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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402541

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402541

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402541
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté la requête de Mme A, qui contestait la décision du préfet de la Seine-Maritime du 22 mai 2024 classant sans suite sa demande de naturalisation. Le motif du classement était le défaut de production, dans le délai imparti, d’un justificatif de connaissance de la langue française au niveau B1. Le tribunal a jugé que les arguments de la requérante, tirés de son information préalable à l’administration et de sa demande de prorogation de délai, étaient inopérants, aucune règle ne prévoyant une telle prolongation. La solution retenue est fondée sur l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 et l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mai 2024 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a classé sans suite sa demande de naturalisation.

Elle soutient que :

- elle n'a pas pu fournir le justificatif de connaissance de la langue française au niveau B1 oral et écrit dans le délai requis dès lors qu'elle a averti l'administration le 9 avril 2024 qu'elle devait repasser ce test en mai et qu'elle enverrait le document ensuite ;

- ce courrier aurait du déclencher un nouveau délai de deux mois pour fournir la nouvelle pièce justificative ;

- elle a passé le test le 13 juin 2024 et produit le justificatif de validation de ce test.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ". Aux termes de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française : " L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande./ Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement. "

2. Par la décision contestée, le préfet de la Seine-Maritime a classé sans suite la demande de naturalisation de Mme A au motif qu'elle n'a pas fourni dans le délai demandé le justificatif de connaissance de la langue française d'un niveau B1. Si la requérante soutient qu'elle a dû repasser ce test dès lors que le précédent étant trop ancien, et qu'elle a averti l'administration le 9 avril 2024 qu'elle allait passer le test en mai 2024, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. De même, en soutenant que son courrier du 9 avril 2024 aurait dû déclencher un nouveau délai de deux mois pour fournir le justificatif sollicité par un courrier de la préfecture du 15 février 2024, alors que, d'une part, aucune règle ne prévoit une telle prorogation, et que, d'autre part, et en tout état de cause, elle admet n'avoir passé le test que le 13 juin 2024, Mme A ne soulève que des moyens inopérants.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, qui ne contient que des moyens inopérants, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. La présente ordonnance ne fait pas obstacle à ce que Mme A dépose une nouvelle demande de naturalisation.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A

Fait à Rouen, le 10 septembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

C. Galle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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