mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2401914 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, M. B, demande au tribunal d'annuler la décision en date du 2 mai 2024 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires Grand-Ouest a rejeté son recours gracieux relatif à une demande de changement d'affectation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; ".
2. Eu égard à leur nature et à leurs effets sur la situation des détenus, les décisions refusant de donner suite à la demande d'un détenu de changer d'établissement ne constituent pas des actes administratifs susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus. Doivent être regardées comme mettant en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus les décisions qui portent à ces droits et libertés une atteinte qui excède les contraintes inhérentes à leur détention.
3. En l'espèce, au soutien de sa demande d'annulation de la décision rejetant son recours gracieux relatif à son orientation au centre de détention de Val-de-Reuil, le requérant soutient qu'elle compromettrait son droit au maintien d'une vie familiale, notamment ses liens avec des proches souffrant de pathologies. Cependant, la décision en litige, motivée par la nécessité d'affecter le requérant dans un établissement pour peines, compte tenu de la condamnation intervenue et de la date à laquelle il est libérable, ne fait pas, par elle-même, obstacle au maintien d'une vie familiale.
4. Par suite, la décision attaquée, qui ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux du requérant, constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il s'ensuit que la requête est manifestement irrecevable et peut être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Rouen, le 4 juin 2024.
Le premier conseiller faisant fonction de
président de la 2ème chambre,
signé :
G. Armand
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°2401914
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