vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402226 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | LAHAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 juin et 25 juin 2024, M. B A, représenté par Me Lahaye, demande au juge des référés en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 16 mai 2024 le radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois et suspendant son allocation pour cette même durée, et de la décision du 28 mai 2024 par laquelle le directeur de France Travail Normandie a rejeté son recours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de France Travail Normandie le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article 37 alinéa é de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ladite condamnation valant renonciation de Me Lahaye au versement de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où la décision a des conséquences sur l'ensemble de ses droits en qualité de chercheur d'emploi et pourrait également avoir des conséquences sur la perception du revenu de solidarité active ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision :
* elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
* elle est entachée d'un vice de procédure et méconnaît l'article L. 5412-7-1 du code du travail et l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dans la mesure où il n'a jamais accepté de recevoir les courriers de France Travail par voie dématérialisée et n'a pas reçu de convocation par voie postale à l'atelier du 29 avril 2024 ;
* elle est entachée d'une erreur de droit et méconnaît l'article L. 5412-1 du code du travail dans la mesure où il justifie d'un motif légitime ;
* elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* elle est disproportionnée.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 24 et 26 juin 2024, France Travail Normandie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dans la mesure où le requérant ne justifie d'aucun préjudice grave et immédiat à sa situation professionnelle, familiale ou personnelle, alors au demeurant que la suspension a pris fin le 16 juin ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- la requête enregistrée le 10 juin 2024 sous le n° 2402225 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de M. Mialon, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Van Muylder, juge des référés ;
- les observations de Me Lahaye, pour M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et demande le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
- et les observations de Me Delaunay substituant Me Lesieur, pour France Travail Normandie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi depuis de nombreuses années a été convoqué le 19 avril 2024 à un atelier prévu le 29 avril 2024. Il a été destinataire d'un courrier d'avertissement en date du 30 avril 2024 du fait de son absence à cet atelier. Par une décision en date du 16 mai 2024, le directeur de l'agence France Travail Rouen Beauvoisine a prononcé à son encontre une radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois. M. A a formé le recours préalable obligatoire qui a été rejeté par décision du 28 mai 2024. La médiatrice de France Travail Normandie a décidé de ne pas ouvrir de médiation constatant que les conditions d'un dialogue constructif n'étaient pas réunies. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 mai 2024 par laquelle le directeur de France Travail Normandie a confirmé la décision du 16 mai 2024 prononçant sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois ainsi que de la suppression de son allocation.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre le requérant provisoirement à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
5. Pour justifier l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A fait valoir d'une part, que la décision de radiation pour une durée d'un mois le prive de l'ensemble de ses droits en qualité de demandeur d'emploi et notamment d'un accompagnement personnalisé et adapté à ses besoins, à la participation à des ateliers et actions pour améliorer ses techniques de recherche d'emploi, au bénéfice des aides à la mobilité, ou encore à l'accès à des outils et des services accessibles à distance et, d'autre part, que cette décision pourra avoir des conséquences sur la perception de son revenu de solidarité active. Toutefois, il ne justifie pas de difficultés financières et n'apporte aucun élément sur le montant de ses charges ni sur l'ensemble des revenus de son foyer. En outre, il n'apporte pas d'élément quant aux conséquences sur l'accompagnement de sa recherche d'emploi alors au demeurant qu'il n'a été radié que pour une durée d'un mois. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que la décision de radiation a fini de produire ses effets le 16 juin 2024. Dès lors, la condition d'urgence nécessitant de prononcer à bref délai une mesure provisoire n'est pas remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais liés à l'instance, doivent être rejetées.
O R D O N N E
Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Lahaye et à France Travail Normandie.
Fait à Rouen, le 28 juin 2024.
La juge des référés
Signé
C. VAN MUYLDER
Le greffier,
Signé
J.-B. MIALONLa République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. HENRY
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026