jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402102 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | MARY-INQUIMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, Mme C, assistée par la SELARL Mary et Inquimbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de la munir d'une attestation de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte journalière de cinquante euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme B soutient que :
' en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'arrêté méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne qui garantit son droit de présenter des observations préalables ;
- elle n'a pas reçu l'information sur ses droits en matière d'asile et de séjour lorsqu'elle a formulé sa demande ;
- le préfet devait saisir le collège médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ;
- le préfet n'a pas vérifié son droit au séjour, en méconnaissance de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui restait applicable à son cas ;
- l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
' la décision fixant le pays de destination :
- méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne qui garantit son droit de présenter des observations préalables ;
- repose sur une obligation de quitter le territoire français illégale ;
- méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la décision par laquelle M. A a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 à 9 h 31, après la présentation du rapport, ont été entendues les observations de Me Mary, qui reprend, en les précisant, les conclusions et moyens de la requête.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement Mme B à l'aide juridictionnelle.
2. En premier lieu, l'arrêté préfectoral du 29 avril 2024 attaqué en litige reproduit les termes du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il a été fait application à Mme B, ressortissante sénégalaise née le 2 mars 1981, et précise que sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 19 juin 2023 de la Cour nationale du droit d'asile et sa demande réexamen de sa demande d'asile rejetée le 12 décembre 2023. Par suite, l'obligation de quitter le territoire français en litige mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle repose.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B, auteure d'une demande d'asile, est présumée avoir été à même de pouvoir faire valoir toutes observations utiles auprès de l'administration auprès de laquelle elle a effectué ses démarches en vue de bénéficier d'une protection internationale. En l'absence de précision sur un élément propre à sa situation qui aurait été de nature à influer l'appréciation portée sur son cas par le préfet, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée de la garantie, prévue par le droit issu de l'Union européenne, d'être entendu préalablement à l'édiction de l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination.
4. En troisième lieu, la demande d'asile et de réexamen de la demande d'asile de la requérante a été instruite et traitée par les organes de protection des réfugiés. Le moyen tiré de ce que Mme B n'aurait pas reçu les informations sur ses droits de demandeur d'asile est, par suite, inopérant en tant qu'il est dirigé contre l'arrêté préfectoral attaqué.
5. En quatrième lieu, la requérante n'apporte aux débats aucune précision sur son état de santé. Par suite, le moyen tiré de ce que la mesure d'obligation de quitter le territoire français devait être prise après la consultation du collège médical de l'OFII doit être écarté.
6. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des échanges en séance que le préfet aurait manqué à son obligation de vérifier le droit au séjour de l'intéressée, en tenant notamment compte de sa durée de présence en France, de la nature et de l'ancienneté de ses liens et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont aucun texte ni aucun principe n'impose d'ailleurs qu'il doive être mentionné ou cité dans l'arrêté s'agissant d'une obligation de vérification qui s'impose en tout état de cause et sans procédure particulière à l'autorité préfectorale, doit être écarté.
7. En sixième lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne sont plus en vigueur à la date de la mesure d'éloignement attaquée.
8. En septième lieu, Mme B a vécu près de 40 ans dans son pays d'origine. Entrée récemment en France en décembre 2021, sa présence a été entièrement dévolue à l'examen de sa demande d'asile. Elle est célibataire et n'a pas d'enfant. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français attaquée ne porte pas une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'erreur manifeste d'appréciation invoquée n'est pas établie.
9. En huitième lieu, la décision fixant le pays de destination ne repose pas sur une obligation de quitter le territoire français illégale ainsi qu'il résulte des points 2 à 8.
10. En dernier lieu, ainsi que l'a d'ailleurs relevé la CNDA, Mme B ne justifie pas encourir de risques personnels et actuels d'être en proie à des mauvais traitements de la part de sa famille, en particulier de son père, musulman rigoriste, en raison de la relation qu'elle entretiendrait avec une personne de confession chrétienne. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales auxquelles renvoient les dispositions du dernier alinéa de l'article L. 724-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. L'erreur manifeste d'appréciation invoquée contre la décision distincte fixant le pays de renvoi n'est, enfin, pas établie.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à la SELARL Mary et Inquimbert et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. ALe greffier,
N. BOULAY
N°240210
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026