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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402111

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402111

vendredi 7 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402111
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge Unique
Avocat requérantMACREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er juin 2024, 4 juin 2024 et 5 juin 2024, Mme B A, retenue au centre de rétention de Oissel doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de réexaminer sa situation.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendue ;

- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle entre dans le champ de la procédure de réadmission ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle aurait dû être remise en Espagne ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délai départ volontaire :

- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale dès lors que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée a été prise par un signataire incompétent ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale dès lors que la décision fixant son pays de destination ainsi que celle lui refusant un délai de départ volontaire sont elles-mêmes illégales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Le préfet du Pas-de-Calais n'a pas produit de mémoire en défense mais a versé des pièces le 2 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision du 2 avril 2024, le président du tribunal a désigné Mme Esnol comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers visées aux chapitres VI, VII, VII bis, VII ter du titre VII du livre VII de la partie réglementaire du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Esnol, magistrate désignée,

- les observations de Me Macrel, avocate commise d'office, représentant Mme A qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens et fait valoir en outre que Mme A est mariée religieusement avec un ressortissant français, qu'elle souffre de troubles psychologiques et qu'elle n'a plus de relations avec son ex-mari et ses enfants restés dans son pays d'origine, que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen dès lors qu'il ne fait pas état de ses troubles psychologiques, et que l'interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale ;

- les observations de Mme A, assistée de M. E, interprète en langue arabe.

Le préfet du Pas-de-Calais n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante algérienne née le 1er janvier 1990, déclare être entrée sur le territoire français le 27 mai 2024. Le 30 mai 2024, l'intéressée a été interpellée. Par un arrêté du 31 mai 2024, dont Mme A retenue au centre de rétention de Oissel, demande l'annulation, le préfet du Pas-de-Calais l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 30 octobre 2023, publié le lendemain au recueil spécial n° 140 des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation, à M. C D, chef du bureau de l'éloignement, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il fait application ainsi que les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, fait état de la situation administrative et personnelle de l'intéressée en mentionnant qu'elle ne justifie pas de liens familiaux et privés en France. La circonstance que l'arrêté ne mentionne pas l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 n'est pas de nature à l'entacher d'illégalité. Par suite, l'arrêté attaqué énonce, eu égard à l'objet de chacune des décisions litigieuses, les considérations de droit et de fait sur lesquelles il se fonde. Il suit de là que le moyen ainsi soulevé manque en fait et doit être écarté.

4. En troisième lieu, Mme A soutient que la décision attaquée ne mentionne pas le fait qu'elle est venue rendre visite à son mari et à ses frères et sœurs et qu'elle souffre de troubles psychologiques. Toutefois, il ressort des mentions même de son audition du 30 mai 2024 que l'intéressée a indiqué qu'elle venait rendre visite à son frère et sa sœur qu'elle n'avait pas vus depuis 5 à 10 ans et que les autres membres de sa famille résident dans son pays d'origine. Elle a indiqué souffrir d'un " handicap au niveau du genou " ainsi que d'un problème " nerveux qui atteint le cerveau " mais n'a mentionné aucune pathologie ou suivi particulier. Dans ces conditions, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de la requérante en retenant qu'elle ne fait pas état de liens sur le territoire français et ne faisait pas état de considération humanitaire. Le moyen tiré du défaut d'examen sérieux doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il ressort du procès-verbal d'audition produit au dossier que la requérante a été interrogée par les services de police le 30 mai 2024 notamment sur sa situation administrative, personnelle et familiale en France ainsi que sur son retour dans son pays d'origine et a été invitée à s'exprimer sur la perspective d'un éloignement. Par suite, le moyen tiré de la violation de son droit d'être entendue doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ". Aux termes de l'article L. 612-12 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Par ailleurs, l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre Etat prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre Etat, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'Etat. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix ". Aux termes de l'article L. 621-2 du même code : " Peut faire l'objet d'une décision de remise aux autorités compétentes d'un Etat membre de l'Union européenne, de la République d'Islande, de la Principauté du Liechtenstein, du Royaume de Norvège ou de la Confédération suisse l'étranger qui, admis à entrer ou à séjourner sur le territoire de cet Etat, a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 311-1, L. 311-2 et L. 411-1, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec cet Etat, en vigueur au 13 janvier 2009 ".

7. Il ressort de ces dispositions que le champ d'application des mesures obligeant un étranger à quitter le territoire français et celui des mesures de remise d'un étranger à un autre Etat ne sont pas exclusifs l'un de l'autre et que le législateur n'a pas donné à l'une de ces procédures un caractère prioritaire par rapport à l'autre. Il s'ensuit que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application de l'article L. 621-1 ou des deuxième à quatrième alinéas de l'article L. 621-2, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat membre de l'Union Européenne ou partie à la convention d'application de l'accord de Schengen d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre ou titulaire d'une " carte bleue européenne " délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.

8. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que l'autorité préfectorale, après avoir procédé à un examen particulier de la situation de la requérante, a décidé de mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui faire obligation de quitter le territoire français pour rejoindre le pays dont elle a la nationalité ou tout autre pays où elle est légalement admissible, plutôt que de recourir à la procédure de réadmission auprès des autorités portugaises prévue par l'article L. 621-1 du même code. Interrogée sur la perspective de l'adoption à son encontre d'une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine ou de tout pays où elle serait légalement admissible, Mme A, en possession d'un visa court séjour espagnol, n'a pas exprimé le souhait d'être éloignée vers l'Espagne. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Pas-de-Calais aurait à ce titre commis une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation.

9. En troisième lieu, pour contester la décision attaquée, Mme A fait valoir qu'elle s'est mariée religieusement à un ressortissant français résidant à Marseille, qu'elle n'entretient plus de relations avec ses enfants et son ex-mari présent dans son pays d'origine et qu'elle souhaite rejoindre ses frères et sœurs résidant dans le nord de la France. Toutefois, Mme A n'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations pour établir la réalité de son mariage religieux ni la nature de la relation qu'elle entretiendrait avec cet homme. A ce titre, Mme A a été dans l'incapacité à l'audience de faire état de la date de son mariage avec l'intéressé indiquant seulement l'année 2024. En outre, elle a mentionné dans son audition du 30 mai 2024 ne pas avoir eu de contact avec ses frères et sœurs présents en France depuis 5 à 10 ans. En outre, si Mme A se prévaut de son état de santé et notamment de troubles psychologiques, elle n'apporte aucune précision ni aucun élément de nature à établir la gravité et le suivi de ces troubles. Dans ces conditions, nonobstant le fait que Mme A n'entretienne pas un lien particulier avec ses enfants et son ex-mari présents dans son pays d'origine et qu'elle produise un visa court séjour espagnol, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas entaché la décision attaquée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision fixant son pays de destination.

11. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 7 et 8 et dès lors que Mme A n'a pas demandé à être éloignée en priorité vers l'Espagne, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

12. En troisième lieu, l'intéressée ne fait état d'aucun risque qu'elle encourrait dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur sa situation personnelle doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 9 que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.

14. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet s'est fondé, pour refuser d'octroyer à Mme A un délai de départ volontaire, sur l'existence d'un risque de soustraction par l'intéressée à l'obligation de quitter le territoire français dont elle fait l'objet en application des dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'intéressée, dépourvue de tout de document d'identité ou de voyage en cours de validité et tenant un discours teinté d'incohérences quant à son domicile faisant obstacle à l'identification d'une adresse stable, ne conteste pas en outre être entrée irrégulièrement sur le territoire français. Dès lors, le préfet a pu, faute de garantie de représentations, légalement lui refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

15. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 13 que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'annulation par voie de conséquence de la décision l'interdisant de retour sur le territoire français.

16. En deuxième lieu, d'une part, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () "

17. D'autre part, en vertu de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. " Par ailleurs, en vertu de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".

18. Si la requérante soutient que son époux et ses frères et sœurs sont présents en France, il ressort des pièces du dossier que Mme A bénéficie d'un visa court séjour espagnol, qu'elle a affirmé ne pas avoir vu ses frères et sœurs depuis 5 et 10 ans et n'apporte aucun élément pour établir la réalité et l'intensité de la relation qu'elle entretiendrait avec le ressortissant français qu'elle présente comme son conjoint. Dans ces conditions, et pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 le préfet a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, prendre à l'encontre de Mme A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Pour les mêmes motifs, le préfet du Pas-de-Calais n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale compte tenu des buts poursuivis et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme A tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 31 mai 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet du Pas-de-Calais.

Lu en audience publique le 7 juin 2024.

La magistrate désignée,

B. ESNOL

La greffière,

A. LENFANT

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402111

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