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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2402784

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2402784

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2402784
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Rouen a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A B contestant un arrêté préfectoral du 19 octobre 2023 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La requête a été jugée tardive, car le délai de recours de trente jours prévu à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile avait expiré avant le dépôt de la demande d'aide juridictionnelle. Le tribunal a appliqué l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour rejeter la requête sans régularisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Inquimbert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 octobre 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a refusé de délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter dans un délai de trente jours le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler et ce dans un délai de huit jours, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la SELARL Mary et Inquimbert, au titre de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation de son conseil au versement de l'aide juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.

Il soutient à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté et, à titre subsidiaire, que les moyens ne sont pas fondés.

M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 12 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables ; lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ".

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. / Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué en date du 19 octobre 2023, qui comportait une annexe mentionnant les voies et délais de recours, a été notifié par voie postale à l'adresse indiquée par M. A B aux services de la préfecture, soit le 10 rue Amiot à Terres-de-Caux, et qui est également celle mentionnée dans sa requête. Le pli a été présenté à l'intéressé le 27 octobre 2023, mais il a été retourné à la sous-préfecture du Havre le 12 novembre 2023 avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Il en résulte que le délai de recours a commencé à courir à compter du 27 octobre 2023 et était dès lors expiré à la date de dépôt de la demande d'aide juridictionnelle, le 25 mars 2024. Cette demande n'a pu interrompre le délai de recours. La requête présentée par le requérant tendant à l'annulation de l'arrête du 19 octobre 2023, enregistrée au greffe du tribunal le 15 juillet 2024, est dès lors tardive. Par suite, cette requête, qui ne saurait être régularisée, doit donc être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Seine-Maritime.

Fait à Rouen, le 7 octobre 2024.

La président de la 4ème chambre

Signé : C. VAN MUYLDER

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J.-B. MIALON

N°2402784

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