vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402184 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 4 |
| Avocat requérant | LARROUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 5 juin 2024, enregistrée au greffe du tribunal le même jour, le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis au tribunal administratif de Rouen, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, la requête de M. C A.
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2024, M. C A demande au tribunal administratif :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre une décision d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de procéder à un nouvel examen de sa situation.
Il soutient que la décision :
- a été signée par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de M. Mialon, greffier :
- le rapport de Mme Van Muylder,
- les observations de Me Larousse, avocate désignée d'office, pour le requérant, qui reprend et complète les conclusions et moyens de la requête,
- et les observations de M. A et de Mme E.
Le préfet de la Seine-Maritime n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 15 juillet 1999 à Kebili (Tunisie), a été placé en retenue administrative le 30 mai 2024 aux fins de la vérification de son droit au séjour et de circulation sur le territoire national. A cette occasion, l'intéressé n'a présenté aucun document d'identité ou de voyage en cours de validité, et aucun titre de séjour l'autorisant à séjourner sur le territoire français. Le 29 novembre 2023, M. A s'est vu notifier par le préfet de la Seine-Maritime un arrêté portant obligation de quitter le territoire français et une interdiction de retour d'une durée de trois ans. Par un jugement du 8 décembre 2023, la magistrate désignée du tribunal administratif de Rouen a annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. A a été condamné par la cour d'appel de Rouen a une peine d'emprisonnement de 6 mois avec sursis. Par un arrêté du 31 mai 2024, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n°24-015 du 21 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime du même jour, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à Mme B D, cheffe du bureau de l'éloignement, à l'effet de signer notamment la décision d'interdiction sur le territoire français du 31 mai 2024 contestée. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit, dès lors, être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que, pour interdire le requérant de retour sur le territoire français, le préfet de la Seine-Maritime s'est fondé sur les stipulations de la convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8, et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment ses articles L. 612-7, R. 613-3, R. 613-6 et R. 711-1. La décision expose la situation personnelle et familiale du requérant, il ajoute que M. A présente une menace pour l'ordre public, qu'il ne semble pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, qu'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement, qu'il ne démontre pas une insertion sociale ou professionnelle, et qu'enfin il ne prouve pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations citées précédemment. Dès lors, la décision litigieuse mentionne les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, si M. A fait valoir que la décision litigieuse est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, l'illégalité de celle-ci n'est pas démontrée. Dès lors, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
6. M. A soutient que la quasi-totalité de sa famille se trouve en France, qu'il a travaillé pour subvenir à ses besoins et ceux de sa compagne, que son enfant va naitre et sera français et que sa compagne souhaite continuer leur vie commune. Toutefois, l'intensité et la stabilité de la relation que le requérant entretient avec sa compagne ne ressort pas des pièces du dossier, ni des observations ajoutées lors de l'audience, fût-elle la mère de son enfant à naître, laquelle considération ne constitue d'ailleurs pas une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées. Au surplus, M. A a été condamné par la cour d'appel de Rouen pour violence sur cette même concubine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. A doivent être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé : C. VAN MUYLDER
Le greffier,
Signé : J-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J.-B. MIALON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026