mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401845 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | LEROY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, un mémoire et un mémoire en production de pièces enregistrés le 21 août 2024, M. A B, représenté par Me Leroy, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés des 8 novembre 2023 et 20 novembre 2023 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou de réexaminer sa situation dans le délai de deux mois à compter de la même date et, dans tous les cas, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour permettant l'exercice d'une activité professionnelle dans le délai de quinze jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
* le refus de séjour :
- a été pris sans recueil de ses observations, en méconnaissance d'un principe général du droit de l'Union européenne et d'un droit à une bonne administration et des droits de la défense ;
- n'a pas été précédé de la saisine de la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les articles L. 425-9 et R. 425-11 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
* L'obligation de quitter le territoire français :
- a été prise sans recueil de ses observations, en méconnaissance d'un principe général du droit de l'Union européenne ;
- méconnaît son droit à un séjour de plein droit ;
- méconnaît les articles L. 611-3-9, R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- repose sur un refus de séjour illégal et devrait être annulé par voie de conséquence;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- la décision du 25 mars 2024 de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
- l'ordonnance du 27 mai 2024 fixant la clôture de l'instruction au 17 juin 2024 à 12 h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de Me Leroy, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo (RDC) né le 15 mars 1950, est entré régulièrement en France en janvier 2022. Par un premier arrêté du 8 novembre 2023, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer la carte de séjour demandée en raison de son état de santé sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressé ayant complété sa demande de titre de séjour par un courrier daté de la veille de l'édiction de cet arrêté, le préfet a, par un second arrêté du 20 novembre 2023, refusé l'admission au séjour sollicitée sur les fondements invoqués par ailleurs des articles L. 423-3, L. 426-20 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B conteste ces deux arrêtés préfectoraux en tant qu'ils refusent la délivrance d'un titre de séjour et, en ce qui concerne l'arrêté du 20 novembre 2023, prononce une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, les deux arrêtés attaqués comportent les considérations de droit et de fait constituant le fondement des décisions de refus de séjour. La circonstance que le préfet s'est, pour motiver le premier arrêté du 8 novembre 2023, approprié la teneur de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 21 août 2023 ne constitue pas une insuffisance de motivation. Par ailleurs, l'administration n'avait pas à recueillir les observations de M. B préalablement à l'édiction des deux décisions qu'il a suscitées en qualité d'auteur de demandes de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de la situation du requérant, invoqué par référence à un concept dit de droit à une bonne administration, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, par un avis du 21 août 2023 dont le préfet s'est approprié le sens sans s'être cru dans l'obligation de le suivre le collège médical de l'OFII a estimé que l'état de santé de M. B, caractérisé par un tableau polypathologique incluant une hypertension artérielle, un diabète de type II, une dyspnée et une dyslipidémie, l'exposait à des conséquences d'une exceptionnelle gravité en cas de défaut de traitement mais que des soins étaient disponibles en RDC. Le document intitulé " étude auprès des infrastructures sanitaires des facteurs à la base de la mortalité à Kinshasa " élaboré en juin 2001 ne présente, en raison de son ancienneté de plus de vingt années, aucune donnée exploitable. Si les autres rapports d'organismes publics ou d'organisations internationales produits à l'appui de la requête font état de difficultés d'accès à certains soins, en ce qui concerne le diabète et les affections vasculaires, en raison d'un équipement sanitaire insuffisant, ils évoquent néanmoins l'existence d'une disponibilité de traitements et de suivi dans les infrastructures du pays. Les attestations rédigées par des praticiens ayant examiné M. B n'évoquent qu'en termes prudents une absence de soins adaptés à son état en RDC. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas l'erreur d'appréciation commise par le collège médical de l'OFII, lequel a été pris au vu de données de santé publique accessibles. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de consultation du collège médical et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
4. En troisième lieu, M. B, est entré récemment en France et a vécu jusqu'à l'âge de soixante-dix ans environ dans son pays d'origine. Si son épouse est décédée dans ce dernier pays en décembre 2021 et s'il a souhaité venir en France rejoindre son fils et les enfants de celui-ci, il n'invoque aucun obstacle à ce que ces enfant et petits-enfants lui rendent visite et il n'établit pas davantage être à la charge de ces derniers, financièrement ou en raison de son état de santé. Le requérant dispose enfin de revenus et d'un patrimoine en RDC où il a encore des intérêts commerciaux sans avoir eu de liens professionnels particuliers avec la France. Dans ces conditions, le refus de séjour ne porte pas une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. En quatrième lieu, le requérant, qui ne remplit pas les conditions de délivrance d'un titre de séjour de plein droit, n'est pas fondé à soutenir que le préfet devait soumettre son cas à l'avis de la commission du titre de séjour.
6. En dernier lieu, aucune des circonstances propres à la situation personnelle de M. B ne conduit à estimer qu'en ayant refusé de procéder à sa régularisation en application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative a entaché sa décision de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation. Cette erreur d'appréciation, invoquée plus généralement, n'est enfin pas établie.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, le requérant est l'auteur de la demande de titre de séjour à l'origine de l'arrêté préfectoral du 8 novembre 2023, lequel comporte une obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de ce qu'il n'a pas été invité à présenter des observations, en méconnaissance d'un principe général garantissant le droit d'être entendu, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, la motivation de l'obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour. L'obligation de quitter le territoire français n'avait pas à être spécialement motivée dès lors que le refus de séjour l'est suffisamment, ainsi qu'il est dit au point 2.
9. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français attaquée repose sur un refus de séjour qui n'est pas entaché d'illégalité.
10. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que M. B ne remplit pas les conditions pour séjourner de plein droit en France. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français attaquée ne méconnaît pas un tel droit.
11. En cinquième lieu, pour les motifs énoncés au point 3, l'état de santé de l'intéressé ne fait pas obstacle à son éloignement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions alors applicables du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En dernier lieu, pour les motifs énoncés aux points 4 et 6, l'obligation de quitter le territoire français en litige n'a pas été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de ce qui précède que le M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés des 8 novembre 2023 et 20 novembre 2023 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer une carte de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Magali Leroy et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
P. MINNEL'assesseur le plus ancien,
signé
T. DEFLINNE
Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
7.
8.
N°2401845
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026