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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402431

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402431

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402431
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationURGENCES JU
Avocat requérantPHILIPPE MARIE-PERRINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 24 et 28 juin 2024, M. F C, retenu au centre de rétention administrative de Oissel et représenté par Me Philippe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de réexaminer sa situation.

Il soutient que l'arrêté attaqué :

- a été signé par une autorité incompétente ;

- est insuffisamment motivé ;

- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet du Morbihan conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 28 juin 2024, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Philippe, avocate désignée d'office pour M. C, qui reprend et complète les conclusions et moyens de la requête, hormis le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué, qu'elle indique abandonner ;

- les observations de M. C, assisté de M. D, interprète en langue arabe.

Le préfet du Morbihan n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F C, ressortissant tunisien né le 29 novembre 1994, alias A B, ressortissant égyptien né le 17 octobre 1995, déclare être entré en France en 2012. Il a fait l'objet de plusieurs mesures d'éloignement, respectivement prises les 16 juillet 2013, 29 septembre 2015 et 13 mars 2019, auxquelles il s'est soustrait. Le 22 juin 2024, M. C a été interpelé et placé en garde à vue pour des faits de tentative d'effraction, de dégradation de biens et de rébellion commis sur la commune de Vannes. Par arrêté du 23 juin 2024, le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C, retenu au centre de rétention administrative de Oissel, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 juin 2024.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à faire référence à l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, vise les dispositions dont il fait application et indique que M. C se maintient sur le territoire français en situation irrégulière, a fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement auxquelles il s'est soustrait et a été condamné le 16 janvier 2019 à une peine de quatre mois d'emprisonnement pour violence par une personne en état d'ivresse manifeste sans incapacité (récidive) et exhibition sexuelle. Il fait également état de sa situation personnelle sur le territoire français et indique qu'il n'apporte aucune preuve effective d'un éventuel danger pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. L'arrêté en litige comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En second lieu, si M. C soutient au cours de l'audience publique qu'il a deux enfants, respectivement âgés de 5 et 3 ans, dont il s'occupe quotidiennement, il n'en apporte aucun commencement de preuve et n'en a d'ailleurs jamais fait état lors de ses auditions par les services de police. M. C a en revanche indiqué au cours de la procédure avoir son père et son frère en situation régulière en France. Toutefois, l'intéressé qui est sans domicile fixe à Vannes ne justifie d'aucun lien avec son père et son frère qui vivent, selon ses déclarations, à Nice. Enfin, M. C ne justifie d'aucune insertion professionnelle ou sociale particulière en France et n'allègue pas être dépourvu de famille dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle. Pour ces mêmes motifs, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2024 par lequel le préfet du Morbihan l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F C et au préfet du Morbihan.

Prononcé en audience publique le 28 juin 2024.

La magistrate désignée,

Signé

L. ELa greffière,

Signé

S. LECONTE

La République mande et ordonne au préfet du Morbihan en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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