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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402675

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402675

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402675
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Kengne, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

- d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de travailler, dans un délai de 48 heures et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

- de mettre à la charge du préfet de la Seine-Maritime la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les pièces du dossier ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparait manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. M. B, ressortissant congolais né en 2003, expose qu'il est entré en France le 12 août 2015 sous couvert d'un visa de long séjour, et qu'il y vit avec son père, qui est Français, sa mère et sa sœur. Il a sollicité un titre de séjour. Par un courrier du 11 août 2023, le préfet de la Seine Maritime l'a informé que sa situation serait examinée lors d'une commission du titre de séjour. Le 13 mars 2024, reçue le 18 par la préfecture, le conseil de M. B a demandé au préfet, sur le fondement de l'article R. 432-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler.

4. M. B fait valoir que, sans ce récépissé, il ne peut voyager pour partir en vacances avec le reste de sa famille et que, sans titre de séjour, il ne peut occuper un stage ou un emploi. Toutefois, aucune de ces circonstances ne caractérise une situation d'urgence impliquant l'intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés. Dès lors, les conclusions de la requête à fin d'injonction ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Rouen, le 15 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

J. BERTHET-FOUQUÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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