mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, M. A B, représenté par la SCP Guérard Berquer Siffert, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
* la décision portant refus de séjour :
- est entachée d'une erreur matérielle de fait ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l'illégalité du refus de séjour ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, notamment quant à la durée du délai de départ volontaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision par laquelle le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative ;
- l'ordonnance du 31 juillet 2024 fixant la clôture de l'instruction au 26 août 2024 à 12 h ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Minne, président de chambre,
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 6 avril 2001, est entré sur le territoire français le 3 septembre 2019 muni d'un visa long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant ". Le titre de séjour en cette qualité a régulièrement été renouvelé jusqu'au 30 septembre 2023. Par l'arrêté du 29 avril 2024 attaqué, le préfet de la Seine-Maritime a refusé le dernier renouvellement sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de cette mesure d'éloignement.
Sur le refus de séjour :
2. En premier lieu, s'il est vrai que le formulaire de renseignements adressé par le requérant à la préfecture ne mentionnait pas la validation de sa 2e année de licence, en raison de l'année universitaire 2023/2024 en cours, aucune pièce, notamment pas une copie d'écran mentionnant un avis favorable à une inscription en 3e année de licence sous réserve de l'obtention de la 2e année, n'établit que le requérant aurait validé cette 2e année. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'erreurs de fait articulé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. " La délivrance d'une carte de séjour en qualité d'étudiant est subordonnée, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études poursuivies.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B était inscrit pour l'année 2019/2020 en 1ère année de licence de sciences de l'ingénieur. A l'issue de l'année 2020/2021, il a été ajourné de la 2e année de licence poursuivie dans la même spécialité de sciences de l'ingénieur. Déclaré défaillant puis ajourné à l'issue des années universitaires 2021/2022 et 2022/2023, le requérant était inscrit, en 2023/2024, pour la 4e année consécutive en 2e année de licence. Si l'intéressé verse au dossier des comptes rendus médicaux faisant état de problème neurologiques et oculaires revêtant un caractère de gravité certain, il n'est pas établi que la découverte très récente, en décembre 2023, de ces troubles seraient en lien avec les échecs qu'il essuie depuis 2020, aucun aménagement du régime des cours ou des examens n'ayant été sollicité. Dans ces conditions, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le préfet de la Seine-Maritime a considéré que M. B ne justifiait pas du sérieux de ses études à la date de la décision du 29 avril 2024 attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En dernier lieu, le refus de séjour, pour les motifs qui précèdent, n'apparaît pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de celle portant refus de titre de séjour doit être écarté.
7. En second lieu, s'il ressort des pièces du dossier qu'il réside en France depuis cinq ans, M. B ne justifie y avoir tissé aucune attache personnelle ou familiale, ni d'aucune perspective d'insertion professionnelle. Il n'allègue pas être dépourvu de liens familiaux dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision attaquée sur la situation personnelle de M. B, venu en France y suivre des études, notamment quant à la durée du délai de départ volontaire, doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer la carte de séjour sollicitée, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre des frais liés à l'instance doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Minne, président,
M. Deflinne, premier conseiller,
Mme Ameline, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le président-rapporteur,
P. MINNE
L'assesseur le plus ancien,
T. DEFLINNELe greffier,
N. BOULAY
N°2402217
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