mardi 14 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401808 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024 à 14 h 26, M. A D demande :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au sous-préfet du Havre d'enregistrer sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de le munir d'un récépissé de cette demande, sous astreinte journalière de cent euros à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- le refus d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir et à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnaît les articles 5, 7 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu :
-la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme B comme juge des référés ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Après avoir régulièrement convoqué les parties à une audience publique ;
Après avoir, au cours de l'audience publique du 14 mai 2024 à 10 heures 16, avec l'assistance de Mme His, greffière, présenté son rapport, ont été entendues les observations de M. C qui reprend ses conclusions et moyens mais ajoute que l'urgence est caractérisée au vu de l'atteinte portée à sa liberté d'aller et venir tant en Algérie qu'en Italie, pays dont son épouse est originaire, le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, à 10 heures 35, en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Connaissance prise de la note en délibéré produite le 14 mai 2024 par M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
2. Aux termes de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. / Dans des départements dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration, l'étranger qui a déposé, avant son expiration, une demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire ou de sa carte de séjour pluriannuelle autre que celle ayant une durée de validité de quatre ans, peut justifier de la régularité de son séjour par la présentation de la carte expirée dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. / Pendant les périodes définies au présent article, l'étranger conserve l'intégralité de ses droits sociaux ainsi que son droit d'exercer une activité professionnelle. "
3. Il résulte de l'instruction que M. C, ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence expirant le 9 mai 2024 en a demandé le renouvellement au plus tard le 11 mars 2024. S'il soutient que les services de la préfecture ne lui ont pas délivré dans le délai de deux mois de récépissé constatant le dépôt de cette demande de renouvellement, le requérant n'apporte aucun élément permettant de croire qu'il ne pourra plus exercer la profession d'avocat dès l'expiration de son titre alors qu'il résulte des dispositions précitées de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il pourra établir la régularité de son séjour en France jusqu'au 9 août 2024 par la production de la carte de résident dont il dispose. En outre, si l'intéressé fait valoir que sa mère résidant en Algérie est de santé fragile et que son épouse et ses enfants ont la nationalité italienne, les pièces produites ne permettent d'attester de la nécessité ni d'un séjour à brève échéance en Algérie ou en Italie ni d'un retour rapide incompatible avec les délais d'instruction d'une demande de visa de retour. Par suite, la situation de M. C, qui n'est pas empêché de vivre en France avec sa famille, ne caractérise pas une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les 48 heures.
4. Dans ces conditions, dès lors que la condition tenant à l'urgence n'est pas remplie pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. C n'est pas fondé à demander d'ordonner au sous-préfet du Havre d'enregistrer sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de le munir d'un récépissé de cette demande. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 14 mai 2024.
La juge des référés, La greffière,
Signé : Signé :
H. B P. HIS
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401808
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