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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401815

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401815

vendredi 24 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401815
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mai 2024, M. B A demande d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de le convoquer en vue du dépôt de sa demande de délivrance d'un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte journalière de 100 euros.

M. A soutient que :

- son épouse française étant enceinte, un récépissé de sa demande de titre de séjour est nécessaire pour circuler et l'accompagner à l'hôpital ;

- la lenteur de la procédure dématérialisée de l'instruction des titres de séjour confère une utilité à l'injonction demandée ;

- cette injonction ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que :

- la demande n'est pas justifiée par l'urgence en raison de la situation administrative irrégulière dont s'est accommodé le requérant jusqu'à l'enregistrement de son dossier le 11 mai 2024 ;

- la pré-demande de titre de séjour est en cours d'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

2. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. A la différence de la procédure d'instruction d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour, le retard d'instruction d'une demande de premier titre de séjour ne porte pas, sauf circonstances particulières, une atteinte grave et immédiate à la situation d'un étranger qui était en situation irrégulière. Si l'autorisation provisoire de séjour conférée par la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour comporte certains droits, cette seule circonstance ne vaut pas reconnaissance d'un droit au séjour.

3. M. A, ressortissant burkinabé, serait entré en France au cours du mois d'octobre 2020. Il ne justifie, ni du caractère régulier de cette entrée, ni de la régularité de son maintien sur le territoire français pendant la période de plus de trois années de cette entrée à la souscription, le 8 février 2024, d'une pré-demande d'une carte de séjour " vie privée et familiale " sur le téléservice Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF) qui a émis une confirmation dématérialisée de dépôt en ligne, laquelle ne justifie pas pour autant de la régularité du séjour. Si le requérant soutient que son épouse, de nationalité française, accoucherait " bientôt ", il ne communique pas à la juridiction la date son mariage, ni même une date probable d'accouchement. Il ne fait état d'aucun autre élément lié à sa situation professionnelle ou d'une autre nature. En l'absence de circonstances particulières, et alors au surplus que le délai courant du 8 février 2024 au 11 mai 2024, date d'enregistrement de la demande de titre de séjour communiquée en défense par la préfecture de la Seine-Maritime chargée de l'instruire, ne caractérise pas une lenteur déraisonnable, la condition tenant à l'urgence à prescrire une mesure en référé pour hâter la remise d'un récépissé de première demande de carte de séjour n'est pas satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander d'ordonner au préfet de la Seine-Maritime de le convoquer en vue du dépôt de sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 24 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé :

P. MINNE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N. BOULAY

N°2401815

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