jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | STERENN LAW |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 25 juillet 2024, M. A B, représentée par Me Rooryck-Sarret, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à Me Rooryck-Sarret en application des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
M. B soutient que :
Le refus de séjour :
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- est entaché d'une erreur de droit ;
- a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière, faute de nouvelle saisine du collège de médecins de l'OFII ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur d'appréciation au regard des conditions et de la durée de son séjour, ainsi que des caractéristiques de sa vie privée et familiale ;
L'obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît la jurisprudence Diaby ;
- est entachée d'erreur d'appréciation au regard de son état de santé et de l'impossibilité de se soigner dans son pays d'origine ;
- méconnaît les dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la mesure où un défaut de soins revient à l'exposer à des traitements inhumains ou dégradants ;
La décision fixant le pays de destination :
- est insuffisamment motivée ;
L'interdiction de retour sur le territoire français :
- est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 juillet 2024, à douze heures. Un mémoire, et un bordereau de pièces, présentés respectivement le 2 août 2024 et le 3 septembre 2024, pour M. B, ont été enregistrés sans être communiqués.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juillet 2024.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant sénégalais né le 23 février 1981, déclare être entré régulièrement en France le 29 septembre 2019. Il a bénéficié, le 1er février 2021, d'un titre de séjour " étranger malade " valable six mois. Par un arrêté en date du 1er décembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de renouveler ce titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français. Quoique jugé légal par un arrêt de la Cour administrative d'appel de Douai du 11 juillet 2023, M. B ne s'est pas conformé à cet arrêté. Le 1er mars 2024, il a de nouveau sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Par l'arrêté litigieux du 22 avril 2024, le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime a saisi, dans le cadre de l'examen de la précédente demande de titre de séjour du requérant, le collège de médecins de l'OFII qui, par un avis du 7 octobre 2021, a estimé que l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut était susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'eu égard à l'offre de soins dans son pays d'origine, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié à sa pathologie. Dans les circonstances particulières de l'espèce, alors que M. B s'était prévalu, au soutien de sa demande de titre de séjour présentée le 1er mars 2024, de ce que son état de santé s'était détérioré, le préfet, en ne saisissant pas le collège de médecins de l'OFII pour avis, a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ce, alors même qu'aucune disposition législative ou règlementaire ne limite la durée de validité des conclusions rendues par le collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé d'un étranger. Le moyen tiré du vice de procédure doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision de refus de séjour opposée à M. B, doit être annulée de même que, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire français sous trente jours, celle fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement, ainsi que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur l'injonction :
5. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique que le préfet territorialement compétent réexamine la situation du requérant. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de l'enjoindre également de délivrer à l'intéressé, dans un délai de quinze jours à compter de la même date, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu d'assortir ces injonctions d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Rooryck-Sarret, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à cette avocate de la somme de 1 000 euros.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 avril 2024 du préfet de la Seine-Maritime est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le mettre en possession dans un délai de quinze jours à compter de la même date, pour la durée de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 000 euros à Me Rooryck-Sarret, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ariane Rooryck-Sarret et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Anne Gaillard, présidente,
M. Colin Bouvet, premier conseiller,
M. Robin Mulot, premier conseiller.
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOUVET
La présidente,
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2402034
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026