mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402660 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 14 mai 2024 par lequel le maire de la commune du Havre lui a infligé une amende d'un montant de 2 000 euros pour un dépôt sauvage de déchets situé au Chemin rural 45 sur le territoire de la commune du Havre.
Elle soutient que :
-en raison de la fermeture de la déchetterie, les sacs de déchets visés par la décision attaquée ont été déposés sur un dépôt où se trouvaient déjà des encombrants et de l'électroménager, faute de possibilité de les garder dans le véhicule ;
-elle croyait que ce dépôt était un lieu de dépôt connu géré par la ville ;
-seuls cinq sacs ont été déposés et aucun électroménager ou meuble " comme cité ".
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. L'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales prévoit que : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques () ".
3. Aux termes de l'article L. 541-3 du code de l'environnement : " I.-Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3 et de celles prévues à la section 4 du présent chapitre, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé. / Au terme de cette procédure, si la personne concernée n'a pas obtempéré à cette injonction dans le délai imparti par la mise en demeure, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente peut, par une décision motivée qui indique les voies et délais de recours : () /5° Ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 150 000 €. La décision mentionne le délai de paiement de l'amende et ses modalités. L'amende ne peut être prononcée plus d'un an à compter de la constatation des manquements. () /VI.-Les amendes administratives et l'astreinte journalière mentionnées au I sont recouvrées au bénéfice : / 1° De la commune, lorsque l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente mentionnée au même I est le maire ; () ".
4. Pour demander l'annulation de la décision attaquée, par laquelle le maire de la commune du Havre lui a infligé une amende de 2 000 euros pour avoir déposé de manière sauvage des déchets sur un terrain situé Chemin rural 45, sur le territoire de la commune du Havre, la requérante fait valoir que la déchèterie était fermée, qu'elle ne pouvait conserver plus longtemps les déchets dans son véhicule, et qu'elle a cru déposer ses déchets dans un dépôt connu et géré par la commune. Toutefois, cette argumentation est sans incidence sur la légalité de la décision en litige, dès lors qu'elle ne conteste pas avoir abandonné des déchets sur un terrain en méconnaissance de la règlementation applicable. D'autre part, si la requérante soutient qu'elle n'a déposé que cinq sacs de déchets et non de l'électroménager et des meubles " comme cité ", la décision attaquée ne repose pas sur le motif que des meubles ou de l'électroménager ont été déposés par Mme A. Par suite, la requête de Mme A, qui ne comporte que des moyens inopérants, peut être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Rouen, le 17 septembre 2024.
La présidente de la 2ème chambre
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
ah
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