mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402726 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024, M. A C demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer le renouvellement de son certificat de résidence algérien sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 300 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la situation d'urgence est, en l'espèce, caractérisée dans la mesure où il est placé dans une situation d'extrême précarité administrative ;
- la situation porte une atteinte grave et immédiate à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- le préfet n'a pas exécuté l'ordonnance du 4 juin 2024 lui enjoignant de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de certiifcat de résidence.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Maritime qui n'a pas produit d'observations.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 16 juillet 2024 en présence de M. Michel, greffier, ont été entendus :
- le rapport de Mme Van Muylder, juge des référés ;
- les observations de M. B qui conclut aux mêmes fins et insiste sur l'urgence de la situation compte tenu de ses projets de voyage.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".
2. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, une demande présentée au titre de la procédure particulière de l'article L. 521-2 du même code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les quarante-huit heures.
3. Il résulte de l'instruction que par une ordonnance n°2402025 en date du 4 juin 2024, la juge des référés a suspendu l'exécution de la décision du préfet de la Seine-Maritime refusant de délivrer à M. B un récépissé de sa demande de renouvellement de certificat de résidence et, enjoint audit préfet de lui délivrer un récépissé dans le délai de 48 heures à compter de la notification jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. Par une ordonnance en date du 16 juillet 2024, la juge des référés a complété son ordonnance, en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'une astreinte de 100 euros par jour de retard en cas d'inexécution de l'injonction prononcée par l'ordonnance, dans le délai de 48 heures à compter de la mise à disposition de l'ordonnance du 16 juillet 2024. Dans ces conditions, la condition de l'urgence n'est pas remplie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de le Seine-Maritime.
Fait à Rouen, le 16 juillet 2024.
La juge des référés,
signé
C. Van Muylder Le greffier,
signé
J.-L. Michel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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