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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402129

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402129

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402129
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantAIT-TALEB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2401413 du 3 juin 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Caen a transmis la requête de M. B, enregistrée au greffe de ce tribunal le 2 juin 2024, au tribunal administratif de Rouen, qui l'a enregistrée sous le n° 2402129.

Par cette requête, M. A B, représenté par Me Aït Taleb, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

- de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

- de suspendre la décision du préfet de l'Orne du 23 mai 2024 ;

- d'ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde des libertés fondamentales " des requérants " ;

- d'enjoindre au préfet de l'Orne de lui délivrer un passeport dans les plus brefs délais, sous astreinte journalière de 100 euros ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

- de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparait manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement, à la date de la décision du juge des référés.

3. Par la décision du 23 mai 2024 que conteste M. B, le préfet de l'Orne a rejeté sa demande de délivrance d'un passeport présentée le 23 avril précédent, en se fondant sur les mesures prononcées à son encontre par le tribunal judiciaire de Rouen. Une juge d'instruction de ce tribunal a, le 23 septembre 2021, placé M. B sous contrôle judiciaire comportant notamment l'interdiction de sortir du territoire national métropolitain.

4. M. B fait valoir que la décision préfectorale le prive de la possibilité de voyager avec sa famille, qu'il envisage de se rendre en Algérie prochainement, qu'il doit être en possession d'un passeport valide pour réserver ses billets d'avion et que, dès l'obtention de ce passeport, il sollicitera du tribunal judiciaire la mainlevée temporaire de l'interdiction de quitter le territoire. Toutefois, en se bornant à invoquer, sans préciser à quelle échéance, son intention de partir à l'étranger, ce qui implique non seulement la délivrance d'un passeport, voire d'un visa, mais aussi d'obtenir la suspension du contrôle judiciaire auquel il est soumis, M. B n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence justifiant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

5. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'est pas satisfaite. Par suite, sans qu'il y ait lieu d'admettre provisoirement M. B à l'aide juridictionnelle ni qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 précité du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Rouen, le 5 juin 2024.

Le juge des référés,

J. BERTHET-FOUQUÉ

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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