LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402204

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402204

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402204
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantKREUZER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement du 17 juin 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Rouen a renvoyé à la formation collégiale le jugement des conclusions dirigées contre la décision du 3 juin 2024 par laquelle le préfet de l'Eure a refusé de délivrer à M. B A un titre de séjour ainsi que des conclusions accessoires et a statué sur le surplus des conclusions de sa requête.

Par un mémoire enregistré le 10 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Elatrassi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 3 juin 2024 du préfet de l'Eure portant refus de délivrance d'un titre de séjour à M. B A ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un certificat de résidence algérien valable dix ans, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande, dans l'un et l'autre cas, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte journalière de cent euros ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'erreur de droit dans la mise en œuvre des dispositions de l'article 7bis de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la menace pour l'ordre public, retenue par le préfet, n'est pas caractérisée ;

- la décision est entachée d'erreur de fait, s'agissant des contacts avec sa famille et de ses activités professionnelles ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code civil.

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, le rapport de M. Bouvet, premier conseiller, a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B A, ressortissant algérien né le 1er juillet 1971 est entré en France en septembre 1971 et a bénéficié de titres de séjour jusqu'au 29 juin 2023, date à laquelle son dernier titre de séjour a expiré, alors qu'il se trouvait en détention. Le 10 avril 2024, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Compte tenu de l'expiration de son précédent titre, le préfet de l'Eure a instruit cette demande comme une première demande de titre de séjour. Par un arrêté du 3 juin 2024, le préfet de l'Eure a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Par sa requête, introduite le 4 juin 2024, M. B A, qui était libérable au 7 juillet 2024, a demandé l'annulation de cet arrêté.

2. Par le jugement susvisé du 18 juin 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal, a annulé l'obligation de quitter le territoire français et les décisions subséquentes et renvoyé à la formation collégiale l'examen des conclusions dirigées contre le refus de séjour ainsi que des conclusions accessoires correspondantes.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. D'une part, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : () / e) Au ressortissant algérien qui justifie résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de dix ans ; () / Les certificats de résidence valables dix ans sont délivrés et renouvelés gratuitement. ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance. ". Il résulte des dispositions de cet article, applicable aux ressortissants algériens, que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions relatives à la délivrance de plein droit des cartes de séjour citées à cet article, auxquels il envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté par le préfet de l'Eure, que M. B A réside de façon ininterrompue sur le territoire national depuis 1971, année de sa naissance. Le requérant remplit ainsi les conditions posées par les dispositions du e) de l'article 7bis de l'accord franco-algérien lui permettant de prétendre à un titre de séjour de plein droit. Par suite, le préfet de l'Eure était tenu de soumettre la situation de M. B A à la commission du titre de séjour avant de statuer sur sa demande de titre de séjour qu'il envisageait de rejeter, ce dont il s'est abstenu. Le requérant est dès lors fondé à soutenir que la décision litigieuse a été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière. Il suit de là, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à son encontre, que le refus de séjour en litige doit être annulé.

Sur l'injonction :

6. Eu égard à ses motifs, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet territorialement compétent réexamine la situation du requérant. Il y a lieu de l'enjoindre d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'État le versement à M. B A d'une somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du préfet de l'Eure en date du 3 juin 2024 portant refus de séjour, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Les conclusions formées par M. B A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à Me Elatrassi et au préfet de l'Eure.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Bouvet, premier conseiller,

M. Mulot, premier conseiller,

Assistés de M. Tostivint, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.

Le rapporteur,

signé

C. BOUVET

La présidente,

signé

A. GAILLARD Le greffier,

signé

H. TOSTIVINT

La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

S. Combes

N°2402204

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions