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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2401863

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2401863

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2401863
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantSEYREK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mai 2024, M. C A, assisté par Me Seyrek, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a renouvelé son assignation à résidence pour une nouvelle période de 45 jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lue munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cent euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que la décision attaquée :

- est entachée d'incompétence de son auteur ;

- est insuffisamment motivée ;

- méconnaît le 5° de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que l'autorité administrative s'est cru dans l'obligation de prendre l'assignation à résidence ;

- en raison d'une notification intervenue le 13 mai 2024, est entachée d'une rétroactivité illégale ;

- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 15 mai 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle M. B a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Au cours de l'audience publique du 16 mai 2024, le rapport a été présenté.

Après avoir au cours de l'audience publique du 16 mai 2024 présenté le rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 3 février 1980, est sous le coup d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français sans délai de départ prononcée par arrêté du 21 mars 2024 du préfet de la Seine-Maritime. Les recours contre cet arrêté et contre la première décision d'assignation à résidence édictée également le 21 mars 2024 ont été rejetés par le jugement n° 2401231 du 4 avril 2024. Par l'arrêté du 25 avril 2024 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a renouvelé l'assignation à résidence pour une durée de 45 jours à compter du 11 mai 2024.

2. Il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

3. En premier lieu, en vertu de l'article 5 de l'arrêté du 21 mars 2024 du préfet de la Seine-Maritime, publié au Recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime n° 76-2024-046 du 22 mars 2024, Mme D E, cheffe du bureau de l'éloignement de la direction des migrations et de l'intégration, a reçu délégation pour signer, notamment, les décisions d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'obligation de quitter le territoire français attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, l'arrêté préfectoral attaqué reproduit les termes du 1° de l'article L. 731-1 et de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui, prévoyant l'étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant peut être assigné à résidence et que cette assignation peut être renouvelée deux fois dans la limite de 45 jours à chaque fois. L'arrêté énonce les raisons pour lesquelles l'éloignement de M. A, dépourvu de tout document de voyage, demeure une perspective raisonnable. La décision en litige comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier ni d'aucun élément recueilli au cours des débats que le préfet de la Seine-Maritime s'est cru dans l'obligation de prolonger l'assignation à résidence de M. A. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de droit quant à l'étendue de la compétence attribuée au préfet et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions d'un 5° de l'article L. 561-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'existent au demeurant pas, doivent être écartés.

6. En quatrième lieu, la légalité d'une décision administrative d'apprécie à la date à laquelle elle est prise et les conditions dans lesquelles sa notification intervient sont sans incidence sur sa légalité. Dès lors que l'arrêté attaqué, pris le 25 avril 2024, prévoit sa propre entrée en vigueur le 11 mai suivant, il n'est pas entaché de rétroactivité illégale. La circonstance que cet arrêté ait été notifié le 13 mai 2024, deux jours après son entrée en vigueur édictée, n'a eu d'incidence qu'en ce qui concerne son opposabilité et le point de départ du délai de recours mais aucune en ce qui concerne sa légalité. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté en ses deux branches.

7. En dernier lieu, en se bornant à soutenir que rien ne justifiait le renouvellement de la mesure restrictive de liberté que constitue l'assignation à résidence contestée, M. A n'assortit pas le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a renouvelé la mesure d'assignation à résidence prononcée par arrêté du 21 mars 2024. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Arzu Seyrek et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

P. BLa greffière,

Signé

S. LECONTE

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401863

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