mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402749 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 juin 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé au retrait de six points sur son permis de conduire à la suite d'une infraction relevée le 21 février 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui créditer sur son permis de conduire les points retirés en conséquence de l'infraction du 21 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif et de cour administrative d'appel, () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance : / () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens () inopérants () ".
2. Aux termes de l'article 368 du code de procédure pénale : " Aucune personne acquittée légalement ne peut plus être reprise ou accusée à raison des mêmes faits, même sous une qualification différente. ". Aux termes de l'article 50 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être poursuivi ou puni pénalement en raison d'une infraction pour laquelle il a déjà été acquitté ou condamné dans l'Union par un jugement pénal définitif conformément à la loi. ".
3. Ces règles ne trouvent à s'appliquer, selon les réserves faites par la France, que pour les infractions relevant en droit français de la compétence des tribunaux statuant en matière pénale et n'interdisent pas le prononcé de sanctions administratives parallèlement aux sanctions infligées par le juge répressif. Dès lors, cette sanction peut être prononcée à l'encontre d'un contrevenant cumulativement pour un même fait sans que soit méconnue la règle " non bis in idem " découlant de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision de retrait de points méconnaîtrait les stipulations précitées de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté comme inopérant. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 368 du code de procédure pénale qui ne s'appliquent qu'aux jugements en matière pénale, est inopérant. Enfin, la circonstance que l'ordonnance pénale du 24 décembre 2021 n'ait prévu aucun retrait de points est également sans incidence sur la légalité de la décision en litige.
4. La requête de Mme B, qui ne comporte que des moyens inopérants et n'a pas été complétée dans le délai de recours contentieux, ne peut donc qu'être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Rouen, le 10 septembre 2024 .
La présidente de la 3ème chambre,
signé
A. GAILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
N°2402749
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