mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402248 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | URGENCES JU |
| Avocat requérant | LEPEUC MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2024, M. B C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 mai 2024 par lequel le préfet de l'Eure a fixé le Suriname comme pays de renvoi pour l'exécution d'une interdiction judiciaire du territoire français.
Il soutient que :
- la décision a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen de sa situation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet a méconnu le principe du respect des droits de la défense ;
- le préfet porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et/ou méconnaît l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les observations de Me Lepeuc, avocate de permanence désignée pour représenter M. C.
Me Lepeuc renonce à la barre aux moyens de légalité interne, en indiquant que les trois enfants de M. C résident aux Pays-Bas avec leur mère, et précise le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense en faisant valoir que, ne sachant ni lire ni écrire le français, le délai de trois jours imparti était insuffisant.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Le dispositif du jugement a été communiqué aux parties à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant surinamais né le 4 mars 1986, déclare être entré en France pour la dernière fois en 2018. Il a été condamné à des peines d'emprisonnement le 21 avril 2011, le 9 mars 2018 et, en dernier lieu, le 21 juillet 2021 par la cour d'appel de Poitiers à quatre ans et six mois d'emprisonnement et à une interdiction du territoire français pour une durée de dix ans. Par l'arrêté du 24 mai 2024 dont M. C demande l'annulation, le préfet de l'Eure a fixé le Suriname comme pays de destination. A l'issue de sa détention, M. C a été placé en rétention le 4 juillet 2024. Cette rétention a été prolongée jusqu'au 3 août 2024 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Rouen.
2. Aux termes de l'article L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les dispositions du chapitre IV du titre I du livre VI sont applicables à la contestation et au jugement de la décision fixant le pays de renvoi qui vise à exécuter une décision portant obligation de quitter le territoire français ou une interdiction de retour sur le territoire français. () ".
3. Par arrêté du 2 novembre 2023, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Eure, M. A, chef du bureau des migrations et de l'intégration de la préfecture, a reçu délégation du préfet à l'effet de signer notamment les arrêtés portant pays de renvoi. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque donc en fait.
4. L'arrêté attaqué énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles s'est fondé le préfet pour fixer le pays de renvoi de M. C. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée. Il ressort de cette motivation que le préfet n'a pas, avant de la prendre, omis de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. C.
5. Il ressort des pièces du dossier que, par lettre du 3 mai 2024 notifiée le 6, le préfet de l'Eure a informé M. C de son intention de mettre à exécution la mesure d'interdiction du territoire prononcée à son encontre, en le reconduisant vers le Suriname, et l'a invité à faire valoir ses éventuelles observations sous trois jours. Ladite lettre a été lue par l'agent chargé de sa notification à l'intéressé, qui a refusé de la signer et n'a pas formulé d'observations lors de cette notification, dans le délai imparti ou même au-delà de ce délai. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense doit être écarté.
6. Si M. C fait valoir que trois de ses six enfants résident aux Pays-Bas avec leur mère, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas même allégué qu'il serait légalement admissible dans ce pays. Par ailleurs, il ressort d'un courriel non contredit du 30 avril 2024, émanant du consul général de Belgique en France, que M. C n'a plus de droit de séjour en Belgique. Dès lors, le préfet a pu légalement fixer le Suriname, dont M. C a la nationalité, comme pays de renvoi.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Eure.
Lu en audience publique le 9 juillet 2024.
Le président du tribunal,
J. BERTHET-FOUQU'
La greffière,
A. LENFANT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026