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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402480

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402480

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationURGENCES JU
Avocat requérantEDEN AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 juin 2024, Mme A C, représentée par la Selarl Eden Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale compétente de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer sous huit jours une autorisation provisoire de séjour pour la durée de ce réexamen, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut, le versement à son profit d'une somme de 1 800 euros.

Elle soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est illégale, faute pour l'administration de produire l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration ;

- intervient à la suite d'une procédure irrégulière en l'absence de communication de la fiche BISPO et du non respect du principe du contradictoire ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- est entachée d'erreur de droit, l'autorité administrative s'étant crue liée à tort par l'avis du collège de médecins ;

- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

L'obligation de quitter le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

La décision refusant un délai de départ volontaire :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

La décision fixant le pays de renvoi :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.

L'interdiction de retour sur le territoire français :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- présente un caractère disproportionné et ne prend pas en compte des circonstances humanitaires.

L'assignation à résidence :

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1980 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement des étrangers.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 1er juillet 2024, présenté son rapport et entendu les observations de Me Leprince, avocate de Mme C, qui reprend et précise les conclusions et moyens de la requête en insistant plus particulièrement sur la situation particulière de la requérante, dont elle et sa famille sont dépourvus de tout document d'état civil ; Me Leprince soulève en outre, par voie d'exception, l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour au soutien de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français. Elle fait valoir que c'est à tort que le préfet a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C pour incomplétude, Mme C n'ayant jamais déposé de demande de titre de séjour.

Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A C, ressortissante serbe née le 17 janvier 1980, déclare être entrée en France avec son époux et leurs neuf enfants au cours de l'année 2017. Par un arrêté du 17 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'elle a sollicité sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Le 21 juin 2024, le préfet de la Seine-Maritime a pris un arrêté portant assignation à résidence de Mme C pour une durée de quarante-cinq jours. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler les arrêtés des 17 et 21 juin 2024.

Sur la compétence du magistrat désigné :

2. Il résulte des dispositions combinées, d'une part, des articles L. 3 et R. 776-1 du code de justice administrative et, d'autre part, de celles de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il n'appartient pas au magistrat désigné saisi selon la procédure prévue à l'article R. 776-14 du code de justice administrative de statuer sur la décision par laquelle le préfet a refusé de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger.

3. Dès lors, il convient de réserver l'examen par une formation collégiale du tribunal des conclusions et moyens de la requête dirigés contre la décision, contenue dans l'arrêté du 17 juin 2024, par lequel le préfet de la Seine-Maritime a rejeté la demande d'admission au séjour de Mme C, ainsi que par voie de conséquence les conclusions aux fins d'injonction sous d'astreinte et celles relatives aux frais liés à l'instance en tant qu'elles en sont l'accessoire.

Sur les conclusions restant en litige :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

Quant à la légalité externe :

4. Aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte, en outre, des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée mais qu'elle n'a pas, lorsqu'elle assortit un refus de délivrance de titre de séjour, à faire l'objet d'une motivation spécifique.

5. Il ressort des pièces du dossier que la décision de refus de titre de séjour attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. En outre, il résulte des dispositions susmentionnées que l'obligation de quitter le territoire français qui assortit cette décision n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'obligation de quitter le territoire français doit donc être écarté.

Quant à la légalité interne :

S'agissant du moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité du refus de délivrance du titre de séjour :

6. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 et 5 du présent jugement.

7. En deuxième lieu, le préfet a rejeté la demande de titre de séjour de Mme C présentée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en relevant que Mme C n'a pas communiqué au médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le certificat médical confidentiel à compléter, qui lui avait été remis le 14 mars 2024. A supposer même que Mme C n'ait pas déposé de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi qu'elle le soutient au cours de l'audience publique, les moyens tirés de l'irrégularité de la saisine du collège de l'OFII, de l'absence de communication de la fiche BISPO et de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont inopérants. En outre, et en tout état de cause, Mme C ne produit au soutien de ses conclusions aucun élément permettant d'établir que son état de santé serait susceptible de justifier la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.

8. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Seine-Maritime n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme C avant d'édicter la décision attaquée, ni qu'il se serait cru tenu d'édicter cette décision. Par suite, les moyens tirés du défaut d'examen particulier et de ce que le préfet se serait estimé à tort en compétence liée doivent être écartés.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

10. Mme C fait valoir qu'elle a neuf enfants, dont l'un est handicapé, et que la plupart d'entre eux sont scolarisés. Toutefois, aucun des membres de la famille ne se trouve en situation régulière sur le territoire. En outre, il n'est nullement établi que les enfants scolarisés en France ne pourront pas poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Enfin, Mme C ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle particulière en France. Compte tenu des conditions de séjour en France de Mme C, la décision lui refusant le bénéfice d'un titre de séjour n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

11. En cinquième lieu, aux termes l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. Il ressort des pièces du dossier que la décision en litige n'a pas pour objet, ni même pour effet, de séparer Mme C de ses enfants, ni ces derniers de leur mère, laquelle pourra rejoindre son pays d'origine avec son époux, également sous le coup d'une mesure d'éloignement, et leurs enfants. En outre, les enfants pourront poursuivre leur scolarité dans leur pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

13. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 à 12 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet en prenant la décision en litige, au regard de ses conséquences sur la situation personnelle de Mme C, doit être écarté.

S'agissant des autres moyens de légalité interne :

14. Les moyens tirés du défaut d'examen particulier de la situation de Mme C, de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 8 à 13 du présent jugement.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

15. En premier lieu, la décision attaquée mentionne l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relève que Mme C s'est maintenue plus de cinq années en séjour irrégulier avant de solliciter la délivrance d'un titre de séjour. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment aux points 7 à 13, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'accorder à l'intéressée un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

17. En premier lieu, la décision contestée vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que Mme C ne prouve pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme en cas de retour dans son pays d'origine. La décision en litige comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait sur le fondement desquelles elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

18. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 14 du présent jugement que Mme C ne peut se prévaloir, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre au soutien de la demande d'annulation de la décision fixant le pays de destination.

19. En dernier lieu, eu égard notamment à la situation personnelle de la requérante, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".

21. En premier lieu, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.

22. En deuxième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué et des éléments préparatoires à celui-ci que la décision a été prise au terme d'un examen particulier de la situation de la requérante.

23. En troisième lieu, en l'absence de délai de départ volontaire, aucune circonstance humanitaire qui ressortirait des pièces du dossier ne justifiait que le préfet de la Seine-Maritime ne prononçât pas d'interdiction de retour. En fixant celle-ci à deux ans, l'autorité administrative a procédé à une conciliation qui n'apparait pas déséquilibrée entre les liens de la requérante avec la France et les buts poursuivis par la mesure. Par suite, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

24. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 8 à 12 du présent jugement, les moyens tirés de ce que la décision en litige méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :

25. En premier lieu, la décision en litige reproduit les termes du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient que l'étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant peut être assigné à résidence. L'arrêté énonce également les raisons pour lesquelles l'éloignement de Mme C, dépourvue de tout document de voyage, demeure une perspective raisonnable. La décision en litige comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

26. En second lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français sans délai ont tous été écartés. Dès lors, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre l'arrêté d'assignation à résidence ne peut qu'être écartée par voie de conséquence.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation des arrêtés attaqués doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles relatives aux frais liés à l'instance doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : L'examen des conclusions de la requête de Mme C à fin d'annulation de la décision du 17 juin 2024 portant refus de titre de séjour, ainsi que de celles aux fins d'injonction sous d'astreinte et celles relatives aux frais liés à l'instance, en tant qu'elles s'y rattachent, est réservé jusqu'à ce qu'il y soit statué par une formation collégiale du tribunal.

Article 2 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Leprince, et au préfet de la Seine-Maritime.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

L. BLa greffière,

Signé

S. LECONTE

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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