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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401797

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401797

mercredi 22 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401797
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMERHOUM AMINA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mai 2024, M. C B, représenté par Me Merhoum, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté 8 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour provisoire, sous astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son avocat renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Le préfet de l'Eure a produit des pièces enregistrées le 14 mai 2024.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Mme A a été désignée par le président du tribunal comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées de l'article R. 776-13-2 et du 4° de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, le magistrat désigné par le président du tribunal peut, par ordonnance, rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () " Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " () Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code. () " Enfin, aux termes de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation. () "

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 8 janvier 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa mesure d'éloignement. Cet arrêté, qui comportait les voies et délais de recours, a été régulièrement notifié au requérant le 8 janvier 2024. Ainsi, la requête de M. B, qui a été enregistrée au greffe du tribunal le 9 mai 2024, l'a été après l'expiration du délai de quinze jours prévu par les dispositions précitées. Ce délai n'étant susceptible d'aucune prorogation en vertu de ces mêmes dispositions, est sans incidence sur la circonstance que l'intéressé a déposé une demande d'aide juridictionnelle avant son expiration. La requête de M. B est dès lors tardive et doit être rejetée comme irrecevable.

4. Au demeurant, par un jugement du 14 mars 2024 n°2400638, doté de l'autorité relative de la chose jugée, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté une requête comportant des conclusions aux fins d'annulation de la décision attaquée du 8 janvier 2024.

Sur l'aide juridictionnelle :

5. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 modifiée susvisée : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle () est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : () / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle () a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; () " Aux termes de l'article 51 de la même loi : " Le retrait de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. Il peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : / () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50. ".

6. Ainsi qu'il est dit ci-avant au point 3, la requête de M. B est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de retirer à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré à M. B.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Merhoum et au préfet de l'Eure

Fait à Rouen, le 22 mai 2024.

La magistrate désignée,

B. A

La République mande et ordonne préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

nd

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