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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402678

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402678

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402678
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, Mme A C épouse B, représenté par Me Verilhac, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de l'admettre au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire, valable un an, et portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; subsidiairement, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la requête n° 2402677 enregistrée le 9 juin 2024, par laquelle Mme C demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.

3. Mme C fait valoir qu'elle a avec son époux un projet d'enfant, pour lequel elle doit suivre un parcours de procréation médicalement assistée, et que les chances de voir aboutir ce projet diminuent considérablement au fil du temps dès lors qu'elle est âgée de quarante-deux ans et que la dernière tentative de fécondation in vitro a été infructueuse.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, née en 1982, a épousé M. B en 2007 et l'a rejoint en France en 2019 sans se conformer à la procédure de regroupement familial. Alors qu'elle résidait de façon irrégulière sur le territoire français, n'ayant pas déféré à la mesure d'éloignement prise à son encontre en 2022, Mme C s'est engagée dans un parcours de procréation médicalement assistée, dont elle ne justifie pas ne pouvoir bénéficier dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la requérante ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence justifiant de suspendre l'exécution du refus d'admission au séjour pris à son encontre le 25 juin 2024 par le préfet de la Seine-Maritime.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B.

Fait à Rouen, le 11 juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé :

J. BERTHET-FOUQUÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

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