mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | KREUZER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. C B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 14 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu :
- la décision par laquelle M. A a été désigné comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier, notamment celle versée le 10 juin 2024 par le préfet de la Seine-Maritime.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 17 juin 2024 à 9 h 39, après la présentation du rapport, ont été entendues :
- les observations de Me Kreuzer, qui soutient que M. B est père d'un enfant français et que l'exécution de l'arrêté méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant ; conclut à titre subsidiaire à la réduction, à tout le moins, de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français ;
- et les observations de M. B, qui, en réponse à des questions, affirme avoir des liens avec sa famille et des cousins en France, a perçu de l'argent en détention pendant un temps, travaille en détention, est disposé à subvenir à l'entretien et à l'éducation de son enfant français dénommé Redouane, exerce la profession de peintre en bâtiment.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des échanges au cours de l'audience que M. B, ressortissant tunisien né le 22 février 1997, entretiendrait des liens avec un enfant de quatre ans qu'il présente comme étant le sien. Célibataire et sans autres relations en France que des cousins en nombre indéterminé, il a, depuis son arrivée en France à une date inconnue, été condamné, depuis 2021, à une série de peines d'emprisonnement de dix-huit mois, quatre mois, puis dix mois, treize mois et deux fois six mois pour des faits de vol aggravé, escroquerie, délits routiers usage de stupéfiants, recel et, à plusieurs reprises, manquement à son obligation de présentation périodique aux services de police et de gendarmerie alors qu'il était sous assignation à résidence. S'il déclare avoir travaillé en France en qualité de peintre, il ne l'établit pas et n'invoque pas d'obstacle à ce qu'il exerce son métier dans son pays d'origine. Il n'y est pas sans attache dès lors qu'y demeurent sa famille avec laquelle il est en contact régulier depuis l'établissement où il est incarcéré. Enfin, il a déjà fait l'objet, sous un alias, d'une précédente mesure d'éloignement prononcée le 1er septembre 2020 et sa demande d'asile faite en 2022 alors qu'il était détenu a été rejetée. Dans ces conditions, l'obligation de quitter le territoire français attaquée ne porte pas une atteinte excessive au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
2. En second lieu, les faits, souvent commis en récidive, récents et allant en s'aggravant, à l'origine des condamnations pénales mentionnées au point 1 révèlent que le comportement de M. B constitue une menace pour l'ordre public qui justifie, en l'espèce, le prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée significative. En l'espèce, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en ayant fixé à cinq ans la durée de l'interdiction de retour dont le principe n'est par ailleurs pas remis en cause, le préfet a entaché son appréciation d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
3. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Sigrid Kreuzer et au préfet de la Seine-Maritime.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le magistrat désigné,
P. ALe greffier,
N. BOULAY
N°2402228
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026