mercredi 21 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2402771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge Unique 1 |
| Avocat requérant | BEN MANSOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, et un mémoire en production de pièces enregistré le 20 août 2024, Mme D B, représentée par Me Ben Mansour, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an en cas de non-respect du délai de départ volontaire ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à titre subsidiaire la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination ne sont pas suffisamment motivées et ont été prises sans examen de sa situation personnelle au regard des risques encourus ;
- elle pouvait se maintenir sur le territoire français jusqu'à la lecture en audience publique de la décision de la cour nationale du droit d'asile, décision qui n'est pas encore intervenue ;
- l'obligation de quitter le territoire français est privée de base légale dès lors que sa situation n'a pas été examinée au regard de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et qu'elle encourt des risques en cas de retour en Inde ;
- l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination méconnaissent l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale du fait de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2024, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2024, le préfet de l'Eure a produit l'arrêté du même jour abrogeant l'arrêté attaqué.
Par lettre du 20 août 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice de ce que la solution du litige était susceptible de reposer sur une question relevée d'office par le tribunal, tirée de la perte d'objet du litige en cours d'instance du fait de l'abrogation de l'arrêté attaqué par arrêté du préfet de l'Eure du 20 août 2024, abrogation qui fait suite à la décision de la CNDA du 8 juillet 2024.
Par un mémoire enregistré le 20 août 2024, Mme B, représentée par Me Ben Mansour, conclut au maintien de ses conclusions relatives aux frais d'instance.
Elle soutient que si l'arrêté du 20 août 2024 a abrogé l'arrêté du 24 juin 2024, ce dernier était illégal dès son adoption.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme C comme juge du contentieux des mesures d'éloignement des étrangers ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 20 août 2024, Mme C a présenté son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience, en application de l'article R 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, ressortissante indienne née le 9 décembre 1988, est entrée sur le territoire français le 18 avril 2023. Elle a sollicité le bénéfice de l'asile le 17 mai 2023 pour elle-même et son fils A né le 29 juin 2016. Sa demande a été rejetée par décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 2 janvier 2024, notifiée le 10 janvier 2024, et contestée devant la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 14 février 2024. Par arrêté du 24 juin 2024, dont Mme B demande l'annulation, le préfet de l'Eure l'a obligée à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant la durée d'un an en cas de non-respect du délai de départ volontaire.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de Mme B à l'aide juridictionnelle.
3. Par décision du 8 juillet 2024, versée aux débats par la requérante le 20 août 2024, la cour nationale du droit d'asile lui a accordé, ainsi qu'à son enfant, la qualité de réfugié. Cette décision, qui a un caractère recognitif, est réputée rétroagir à la date d'entrée en France de l'intéressée. Par arrêté du 20 août 2024, le préfet de l'Eure a, du fait de l'intervention de la décision de la CNDA, abrogé l'arrêté attaqué du 24 juin 2024. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté du 24 juin 2024 et les conclusions aux fins d'injonction qui les assortissent ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais d'instance de la requérante.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et les conclusions aux fins d'injonction présentées par Mme B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à Me Ben Mansour, et au préfet de l'Eure.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 août 2024.
La magistrate désignée,
signé
C. C
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026