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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401816

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401816

mercredi 19 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401816
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge Unique 2
Avocat requérantBOYLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 16 mai 2024, Mme E D, représentée par Me Boyle, demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen approfondi de sa situation dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle, et à défaut de lui verser directement cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été pris par une autorité incompétente ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'un vice de procédure tiré du défaut de production de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que de son irrégularité ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant au délai de départ volontaire ;

- il est fondé sur les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui sont contraires à la directive 2008/115/CE dite directive retour.

- il est entaché d'erreur d'appréciation dans l'application de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans la disponibilité des soins dans le pays d'origine ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 2 avril 2024, le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée ;

- les observations de Me Niakate, substituant Me Boyle, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir en outre que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait dès lors que Mme D a mise en œuvre les diligences nécessaires pour déposer un titre de séjour dans les délais mentionnés à l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il méconnaît les dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que son traitement médicamenteux, non substituable, n'est pas disponible dans son pays d'origine ;

- et les observations de Mme D, assistée par M. F, interprète en langue lingala.

Le préfet de l'Eure n'était ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application des articles R. 776-13-2 et R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E D, ressortissante de République démocratique du Congo née le 27 juillet 1990, est, selon ses déclarations, entrée en France le 4 décembre 2022. Elle a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 28 décembre 2022. Par une décision du 13 mars 2023 l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté sa demande de protection internationale. Par un arrêté du 11 avril 2024, le préfet de l'Eure a refusé à Mme D la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle sera reconduite. Mme D demande l'annulation de ces décisions.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. " Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de la requête :

3. En premier lieu, par un décret du 20 juillet 2022, publié au Journal officiel de la République française le 21 juillet 2022, M. C A a été nommé préfet de l'Eure à compter du 23 août 2022. M. A était donc compétent pour signer l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait.

4. En deuxième lieu, l'arrêté vise les textes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 425-9 et le 4° de l'article L. 611-1 et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont le préfet de l'Eure a fait application. L'autorité préfectorale, qui n'avait pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressée, y décrit notamment, sa situation administrative, sa vie privée et familiale, sa situation médicale et mentionne l'absence de risque en cas de retour dans le pays d'origine. En outre, le préfet de l'Eure a accordé à la requérante un délai de départ volontaire de trente jours, lequel constitue le délai de droit commun pour exécuter spontanément une mesure d'éloignement, il n'était, donc, pas tenu de motiver spécifiquement cette mesure. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, le préfet de l'Eure a versé aux débats l'avis émis le 3 novembre 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui n'avait pas à être joint à l'arrêté en litige. Ce collège était composé de trois docteurs. L'avis précité a été rendu, ainsi qu'il le mentionne, à l'issue d'une délibération collégiale et au vu d'un rapport médical rédigé le 7 septembre 2023 par le Dr B. Enfin, il ressort du bordereau de transmission de l'OFII que ce rapport a été transmis, le 2 octobre 2023, au collège de médecins de l'OFII au sein duquel le Dr B n'a pas siégé. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En quatrième lieu, les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient que, pour satisfaire à l'obligation qui lui a été faite de quitter le territoire français, l'étranger dispose d'un délai de trente jours à compter de sa notification pour rejoindre tout pays dans lequel il est légalement admissible et que l'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Aux termes de l'article 7 de la directive du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " 1. La décision de retour prévoit un délai approprié allant de sept à trente jours pour le départ volontaire, sans préjudice des exceptions visées aux paragraphes 2 et 4. () 2. Si nécessaire, les États membres prolongent le délai de départ volontaire d'une durée appropriée, en tenant compte des circonstances propres à chaque cas, telles que la durée du séjour, l'existence d'enfants scolarisés et d'autres liens familiaux et sociaux. ". En prévoyant qu'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français peut, eu égard à sa situation personnelle, se voir accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours à titre exceptionnel, les dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ont pas eu pour objet et ne sauraient avoir pour effet de méconnaître le principe, posé par l'article 7 de la directive du 16 décembre 2008, selon lequel ce délai, de sept à trente jours en principe, peut être prolongé en cas de nécessité au regard de circonstances propres à la situation de l'étranger. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'inconventionnalité de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'article 7 de la directive n°2008/115/CE, doit être écarté.

7. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme D ait fait état auprès du préfet de circonstances particulières tenant à sa situation personnelle, propre à justifier qu'un délai supérieur à trente jours lui soit accordé à titre exceptionnel pour quitter volontairement le territoire français, ni qu'elle ait sollicité l'octroi d'un tel délai dérogatoire. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'elle ait été empêchée de porter à la connaissance de l'administration, avant l'édiction de la mesure d'éloignement, des éléments utiles qui auraient été de nature à justifier qu'un délai dérogatoire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant au délai de départ volontaire doit être écarté.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile qui relève de la compétence de la France, l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 611-3, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. () " L'article D. 431-7 du même code a précisé que les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois, porté à trois mois lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article L. 425-9.

9. Dans le cas où un étranger ayant demandé l'asile a été dûment informé, en application des dispositions de l'article L. 431-2 précitées, des conditions dans lesquelles il peut solliciter son admission au séjour sur un autre fondement et où il formule une demande de titre de séjour après l'expiration du délai qui lui a été indiqué pour le faire, l'autorité administrative peut rejeter cette demande au motif pris de sa tardiveté à moins que l'étranger ait fait valoir, dans sa demande à l'administration, une circonstance de fait ou une considération de droit nouvelle, c'est-à-dire un motif de délivrance d'un titre de séjour apparu postérieurement à l'expiration de ce délai . Si tel est le cas, aucun nouveau délai ne lui est opposable pour formuler sa demande de titre.

10. Pour fonder la décision attaquée, le préfet de l'Eure a retenu que la demande de titre séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avait été déposée postérieurement à l'expiration du délai de trois mois suivant le dépôt de sa demande d'asile.

11. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de Mme D a été enregistrée le 24 janvier 2023 si bien que le délai de trois mois mentionnés à l'article D. 431-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré le 12 juin 2023, date à laquelle Mme D a déposé sa demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si Mme D soutient avoir mis en œuvre les diligences nécessaires au dépôt de sa demande de titre de séjour, il ressort des pièces du dossier que les seules diligences réalisées par l'avocat de la requérante l'ont été le 28 avril 2023, après l'expiration de ce délai. Le préfet de l'Eure était donc fondé à retenir que la demande de titre de séjour a été présentée hors délai. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur de fait doivent être écartés.

12. En septième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ".

13. Il ressort des pièces du dossier que Mme D est atteinte d'une infection au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui nécessite un traitement antirétroviral, réunis dans le médicament " Biktarvy " prescrit par une patricienne hospitalière du service des maladies infectieuses et tropicales du CHU de Rouen. Pour refuser de délivrer un titre de séjour à Mme D, le préfet de l'Eure s'est fondé sur l'avis émis le 3 novembre 2023 par le collège des médecins de l'OFII, selon lequel si l'état de santé de Mme D nécessite une prise en charge médicale dont le défaut devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut toutefois bénéficier effectivement dans le pays dont elle est originaire d'un traitement approprié.

14. Pour contester cette appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII, Mme D produit la liste nationale des médicaments essentiels concordants d'octobre 2020 d'après laquelle le " Biktarvy " est indisponible en République démocratique du Congo. Cependant, il ressort de cette même liste, produite par la requérante elle-même, que deux des antiviraux contenus dans le médicament " Biktarvy " sont disponibles en République démocratique du Congo à savoir les substances actives du ténofovir et de l'emtricitabine.

15. Par ailleurs, Mme D soutient que son médecin a mentionné dans les certificats médicaux que son traitement médicamenteux était " difficilement substituable " en raison d'une souche résistante et que la troisième substance active de son médicament, le bictégravir n'est pas mentionnée dans la liste des substances disponibles dans son pays d'origine. Toutefois, le préfet de l'Eure fait valoir, sans être contesté utilement sur ce point, que la substance active du bictégravir, non présente en République démocratique du Congo, est substituable par le dolutégravir, également un inhibiteur de l'intégrase, disponible dans le pays d'origine de la requérante. Dans ces conditions, en l'état du dossier, si le traitement de l'intéressée est difficilement substituable, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'apporte pas les éléments pour remettre en cause l'appréciation du collège des médecins de l'OFII quant à la possibilité pour elle de bénéficier effectivement dans son pays d'origine d'un traitement approprié à son état de santé. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entaché l'arrêté attaqué au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

16. En septième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () "

17. Si Mme D soutient que son époux est présent en France, il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de ce dernier a été rejetée, en dernier lieu, le 24 novembre 2023 et qu'il fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prononcée le 11 avril 2024. En outre, la requérante ne conteste pas le fait que ses quatre enfants mineurs sont présents dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de l'Eure n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, eu égard aux buts en vue desquels l'arrêté a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme doit être écarté.

18. En huitième lieu, Mme D n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle ne peut donc utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme D tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Eure du 11 avril 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme D est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de Mme D est rejetée.

Article 3 Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à Me Boyle et au préfet de l'Eure.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2024.

La magistrate désignée,

B. ESNOL La greffière,

N. DROUILHET

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

nd

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