22 février 2024, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quinze jours. Le 2 mai 2023, M. B a été placé en garde à vue pour des faits de tentative de vol en réunion et il a fait l'objet, à cette occasion, d'une vérification de son droit de circulation et de séjour. Par le premier arrêté attaqué du 3 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par le second arrêté du même jour le préfet de la Seine-Maritime a assigné M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle.
Sur la recevabilité :
3. Selon l'article 11 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, qui fixe les normes et procédures communes à appliquer dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " 1. Les décisions de retour sont assorties d'une interdiction d'entrée : / a) si aucun délai n'a été accordé pour le départ volontaire, ou / b) si l'obligation de retour n'a pas été respectée. / Dans les autres cas, les décisions de retour peuvent être assorties d'une interdiction d'entrée. / 2. La durée de l'interdiction d'entrée est fixée en tenant dûment compte de toutes les circonstances propres à chaque cas et ne dépasse pas cinq ans en principe. Elle peut cependant dépasser cinq ans si le ressortissant d'un pays tiers constitue une menace grave pour l'ordre public, la sécurité publique ou la sécurité nationale. / Les États membres examinent la possibilité de lever ou de suspendre une interdiction d'entrée lorsqu'un ressortissant d'un pays tiers faisant l'objet d'une telle interdiction décidée conformément au paragraphe 1, deuxième alinéa, peut démontrer qu'il a quitté le territoire d'un État membre en totale conformité avec une décision de retour. / () Les États membres peuvent s'abstenir d'imposer, peuvent lever ou peuvent suspendre une interdiction d'entrée, dans des cas particuliers, pour des raisons humanitaires. Les États membres peuvent lever ou suspendre une interdiction d'entrée, dans des cas particuliers ou certaines catégories de cas, pour d'autres raisons () ". La Cour de justice de l'Union européenne a dit pour droit, par son arrêt du 26 juillet 2017 M. D (C-225/16), que la durée de l'interdiction d'entrée prévue par ces dispositions, qui ne dépasse pas cinq ans en principe, doit être calculée à partir de la date à laquelle l'intéressé a effectivement quitté le territoire de l'Etat membre.
4. Pour assurer la transposition de ces dispositions, les articles L. 612-6 et L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient respectivement que l'autorité administrative édicte une interdiction de retour sur le territoire français, d'une part lorsqu'elle prend une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, d'autre part lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, des circonstances humanitaires pouvant toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.
5. L'article L. 612-8 du même code permet également à l'autorité administrative d'assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour lorsque l'étranger n'est pas dans l'une de ces situations. Les effets de ces interdictions cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui, dans la rédaction des textes antérieure à la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration, ne peut excéder trois ans dans le cas prévu à l'article L. 612-6 et deux ans dans les autres cas, ce délai commençant à courir à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.
6. L'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permet à l'autorité administrative de prolonger l'interdiction de retour pour une durée maximale de deux ans lorsque : " 1° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français alors qu'il était obligé de le quitter sans délai ; / 2° L'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui avait été accordé (). / Compte tenu des prolongations éventuellement décidées, la durée totale de l'interdiction de retour ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, sauf menace grave pour l'ordre public ".
7. Il résulte de ces dispositions combinées que lorsqu'un étranger a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour qui n'a pas été exécutée, l'autorité administrative peut, sur le fondement de l'article L. 612-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans que ne soit intervenue une nouvelle obligation de quitter le territoire, prolonger la durée de cette interdiction dans la limite maximale de cinq ans, limite ne pouvant être dépassée qu'en cas de menace grave pour l'ordre public.
8. Toutefois, si l'autorité administrative prend une nouvelle décision obligeant l'intéressé à quitter le territoire français et décide, à l'issue du réexamen de sa situation, d'assortir à nouveau cette obligation d'une mesure d'interdiction de retour, elle doit être regardée comme ayant prononcé une nouvelle interdiction de retour, en lieu et place des précédentes décisions ayant le même objet, qui sont ainsi implicitement mais nécessairement abrogées. Il en va de même lorsque l'autorité administrative, sans prendre une nouvelle mesure d'éloignement, décide, postérieurement à une précédente obligation de quitter le territoire français, de prendre à son encontre une nouvelle mesure d'interdiction de retour, fondée sur les dispositions de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. En l'espèce, dès lors que le préfet de la Seine-Maritime a pris à l'encontre de M. B, sur le fondement de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une nouvelle décision portant interdiction de retour sur le territoire français, pour une durée de deux ans, il doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement abrogé, le 3 mai 2024, sa décision contenue dans l'arrêté du 22 février 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quinze jour. Par suite, les conclusions dirigées contre cette décision, qui avait été abrogée à la date de l'introduction de la requête de M. B, sont irrecevables.
Sur le refus de séjour :
10. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 614-7 à L. 614-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles L. 776-16 et R. 776-17 du code de justice administrative que, si les conclusions formées par un étranger assigné à résidence dirigées contre les décisions, notamment, portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français, relèvent de la compétence du magistrat désigné par le président du tribunal, les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour relèvent, quant à elle, de la compétence d'une formation collégiale. Par suite, il y a lieu d'observer que les conclusions de la requête de M. B, en tant qu'elles tendent à l'annulation du refus de séjour contenu dans l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 22 février 2024, ainsi que, d'une part, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et, d'autre part, les conclusions relatives aux frais liés à cette instance, relèvent de la compétence d'une formation collégiale et doivent être réservées jusqu'à la fin de cette instance.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de destination et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
11. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
12. M. B, qui établit avoir quitté l'Algérie au mois de juin 2019 et dont la présence en France est établie à tout le moins à compter de l'année 2020, a épousé Mme A, ressortissante française, le 12 décembre 2020. Il soutient, sans être sérieusement contredit, avoir rencontré son épouse au mois de juillet 2020 et établit la réalité de la vie commune depuis le mariage, laquelle durait donc depuis plus de trois ans à la date des arrêtés litigieux. M. B établit également, par la production de plusieurs attestations circonstanciées de proches, des intéressés et de leur père, entretenir une relation étroite avec les enfants mineurs de son épouse, nés respectivement en 2008 et en 2012, qui résident au domicile conjugal. L'intéressé fait par ailleurs état de sa bonne insertion sociale en France et justifiait, à la date de la décision portant obligation de quitter le territoire français et dans la perspective de sa demande de titre de séjour, d'une promesse d'embauche. Dans ces conditions, en dépit de l'inexécution d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet de la Seine-Maritime a, en ayant obligé M. B à quitter le territoire français, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 22 février 2024, par laquelle le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et, par voie de conséquence, de la décision, contenue dans le même arrêté, fixant le pays de destination et de l'arrêté du 3 mai 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
L'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français implique nécessairement que le préfet munisse M. B d'une autorisation provisoire de séjour et réexamine sa situation, dans un délai qu'il y a lieu de fixer à trois mois. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte. L'annulation des décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans n'implique, quant à elle, aucune mesure d'exécution particulière.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les conclusions tendant à l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 22 février 2024, portant refus de titre de séjour ainsi que, d'une part, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent et, d'autre part, les conclusions relatives aux frais liés à l'instance, sont réservées jusqu'à la fin de celle-ci.
Article 3 : Les décisions, contenues dans l'arrêté du 22 février 2024, par lesquelles le préfet de la Seine-Maritime a obligé M. B à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination, sont annulées.
Article 4 : L'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a interdit à M. B le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est annulé.
Article 5 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B et lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 6 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B, à Me Joseph Mukendi Ndonki et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
A. F
La greffière,
Signé
S. LECONTE
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026