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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402407

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402407

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402407
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme C, qui contestait la décision du préfet de la Seine-Maritime du 13 juin 2024 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le préfet avait motivé ce classement par l’absence de production d’un acte de naissance original et apostillé lors de l’entretien, conformément à l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993. La requérante a soutenu disposer du document et l’a produit en justice, mais le tribunal a jugé ce moyen inopérant, la légalité de la décision s’appréciant à la date de son édiction. L’ordonnance précise que ce rejet n’empêche pas Mme C de déposer une nouvelle demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juin 2024, Mme A C demande au tribunal d'annuler la décision en date du 13 juin 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a classé sans suite sa demande de naturalisation.

Elle soutient qu'elle dispose de l'acte de naissance mentionné dans la décision attaquée et souhaite le réexamen de son dossier au vu de ce document.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.() ". Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande./ Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. "

2. Mme C a été invitée, par les services de la préfecture de la Seine-Maritime, par courrier du 2 avril 2024, à se présenter à un entretien le 25 avril 2024 munie de l'original de son acte de naissance. Par la décision attaquée du 13 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime l'a informée du classement sans suite de sa demande de naturalisation, sur le fondement de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 susvisé, au motif que l'acte de naissance produit lors de l'entretien ne correspondait pas à celui inséré dans son dossier de demande dématérialisé et n'est pas apostillé.

3. Pour demander l'annulation de la décision attaquée, la requérante ne conteste pas le motif de la décision préfectorale du 13 juin 2024 selon lequel à la date de l'entretien, elle n'a pas produit l'original de l'acte de naissance produit à l'appui de sa demande de naturalisation. La requérante fait valoir qu'elle dispose du document demandé et le produit à l'appui de sa requête. Toutefois, cette argumentation est sans incidence sur la légalité de la décision en litige, dont la légalité s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise. Par suite, la requête de Mme B, qui ne comporte qu'un moyen inopérant, peut être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. La présente ordonnance ne fait pas obstacle à ce que Mme C dépose un nouveau dossier auprès des services préfectoraux.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Rouen, le 17 septembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. Galle

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402407

ah

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